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cerveaux de tous ces hommes pleins de fiel et de vanité'. llêvant sans cesse, malgré les leçons qu’ils venaient de recevoir, une revanche impassible, en voyant remuer la cour de Naples sous l'influence de l’or anglais, ils crurent l’occasion favorable , et se déclarèrent il demi , en appelant le général autrichien Provera au commandement de leurs troupes. Le frère du général en chef de l’armée d’Italie, Joseph Bonaparte , représentait alors la France auprès du saint siège. Il regarda la nomination de Provera comme un acte hostile, et exigea son renvoi, que la coterie du cardinal-neveu n’osa lui refuser. Mais cette concession n’était pas sincère. Tout en paraissant rentrer dans le traité de Tolentino , pour endormir la vigilance de l’amlmssadcnr français , elle s’apprêtait mystérieusement à en sortir à la manière italienne. Vers la fin de 1797, deux complots qu’elle dirigeait dans l'ombre commencèrent à frapper les yeux des moins clairvoyants. L’un tendait au renversement du gouvernement pontifical , et l'autre au massacre des Français. Par les soins de la police, le premier éclata dans la nuit du 47 décembre. Trois cents démocrates , qu'échauffaieut des agents provocateurs, se réunirent à la villa Medici , et prirent la cocarde tricolore. Dispersés plus tard par la cavalerie papale, après une bagarre qui coûta la vie à deux dragons, ils coururent où les poussait fa direction occulte de l’émeute , au palais Corsini , qu’habitait l'ambassadeur de France.
Le palais Corsini , l'un des plus beaux édifices du Trastévère , est situé a l’extrémité méridionale de la grande rue de la Longara , qui commence , vers le sud , à la porte Septimienne, et descend, vers le nord et Saint-Pierre , jusqu’à la porte du Saint-Ksprit. On y entre par trois portiques, qui restent ouverts toute la journée, selon la coutume d'Italie. A deux heures de l'après-midi, une vingtaine de patriotes ayant fait partie du conciliabule de la villa Medici s’y présentèrent et furent repoussés d'abord par le suisse. Joseph Bonaparte allait se mettre à table avoc le général Duphot et l’adjudant-général Sherlock. Informé par un artiste français que le rassemblement grossissait à chaque instunt , qu’on distinguait dans la foule des espions du gouvernement bien connus qui vociféraient plus haut que les autres Vtt-e la République ! vive le peuple romain ! qu'on jetait les piastres à pleines mains et que la rue commençait à être obstruée , il revêtit son uniforme et descendit avec les deux officiers générnux.
Assassinat du céiürai. Duphot. — En ce moment un piquet de dragons pontificaux entrant, au mépris du privilège qui la rendait inviolable, dans la juridiction de France , et la traversant au galop , faisait feu par les trois portiques du palais. Ce piquet fut suivi d’une compagnie de fusiliers qui tira également , et malgré les protestations de l’ambassadeur, s’apprêtait à tirer encore. Duphot indigné s’élance d’un bond. Il est entre les baïonnettes des soldats, empêchant l'un de charger, écartant le coup de l’autre. Peu à peu les soldats d'Amadei l'entraînèrent sous la
I. (Juclques jours aujui avant. obstine comme on prêtre italien qui croit n'avoir rien à craindre, Pie VI répondait à raoiisignor Üaleppl, essayant de lui faire adoucir les «prenions d'uue lettre trop rive : Uud p*rt coti,i>enbe qutia i lu noelra U i totlrrremo a! cotlo delis notlr* rut*.
BONAPARTE ET PIF. VI
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porte Septinicnne. Là , le caporal Mnrinelli lui déchargea son mousquet dans In poitrine. L'infortuné tombe, se relève en s'appuyant sur son sabre, essaie de faire un pas: un second coup l'étend sur le pavé. Plus de cinquante coups de fusils sont tournés à l’instant contre son cadavre1 .
Entraîné par Sherlock qui voyait une nouvelle bande accourir du côté du palais, Joseph Bonaparte prit alors la première ruelle qu’on rencontre à gauche de la porte Septimienne et rentra par une grille de la villa Corsini, heureusement ouverte en ce moment. Au palais tout était désordre, tumulte et désespoir. Une vingtaine de cadavres jonchaient la cour : les marches du double escalier étaient teintes de sang : aux plaintes des mourants, aux cris des blessés , se mêlaient les pleurs des femmes et les gémissements de la suair de Joseph qui devait le lendemain même porter le nom du malheureux Duphot. Cependant, malgré la fusillade qui éclatait encore et leur petit nombre, les o (liciers ne voulurent pas abandonner aux assassins le corps de leur général. Ils allèrent Je chercher sous les balles et le trouvèrent dépouillé , percé de coups, souillé de sang et à moitié couvert de pierres. En vrais bandits romains, les meurtriers s’étaient partagé ses dépouilles sur place. Le capitaine Amadéi avait pris son sabre et son ceinturon , le curé de Sainte-Marie de la Scala sa montre, et le caporal Marinelli , qui lui tira le premier coup de mousquet, son uniforme et son argent '.
Joseph Boxafarte quitte Boue. — A la vue du cadavre du général criblé de balles et de coups de baïonnette, Joseph quitta sur-le-champ Home, et se retira en Toscane, laissant les Français sous la protection du minisire du grand-duc et de l'ambassadeur d’Espagne , dont la conduite fut des plus nobles dans ces circonstances. En arrivant chez notre ambassadeur Cacault, il s’empressa d’adresser un rapport circonstancié au ministre des relations extérieures. Écrit à Florence le 1 1 nivôse, trois jours après l’événement, le 22 ce rapport était communiqué au conseil des Cinq-Cents et publié par le Rédacteur, et le même courrier qui l'avait apporté reprenait en poste la route d’Italie pour remettre à Berlhier, commandant en chef par intérim, l’ordre de marcher sur Rome. Le Directoire avait promptement agi : Berlhier ne perdit pas plus de temps que le Directoire.
Assemblée démocratique au Campo Vaccixo. — Le 10 février 4798 , au point du
t. Rapport de Joseph Bonaparte au ministre des relations extérieures , daté de Florence H ntvdse an vi, public par le Montlatr du 23.
Rapguigjlo di quanlo avenne In Ronu nel 1798 rouit! cagiooe drlla ponctua del ponlrflrc. — Voici le récit de l'assassin : « Lue grande multitude, priant cocarde française, se porta sens la porte Septimienne, ayant à sa tête deux français vêtus de bleu, tabret nuit, cocarde en main. Un d’eux invitait les troupes du pape en criant: «ranett! allons courage ! être la literie! rire la literie! Je mi» votre general. La troupe répondit, en courbant eu joue. S’approhez pat ! Et ceux-ci. uns y faire aiieni Ion, s'approchèrent toujours davantage. Alors le caporal Marinelli , après les avoir plusieurs fois invites a mettre lias le» armes, voyant qoe ceux-ci approchaient davantage leurs sabres des fusils, (il faire feu. et en renversa quelques-uns du nombre desquels était celui qui le menaçait du sabre. » ( Rapport, Font Sixte, compagnie Amadei, du 28 décembre t'97. ) [Archives de l’Ambassade française a Rome.)
• Ainsi , dit M. Artaud de Montor (llltloire de Pie VII, 1. 1, p. *7), un homme qui a représenté vingt ans la Franre i Rome, maiv qui n’etail Français ni par l’esprit ni par le cœur, Duphot perH dans une émeute qu'ii suscitai! lui- même contre l’autorité reenonne. •
t. Rapport de J-vpli.