‹ Rome ancienne et moderneChapitre 406 sur 428 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

doux des hommes, s'humilia avec sa souplesse accoutumée devant l'oncle de l'empereur, niais tout en demandant grftce h ses genoux il cherchait à le frapper d'un coup de stylet par derrière en le dénonçant à Talleyrand. Le bon sens de l'empereur ne s'y trompa pas. Une lettre sévère, écrite après la victoire d'Austerlitz, apprit, vers le commencement de janvier 1806 , à Consalvi, qu'il était deviné.

Lu pouvoir temporel et LE pouvoir spirituel. — «Je protégerai constamment le saint-siège, y disait Napoléon au pape, malgré les fausses démarches, l'ingratitude et les mauvaises dispositions des hommes qui se sont démasqués pendant ces trois mois. Ils me croyaient perdu, Dieu a fait éclater, par les succès dont il a favorisé mes armes, la protection qu’il accorde à ma cause. Votre Sainteté, ajoutait-il le 13 du même mois, est souveraine de Rome, mais j’en suis l'Empereur.» Sur ce mot la guerre éclata. «Votre Majesté, répondit Consalvi sous la signature de Pie VU, Votre .Majeslé établit en principe qu'elle est l'Empereur de Rome. Nous lui dirons avec la franchise apostolique que le souverain pontife, le plus ancien des princes régnants, ne reconnaît et n'a jamais reconnu dans scs États une puissance supérieure à la sienne. Aucun empcrorcur n’a de droits sur Rome; vous êtes immensément grand , mais vous avez été élu , sacré , couronné, reconnu Empereur des Français et non de Rome. 11 n’existe pas d'Empercur de Rome. 11 n'en peut pas exister, si on ne dépouille le souverain pontife du domaine absolu et de l'empire qu’il exerce seul dans la ville'. »

* Charlemagne, écrivait encore Pie Vil, contrairement à l'histoire, dont le témoignage sur ce point est formel, a trouvé Rome dans les mains des papes et n’a prétendu aucun droit de domaine ni de supériorité sur les pontifes considérés comme souverains temporels. 11 en a reçu la simple qualité d’avocat et de défenseur do l'Église romaine , avec la couronne impériale , et dix siècles écoulés depuis ont rendu toute investigation inutile. La possession pacifique de mille ans est le titre le plus lumineux qui puisse exister entre souverains. »

Napoléon répliqua sans s’émouvoir, et il avait raison en droit féodal, d'où émane le seul titre de possession du pape, que toutes les provinces des États pontificaux appartenaient à l’Empire français et en faisaient partie : qu'il en possédait la souveraineté comme successeur de Charlemagne; que si le pontife était le seigneur de Rome, il en était lui le suzerain et que le pape lui devait soumission pour le gouvernement temporel comme il la devait lui-mémc au pape pour le gouvernement spirituel. Allant plus loin à mesure qu'il rencontrait plus de résistance, Napoléon liait par dévoiler toute sa pensée l’année suivante , dans cette lettre écrite de Dresde, le 22 juillet 1807, au prince Eugène :

« Il y avait des rois avant qu'il n'y eût des papes. Le pape actuel s'est donné la peine de venir à mon couronnement à Paris ; j'ai reconnu à cette démarche un saint prélat, mais il voulait que je lui cédasse les Légations, je n'ai pu ni voulu le faire. Les prêtres ne sont point faits pour gouverner. Pourquoi le pape ne veut-il pas

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