‹ Rome ancienne et moderneChapitre 357 sur 428 · Lui lier, Lettre à Urlaackton · texte numérisé non relu

Lui lier, Lettre à Urlaackton

, LUTH KR.

Moht ni Léo* X. — Los inveclives de Luther n 'émurent pas la cour de Rome. En lisant ses premiers écrits , Léon avait répondu à ceux qui le pressaient d'en condamner l'auteur : a Frère Martin a un beau génie; plus tard, apprenant ses déclamations furibondes, querelles de frateschi (moines), disait-il en haussant les épaules. Il avait tort. Dans les nuages de ce débat théologique se cachaient deux filles du ciel , qu'on proscrit , qu’on égorge depuis deux mille ans sur la terre , et qui ressuscitent toujours plus fortes et plus belles. La liberté religieuse et la liberté politique sa sœur allaient sortir de cet épais nuage formé par la poussière de l'école et du cloître ; mais Léon ne les voyait pas. Au moment oü le vieil esprit gibelin de l’Allemagne passait dans le luthéranisme et l’animait de sa haine contre les noirs et les papes, Léon, ne songeant qu'il l'agrandissement de sa puissance temporelle, formait avec Charles-Quint et les Suisses une nouvelle ligue dont le but était l'expulsion des Français d’Italie et la reprise de Panne et de Plaisance. Les deux généraux de l’Église , le cardinal de Médicis et Mathieu Schinncr, le farouche cardinal do Sion, étaient déjà en campagne, l'un avec les bandes noires et l’autre avec ses bœufs d’Uri et d'Vnterwald, lorsque la mort, qui n'attend personne, emmena Léon X au séjour de paix! Il mourut le 1" décembre ISÎI , laissant ici-bas un souvenir plus grand que ses mérites. Presque toujours, en effet, le pape chez lui s'effaça devant le souverain temporel. Prince beaucoup plus que vicaire du Christ, il consuma les huit années de son pontificat dans les plaisirs, les festins, les spectacles. S'il favorisa la renaissance des lettres grecques et latines, il préféra l’Arctin à l’Ariosle , et eut le malheur, tout en protégeant dignement Raphaël, d’ètrc injuste pour Michel- Ange. Aussi l'histoire, dont le premier devoir, selon Tacite, est de louer le bien et de blâmer sans passion le mal ', l’histoire condamne son amour du luxe, ses prodigalités et ses guerres, qui n’aboutirent qu'à épuiser le trésor pontifical et à ouvrir uue énorme brèche dans le mur, bien vieux il est vrai, mais entier encore, de l'Église apostolique 5.

Adrien VI lui succède. — On eût choisi son successeur par esprit de réaction qu'il n’aurait pas offert, dans ses mœurs, ses idées et sa personne, un contraste plus éclatant. Fils d'un brasseur de bière d'L'trecht , Adrien VI était un honnête Allemand du xvi* siècle, bardé de pied en cap de théologie et d’études scolastiques, et ayant les arts et les lettres profanes en horreur. Les intrigues de Chaiies-Qnint , dont il avait été le précepteur, le portèrent au trône papal , au grand désespoir des Romains, qui poursuivirent les cardinaux au sortir du conclave en les accablant d’injures. La vue et les actes du nouveau pontife ne les apuisèrent pas. Nourri des préjugés de l’Allemagne contre les mœurs païennes de l'Italie, le vieux compatriote

4. l'rrripuDm muons uu»Uom reor. ne virait* si leiniur, nequt privls dicti* fictUqne es positriult tl infirma médis ail. ( Tacite, llb. lit, cap. 63. )

1. Non gli manrava buon fondo di religion? c pieu ma (alto al diede a farîa da principe secolarc eon cône ollrrmodo toagniflea, cou aitendcre contluoauente al passjtempi , aile caetle, al conviii, aile moslcbe, ad accrescere kl lasso de Iio ma ni in forma ereessiva nu per soddlsfare alla prodigalité per far fabrirbe sontunse e &pcriatii.eiUe per susciUre e soatefier guerre non tolamente immense danaio... ( Muratori, Anali fltalia, t. x, p. 163.)

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