CHAPITRE XXXI
JiifiEUBirr du saikt urria. — Le 25,1a peine de l'emprisonnement dans le château du saint oflice fut commuée en celle de la réclusion dans les jardins de la Trinité-du-Mont (au Pincio) où l'ambassadeur de Toscane le conduisit le vendredi soir. Une dizaine de jours après, il obtint la permission de se rendre à Sienne pour y vivre sous la surveillance de l’archevêque, séparé du commerce des hommes. Il était si joyeux en quittant Rome qu'il lit quatre milles à pied : mais, eu arrivant à Sienne , cette réclusion le navra. « On m’avait assigné , dit-il , pour prison la maison de l'archevêque. J’y restai cinq mois au bout desquels ma prison fut changée et limitée au petit village d'Arcetri à un mille de Florence, avec défense expresse de descendre dans la ville, de voir des amis et de les inviter chez moi. Je passai là mon temps tranquillement, faisant de fréquentes visites à un monastère voisin où j'avais deux filles que j’aimais beaucoup , particulièrement l’aînée femme d'un esprit trèsdislingué , d’une grande Ironie , et qui m’était tendrement attachée .Mort de la fille de Galilée. — G'était la sœur Marie-Célcste qui, gravement malade d'une affection de poitrine , avait tout caché à son père tant qu'il fut au pouvoir de l’inquisition , pour ne pas ajouter à ses chagrins. Aussitôt qu’elle le vit hors de danger, elle commença à le préparer à cette nouvelle douleur, a Je ne saurais vous exprimer, lui écrivait-elle avec une exquise délicatesse, la joie que j’éprouve de vous savoir de retour et en bonne santé. Qu’une pauvre religieuse comme moi fût retirée de ce monde , cela importerait peu ou poml du tout , car je n'y suis pas bonne à graud’ehose ; pour une fouie de raisons, au contraire, sans parler du bonheur de ceux qui vous aiment, il importe que vous puissiez longtemps glorifier Dieu avec la haute intelligence qu'il vous a donnée1, a Cette tombe qu'elle montrait avec tant de résignation à son père s'ouvrit pour elle au mois d'avril lt>3i. Un jour où le vieillard venait de la voir à son couvent, le médecin lui apprit qu’elle n'avait plus que quelques heures à vivre. 11 s’en retournait en pleurant lorsque son désespoir fut augmenté par un autre événement douloureux. Peu d'instants avant que sa fille expirât , le vicaire de l'inquisiteur se présenta pour lui notifier un ordre du saint office envoyé de la Minerve qui lui enjoignait de renoncer à demander l'autorisation de retourner à Florence sous peine d’êlre reconduit dans les prisons de Rome *.
Toute l’Halie savante protesta , mais la voix la plus éloquente qui s'éleva alors en faveur de Galilée partit de la France. Tel était le langage que, le g décembre 1633, l'illustre l’circsc tenait à son ami le cardinal- patron :
« Il me reste encore une demande à faire à Votre imminence, en vous priant d'excuser ma hardiesse et de vouloir accorder à la confiance dont vous m’avez honoré l’espoir que je fonde en votre bonté de vous voir faire quelques démarches pour la
i Lettre adressée il Diodaii et recueillie par M. Luigi Cibrario, dans les manuscrits de la bililiotli^qoe de Carpentras.
«. Perché a poco o nulla son buona dove die nella perrona dl V. S. sarebbe tulto l’ opposite per moltlssimc ragioni perdit- con il grande intdletto e saperc cbe gii lia ronccsso il signore iddio puù servirlo e nnorarlo iuÜDilainente piA di qaello die non posso io. ( Manuscrit acquis par le grand-duc de Toscane, de la famille Neili. )
Manuscrit de la bibliothèque de Carpentras.