CHAPITRE XXIX
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I.s paï-e se retire ac ciiATEAo Sairt-Akce. — Pendant qu’on s’approvisionnait en grande hâte, l’entrée du château était encombrée d’une foule si nombreuse de prélats, de gentilshommes eV de dames, qu’on ne pouvait (laisser la herse : on réussit à la fin à la faire descendre, mais avec peine, car personne n’avait songé à la rouille qui en rendait le jeu difficile. Plus de trois mille personnes se pressaient dans l’intérieur. Il s’y trouvait un grand nombre d’hommes de marque, entre autres tous les cardinaux, à l'exception de quatre qui pensèrent , parce qu’ils étaient chefs du parti Gibelin, pouvoir rester en sûreté dans leurs palais. Le cardinal Pucci reçut, avant d'arriver au château, diverses blessures à la tête et aux épaules et y fut introduit par une fenêtre à moitié mort. Le cardinal Ermellino s'y fit, comme d'autres gentilshommes, hisser dans un panier. Tous ceux qui auraient pu résister encore et sauver la ville, en coupant les ponts, ou fuyaient ou jetaient leurs armes. Mais ils avaient beau demander quartier, les soldats allemands répétaient impitoyablement le mot d'ordre des Espagnols : tuez! tuez devant vousl... Pas un malheureux soldat romain ne put se dérober à leur furie, vainement se retiraient-ils désarmés dans les églises, vainement embrassaient-ils les autels, dans ces lieux saints jadis respectés par les Goths et les Vandales, ils étaient égorgés sans miséricorde*.
Les Impériaux étaient maîtres du Translévère et du Borgo : par la porte Saint- Pancrace, fracassée des chocs furieux qu’elle avait soutenus, et par les retranchements, l’armée venait d’entrer en masse et d'inonder ces deux faubourgs. Le Flamand Philibert d’Orange, élu général en chef par les soldats, commanda une halte pour se mettre au courant des moyens de défense des habitants, puis lorsqu'il fut bien certain que nulle résistance n’était à craindre, il lança mille arquebusiers en avant , franchit au bruit des clairons et des tambours le mur qui de la porte Saint-Pancrace allait à la porte Settimiana & travers la vigne du Janicule, et se dirigea vers le pont Sixte. Quarante mille hommes, répartis en plusieurs corps, vingt mille lansquenets d’Allemagne, six mille Espagnols et quatorze mille Lombards ou gendarmes, cheveu-légers et déserteurs de tous les pays, débouchèrent par ce pont sur la rive gauche derrière le prince d’Orange. Le nouveau chef les conduisit d’abord au château Saint-Ange. Dans l’espoir de s'emparer par un coup de main du pape et des princes du sacré collège , il essaya de brusquer l’escalade , mais elle ne réussit point. Voyant qu’il perdait beaucoup de monde , il se contenta de bloquer étroitement le château en y plaçant de fortes gardes et revint sur scs pas afin de consommer la ruine du peuple romain*.
Sac de Rome. — Ce peuple était glacé de frayeur : tous ceux qui auraient pu lui donner encore force et courage avaient disparu : il n'espérait plus rien du
vidne «mdnrre queiio die tn unü confusion, e Inisglio ta allon possltiile pnmrder,... fjacopo Bonaparte, Serre dl fioma, p. 160.)
1. Tnt quel soidati Romani ehe aopraglunsero non vi fa alruno, rbr fuggemlo si polisse salvare, ancorrhè fuggissero) nclle chie** e sopra gli altarl. Ojjnuno benclie diwrnuio, rn ad ogni modo tagliaio a peni in quoi iuoghi, che per lunanzi Toiila Colo, e Crnserleo Vandalo religiosamente avevano rispettato. ( Jaoopo Bonaparte, Saeco di Borna, p. 170.
