CHAPITRE XXXIV
ROME FRANÇAISE
Pie VII. — Retour do ptpe I Rome. — Le concordat de tant,— Napoléon, empereur. — Consistoire secret. — lettre amognphe de Napoléon an saint Père. — Pie VII I Paris. — Désappointement de U cour de Rome. —
— Le ponsolr temporel et le pouvoir spirituel. — Grand débat entre la tiare et l'épée. — Une! est le souverain de Romeî.... — Les prêtres doivent-ils gouverner?... — Lettre de Napoléon an prince Eugène. — Le général Mlollis occupe Rome. — Décrets du a avril 1808 et du 17 mai 1809. — Route est réunie b la France. — La Consulte. — Escalade nocturne du Qairinal. — Rade! enlève le pape — Bon gouvernement de la Consulte. — Département de Rome. — Administration française. — Grands travaua publics. — Restauration des monuments antiques. - Travaux utiles. - Le Rome Pincio. — Le roi de Rome.— Retour de Pie Vil et du cardinal ConsalvL
Chia rassorti , papb socs lb rois de Pib VII. — Les représentants des vieilles idées sont comme les rejetons des races royales : le malheur ne les instruit pas. Au moment où le saint-siège était brisé de fait, les cardinaux réunis en conclave à Venise y donnaient au monde le triste spectacle de ces intrigues qui entourent depuis tant de siècles l'élection du chef de l’Église. Divisés en cinq ou six factions, les trente-trois porporati italiens qui, avec le Français Maury, et l’Anglais York, allaient choisir le souverain pontife de cent millions d'hommes, se disputèrent au scru tin pendant cent quatre jours cette tiare qu'une acclamation unanime aurait dù donner au plus capable. L’adresse de Consalvi, secrétaire du conclave , prévalut enGn, et, le 14 mars 1800, l’évéque d’Imola, Chiaramonti, auquel on imposa le nom de Pie VII , fut élu de guerre lasse. Monsignor Hercule Consalvi , l'oracle de la coterie du cardinal-neveu sous le pape Braschi , et l’àine de tous les complots ourdis contre les Français, n’avait songé qu’à lui en porlant Chiaramonti au trône papal. U connaissait la simplicité du nouvel élu , que les railleurs de Rome appe-
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iaient Pax (enfant de dix ans)', le savait incapable de s’occuper d’affaires, et était certain de porter la tiare et le sceptre sous son nom. Appelé, en effet, aussitôt au poste de secrétaire d’État, il fut, à dater de sa nomination, la tête et le bras de ce pontificat dont Pie VU était le titulaire.
La concordat de 180t. — Par scs conseils, le pape quitta Venise et s'achemina vers Rome, où il entra le 3 juillet. L’occupation des Napolitains était si dure, que la population accueillit son pontife avec des transports frénétiques. On avait dressé un arc de triomphe à la porte du Peuple , et ce fut sous une pluie de fleurs et de couronnes qu'il se rendit par le Corso et le pont Saint-Ange au Vatican. 11 y était à peine sans grande influence, sans force suffisante pour s’y maintenir, car un parti nombreux et ardent y souhaitait encore la république, lorsque, par un bonheur inespéré , l’homme le plus puissant de l’époque vint au-devant de sa faiblesse. Bonaparte, qui, en un jour, avait conquis l’Italie il Marcngo, voulait, selon son expression , bien vivre avec le pape. Comme la restauration de la religion calholiquo lui semblait indispensable au succès de ses projets de restauratiou monarchique , il résolut de relever les autels en France, le saint-siège à Home, et proposa un concordat. Dans sa vivacité militaire, le premier consul croyait qu’on traitait avec les chasubles comme avec les épées : il avait donné trois jours au pape pour accepter ou refuser son traité religieux. Consalvi se fit décorer de la pourpre, courut à Paris, et discuta pendant un an les dix-sepl articles du concordat signé le 26 messidor an îx de la République française (15 juillet 1801), dans lequel les hautes parties contractantes déclaraient :
Que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la grande majorité des Français; que son culte serait public, en se conformant aux règlements de police ; qu’il serait fait une nouvelle circonscription des diocèses français ; que le premier consul nommerait les éviques, lesquels prêteraient serment de fidélité entre ses mains à la constitution et à la République française, et que Sa Sainteté ne troublerait en aucune manière les acquéreurs des biens ecclésiastiques , et reconnaisait dans le premier consul de la République les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d’elle l'ancien gouvernement1. Eu vertu de ce traité , que le clergé romain blâma avec aigreur, bien qu’il sauvât la barque à moitié submergée de saint Pierre1, le premier consul accrédita successivement à Rome comme ambassadeurs et ministres plénipotentiaires Cacault, un Breton rappelé de ce même poste eu 1797 à cause de son royalisme, et le cardinal l'esch.