‹ Rome ancienne et moderneChapitre 383 sur 428 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

goire XV prodigua les promesses les plus séduisantes à Domims pour Je ramener à Rome. Le noble vieillard ne sut pas résister à ecs instances; il quitta le doyenné de Windsor, que lui avait donné Jacques 1", et revint faire amende honorable à la Minerve. Mais l'inquisition la jugea insuffisante. Sous prétexte que sa conversion n’était pas sincère , on le jeta dans un cachot. Il y mourut en 1624; alors, pour ne pas perdre toute sa proie , l'inquisition brûla son cadavre 1 .

Ce fut ensuite le tour de Campanella. L’illustre apôtre de la liberté moderne venait de payer son tribut au despotisme espagnol. Appliqué sept fois à la torture, et la dernière pendant quarante heures, en 16Ï6 il fut réclamé comme hérétique par Urbain VIII et livré au saint office de Rome. Il resta trois ans enseveli dans ses prisons. Grâce à l'intervention de la France, on le relâcha un instant en 1629 : aussitôt l'ambassadeur de Louis XIII le prend dans son carrosse , enlève cette victime destinée au Campo di Fiori , et l'envoie à Paris. Là , Campanella trouva enfin la paix et un asile dans ce cloître des Jacobins où, cent soixante-quatre ans plus tard, son ombre tressaillit plus d'une fois sans doute en entendant maudire ses bourreaux 'J.

Galilée. — En même temps que Dominis et Campanella, le saint office poursuivait Galilée. Depuis quinze ans, tous les partisans des vieilles idées étaient en insurrection contre ce régénérateur des sciences en Europe : or, derrière les disciples routiniers d'Aristote et les défenseurs aveugles de la Bible, on voyait l'ombre de l’inquisition. Toutes ces excursions de Galilée dans les cieux inquiétaient le saint office. Créé dans le but d'enchatner l’essor de l’esprit humain , il s'indignait que l'inventeur du télescope eût dépassé les limites permises, et se préparait à l’en punir. Un moine, du nom de Caccini , commença l'attaque à Florence. Prenant pour texte ce verset du Nouveau Testament : Viri Galilai , quid slatis aspicientes in calum ’ ? Il entreprit de démontrer en chaire , aux Florentins, que la géométrie est un art diabolique, et qu'on devrait bannir les mathématiciens d'un État bien ordonné comme auteurs de toutes les hérésies. Galilée se plaignit de ces attaques au père Maraffi , l’un des Pères les plus influents de l'ordre du prédicateur. « J’en suis au désespoir, répondit celui-ci; car, pour mon malheur, je suis solidaire de toutes les sottises que peuvent faire ou que font trente ou quarante mille moines4.!

Les attaques du père Caccini n'ayant pas atteint le but qu'il se proposait, il s'en vengea, le S février 1615, en dénonçant Galilée à la sainte congrégation. Son accusation, appuyée par le dominicain Lorini, son coadjuteur en cette affaire, était basée sur une lettre de Galilée écrite, en 1513 , et relative au système de Copernic. Il était dit dans cette lettre, que l'Écriture renferme plusieurs propositions qui sembleraient fausses, si on ne s'attachait qu'au sens littéral ; qu’en matière de science ,

! G. Librl, Un taire des Sciences mathématiques, I. iv, p. U8.

S. Cjpriaiti. Yita Th. CamyancUic, p. 24 et 25.

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