‹ Rome ancienne et moderneChapitre 359 sur 428 · Sciupcr de sêiiis Borna iliruia luiu · texte numérisé non relu

Sciupcr de sêiiis Borna iliruia luiu

LUTHER

CRD. Le pape y était au milieu de ses cardinaux , prenant à témoin de ceoc perfidie Dieu et les hommes, cl refusant obstinément de se réfugier au château Saint- Ange, oii il ne se laissa entraîner que lorsque ces bandits ébranlèrent à coups de hache les portes du palais.

Abandonné de tous, carie peuple assistait indifférent au pillage du Vatican, et les cardinaux avaient pris la fuite chacun de son côté , Clément VII fut forcé de subir la loi du plus fort. Il céda en frémissant, fil semblant de recevoir avec reconnaissance lu crosse d'argent et la mitre pontificale que le commandant des bandes espagnoles de Charles-Quint vint lui rendre à genoux après avoir pillé son palais, puis il se hâta de faire revenir les bandes noires de Florence, prit à sa solde deux mille Suisses, et se vengea des Colonna en véritable Médicis. Dans la trêve qu'il avait signée, le fer espagnol sur la gorge, Clément VII s'était engagé à retirer ses troupes de la ligue française. Regardant avec raison comme nul un engagement arraché par la force, il ne se vit pas plus tôt en liberté que , loin de rappeler ses compagnies, il en envoya de nouvelles. Charles-Quint alors résolut de punir ce qu'il appelait sa mauvaise foi, et donna carte blanche au connétable de Bourbon.

La coasÉTABLE de llocBBox. — Cette permission était un coup de fortune pour ce dernier. Le célèbre transfuge se trouvait en ce moment à la tôle d'une armée qu'il ne pouvait ni contenir, ni payer, ni nourrir. Il avait à soumettre au frein de la discipline de fiers Castillans, qui l’appelaient C intenté (el insano) parce qu’il aspirait à la main de la sœur de Charles-Quint ; dix-huit mille compagnons de Georges Frundsbrrg, l'ami de Luther, qui l’appelaient le gueux (heltel-mann) parce qu'il était sans patrie et sans terre, et un ramas de déserteurs de toutes les nations. Dans une armée semblable, il y avait autant de volontés que de chefs; Itourbon les réunit toutes en promettant à ses soldats le pillage de Rome. Le 27 avril, abandonnant son artillerie â Sienne, il se mit en marche par le chemin le plus court, mais le plus difficile. Grossis par les pluies du printemps, les torrents inondaient partout ces petites vallées qui serpentent au pied des montagnes : les ruisseaux de l'été étaient devenus des fleuves. Mais rien n’arréla des hommes habitués à tout braver. Formant en se tenant par la main des bandes de trente à quarante hommes, les soldats entraient hardiment dans les torrents et les traversaient, quoique l'eau battu Ictus poitrines et leur vint souvent au menton. Ceux que le courant entraînait étaient sauvés plus loin par des nageurs robustes; les plus faibles passaient en s’accrochant aux crinières ou aux queues des chevaux.

Il mahciie sur Rome. — Pendant que ces légions infernales accouraient à marches forcées, un nouveau Jonas excitait les risées de Rome. C’était un pauvre de Sienne, qui , pâle , décharné , vêtu d’un sac et brandissant un crucifix , parcourait jour et nuit la ville criant d’une voix lamentable : a Pénitence ! pénitence ! ■> el prédisant l’alKiissement des prêtres et la réforme de l'Église. On l'appelait le Joit du Christ,? t comme il parlait avec irrévérence du pape el des cardinaux, et qu'il ne cessait de

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