S. Onde vedendo che per allora non polevano superare la fortena del luogo lasciatevi boue guardic si vollarono eon OeriMimo antino alla rovina del popoio romano. ( Jacopo Bonaparte, Sacco di Borna, p 178.)
LUTHER
dehors et enviait, résigné d’avance à son sort, la fin glorieuse de ceux qui étaient tombés aux murailles en combattant pour la patrie. Lorsque l'armée , renonçant à l’escalade du ch&teau Saint-Ange , se répandit dans la ville , elle trouva d’abord sur son passage les parents de ceux qui avaient péri dans le combat. Désespérés de la perte de leurs enfants et vêtus de deuil , ces infortunés offraient aux ennemis leurs maisons, leurs meubles, tous leurs biens, et, fondant en larmes, ils demandaient d’une voix suppliante qu'on leur fit grâce de la vie. Ni leur malheur ni leurs prières ne fléchirent ces bandes féroces. Comme si le bruit des tambours et le son des trompettes les eût animées au carnage, elles se jetèrent le fer à la main sur ces malheureux et en firent une horrible boucherie. Les étrangers ne furent pas plus épargnés que les Romains. Exaspérés par la mort de leur chef, les soldats se souillèrent de cruautés inouïes dans l'histoire'.
Barbaries des L* ssqckssts allemasds. — On les voyait contraindre à coups de bâton des prisonniers de tout âge et de toute condition à regagner leurs demeures déjà pillées et ravagées de fond en comble. Ils les y enfermaient pour essayer de leur tirer encore de l'argent. Plus ces prisonniers étaient d’un rang élevé, plus les tourments qu'ils avaient à souffrir devenaient atroces. Quelques-uns restèrent plusieurs jours suspendus en l’air par les bras; les autres, une corde au pied , étaient accrochés au-dessus de l’eau avec menace de couper la corde s’ils ne déclaraient où étaient cachés leurs trésors; plusieurs furent accablés de coups, d’autres stigmatisés avec un fer ardent en diverses parties du corps. Ces barbares, dit un témoin oculaire de ces lamentables scènes, imaginèrent d’enfoncer de fines échardes de bois sous les ongles des patients , de leur faire couler du plomb fondu dans la bouche, do leur arracher les dents, enfin de les mutiler de la manière la plus horrible’.
Aussi une lutte héroïque d’indignation et de désespoir s’engagea souvent entre les bourreaux et les victimes. Un officier du cardinal Cibo avait été frappé par les Espagnols d’une taxe qu'il ne pouvait payer, et pour l'y contraindre on lui faisait subir les plus affreux supplices : au milieu des tortures il parvint à s’approcher d’une fenêtre, et, s’y lançant à ('improviste, il se brisa le crâne sur le pavé. Le Florentin Ansaldi montra plus de courage encore : pour se tirer des mains des brigands qui le tourmentaient avec rage, il avait fixé lui-même sa rançon à mille écus. II les comptait lorsque ces barbares exigèrent des ducats d’or; comme il n'en avait point, on l'étendit de nouveau sur le chevalet : alors rendu furieux par la violence de ln douleur, il se jette sur son bourreau , le désarme, et après lui avoir plongé son poignard dans le cœur le tourne tout sanglant contre sa poitrine et se tue.
4. I Tindtorl inlanto per natura fierl divennti aneora assal più non per dalle Titiorie, ma aneora délia rabia concepuia per la morte del ioro eapitano si diedero a fare i maggiori strazii... ( Jaeopo Bonaparte , Sacco di Rama, p. 1 80.)
9. Di qnestl molli enno lenaii piùore del giorno sospesi da terra per le braecia : molli legaii c lirai! aspramentc per le parte wgognose; altri per on plcde implcrati e sopra P arqua con manifeste minarcie dl tagliar subito la corda;... a molf altri lu colato in bocca piombo struiio, atrelli di boc<a i demi o sirauameote furono mulilati e mal coud. (Jaeopo Bonaparte, Sacco di Amm, p. soi.)