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LE NÉPOTISME ET LES JÉSUITES. fi09

son ordre du pontificat, il s’humilia devant le ministre de Louis XIII pour obtenir la levée de cet interdit qui lui eût fermé pour toujours les portes du sacré palais, mais quand il fut pape il retrouva dans sa mémoire italienne l'amer souvenir de son exclusion et sa haine contre Mazarin et la France.

Insolekck dbs Chici envers la Francs. — Le secret des passions du maître est promptement trahi par les valets. Don Mario, qui outrait en les partageant les rancunes de son frère , saisit la première occasion que lui offrait le hasard de mortifier les Français. Le 20 juin 1660, les sbires, voulant arrêter un ouvrier en toiles ( vtltllajo ), dans les remises du cardinal d'Este, protecteur de la France, furent repoussés & deux prises par les gens du palais dont ils violaient la franchise. En l’apprenant , don Mario , donna l’ordre aux milices papales et à la garde corse de soutenir le bargello. Aussitôt les nombreux parents du cardinal, tous les Français qui se trouvaient à Rome , et les gens des autres ambassadeurs prirent les armes. Aussi lâche que fier, don Mario recula. Mais, le cardinal Mazarin, que les questions d’honneur national ne touchaient guère , ayant laissé ce demi-outrage impuni , Mario résolut d’étre plus hardi une autre fois. Les successeurs de Mazarin lui en fournirent l’occasion. Ils avaient choisi pour ambassadeur le duc de Créqui, premier gentilhomme du roi, dont on vantait fort la fermeté de caractère , et lui avaient prescrit de ne pas visiter les parents du pape. Ce mépris révolta les Chigi, ils s’en plaignirent si amèrement qu'Alexandre jeta les hauts cris. Les ministres de Louis XTV eurent la faiblesse de céder. C'était mal connaître les Chigi. Enflés de ce triomphe , ils animèrent si bien les Corses qu’une collision sanglante éclata deux jours après l’amende honorable du duc de Créqui.

La garde corse. — Le 20 août 1662, trois Français et trois soldais de la garde papale, s’étant rencontrés sur le pont Sixte, mirent l’épée à la main : un des Corses fut légèrement blessé. A ses cris, quelques-uns de ses camarades, casernés à deux pas, auprès de la Trinité, accoururent, chargèrent les Français et les poursuivirent jusqu'aux écuries du palais Farnèse , résidence de l’ambassadeur. Tout ce qui se trouva là de gens de livrée sortit au bruit avec des fourches et des épées , et repoussa les Corses. Ceux-ci revinrent bientôt en force et firent reculer les valets du duc de Créqui. U était absent ainsi que l’ambassadrice. Le hasard ayant voulu qu’il rentrât en ce moment, il envoya pour faire retirer les Corses deux gentilshommes qu’on reçut à coups de mousquet. Fidèles à la consigne de don Mario, qui leur avait dit quelques jours auparavant : a Ne savez-vous plus vous servir de vos armes? tuez désormais ou je vous envoie aux galères ! » Les Corses occupèrent tambour ballant toutes les avenues du palais Farnèse. Le duc de Créqui essaya de leur parler du balcon; mais, accueilli par une grêle de halles, il fut forcé de quitter la croisée après avoir vu tomber trois hommes.

Ce feu, comme un signal, avait mis sur pied toute la soldatesque papale. Elle criait partout d’envoyer la cavalerie et chargeait tous les Français qu’elle rencontrait. Les sbires eux-mêmes coururent aux armes : ils blessèrent, eux qui ont

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