‹ Rome ancienne et moderneChapitre 399 sur 428 · Honneur. ( Stance du 8 ferler · texte numérisé non relu

Honneur. ( Stance du 8 ferler

BONAPARTE ET PIE VI

Gît

le 20 mai 1796, dans sa proclamation de Milan : que les Français, amis de tous les peuples, et plus particulièrement des descendants des Brutus et desScipions, allaient rétablir le Capitole , y placer avec honneur les statues des héros qui le rendirent célèbre, et réveiller le peuple romain, avili par plusieurs siècles d’esclavage. Lorsqu’il eut écrasé l’Autriche, Bonaparte tint parole. Un mois après il s’emparait des Légations et marchait sur Rome. Le pape effrayé demanda la paix & genoux : il n’obtint qu’une trêve dans laquelle les commissaires du Directoire et Bonaparte posaient pour premières conditions : que Pie VI enverrait le plus tôt possible un plénipotentiaire à Paris pour traiter de la paix ; que ce plénipotentiaire ferait au nom du pape des excuses pour les injures et les pertes éprouvées par les Français dans l’État Romain ; que ces excuses porteraient notamment sur le meurtre de Basseville; que sa famille recevrait les dédommagements qu'elle avait droit d'attendre, et que tous les détenus pour cause politique seraient mis en liberté. Cent tableaux , bustes ou vases antiques , au choix de la France , et vingt et un millions, complétaient le prix de la trêve. Tant que les baïonnettes françaises brillèrent à Bologne et à Ferrare, la cour de Rome parut s’exécuter de bonne foi: elle envoya l’abbé Pierrachi négocier à Paris, et acquitta une partie de la contribution imposée. Mais, tout en cédant à la force , elle n'avait pas abjuré ses haines.

T (uns as Tolestiso. — Prévenu que l’Autriche préparait sa troisième descente en Italie, avant même que ses armées eussent débouché du Tyrol, Pie VI traitait sous main avec la cour de Vienne. Une lettre du cardinal Busca, secrétaire d'État, interceptée le 12 janvier 1797, révéla cette trame à Bonaparte, précisément après la victoire de Rivoli et la capitulation de Mantoue. Le moment était mal choisi pour trahir la France. Vingt mille hommes prirent la route de Faënza, culbutèrent les troupes papales sur le Senio , emportèrent Ancône et Lorctte , et jetèrent une si grande terreur au Vatican, que le secrétaire d’État Busca envoya à Bonaparte quatre légats, avec mission de conclure la paix à tout prix Si Bonaparte l’eût voulu, elle aurait été dure : il se contenta d'exiger, par un traité signé le 19 février 1797 à Tolentino, la cession d’Avignon et du comtat Venaissin, une contribution de quinze millions, dix en espèces et cinq en diamants, les tableaux et objets d'art cédés dans la convention de Bologne, le désaveu de l'assassinat de Basseville, trois cent mille livres pour la famille du mort, la mise en liberté des détenus politiques et la réouverture de l’école française des beaux-arts.

Ce traité eut le sort de la convention de Bologne. Accablé par l'âge. Pie VI avait abandonné le pouvoir au cardinal Braschi , son noveu. Celui-ci gouvernait despotiquement Rome avec sa coterie , composée des cardinaux Busca et Albani , et des prélats Barbiéri , Sparziani , Galeppi , Consalvi et Pantili Doria , secrétaire d’Ëtat. Le même vertige qui avait autrefois poussé les Chigi à braver Louis XIV troublait les

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