Lettre de Pie VH il Napoléon, du SI mars
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rendre à César ce qui est à César? Est-il sur la terre plus que Jésus-Christ?... Peulêtre le temps n’est pas loin , si l'on veut continuer il troubler les alTaires de mes États, où je ne reconnaîtrai le pape que comme évêque de Home, comme égal et au même rang que les évêques de nies États. »
I.e général Miollis occupe Roue. — Le gant était jeté, il fut ramassé parPasquin.o Canons de ci , dit le vieux satirique, canons de là , foudres à l’orient, foudres à l'occident. Napoléon et le pontife se sont lancé le dernier mot. Dieu donne la victoire à ses enfants, tard quelquefois, mais il la leur donne toujours. » Dans celte confiance, que les ambassadeurs des souverains alliés avaient soin d’entretenir, Pie VU refusa avec opiniâtreté d'entrer dans la confédération italique et de fermer ses ports aux Anglais. Un tel refus équivalait à une déclaration de guerre. Le 2 février 1808, Miollis arriva avec six mille hommes, enfonça la porte du Peuple, et occupa militairement la ville et le fort Saint-Ange. A partir de ce moment une lutte, dont il n'était pas difficile de prévoir l’issue, s’établit entre le chef de l'armée d'occupation et le vieux pontife, retiré au palais de Monte Cavallo. Le 27 mars , dix cardinaux , parmi lesquels se trouvait le successeur de Consalvi , qui s’était prudemment retiré devant l’orage, reçurent l’ordre de quitter Rome dans les vingt-quatre heures. Un piquet de soldats prit possession de la poste; des détachements s'emparèrent des imprimeries, et les troupes papales furent incorporées dans nos régiments. Prisonnier volontaire & Monte Cavallo, le pape protestait avec vigueur , défendait le carnaval et inondait Rome de proclamations manuscrites. Cependant, déterminé à en finir, Napoléon , selon sa coutume , alla droit au but. Le 2 avril, considérant que le pape avait refusé d'entrer dans lu ligue italienne, que la donation de Charlemagne , son illustre prédécesseur, des pays composant l’État pontifical, fut faite au profit de la chrétienté et non à l'avantage des ennemis de notre sainte religion, et vu la demande des passe-ports faite par l'ambassadeur de la cour de Rome, l'Empereur décrétait la réunion à perpétuité au royaume d’Italie des provinces d’Urbin, Ancône, Macerata et Camerino*.
Rome est réunie a là Fasses. — Le 21 du même mois, le gouverneur de Rome, monsignor Cavalchini, l’un des organisateurs du guet-apens qui coûta la vie à Duphot, enlevé militairement de son palais, fut envoyé à Fenestrelles. Enfin, le 17 mai 1809, Napoléon, aux prises avec l'Autriche, rendit, à son camp impérial de Vienne, le décret suivant, qui retentit sur les bords du Tibre comme l’annonce du canon de Wagram :
■ Considérant que, lorsque Charlemagne, empereur des Français et notre auguste prédécesseur, fit don aux évêques de Rome de diverses contrées, il les leur céda à titre de fiefs, pour assurer le repos de ses sujets et sans que Rome ait cessé pour cela d’être une partie de son empire; considérant que depuis ce temps l’union des deux pouvoirs spirituel et temporel, ayant été, comme elle est encore au/ourd'liui, la source de continuelles discordes; que les souverains pontifes ne se sont que trop
I. Brefs lia pope Pie VU et Recueil de pièces officielles publiés en 1814, per Scbvll, numerus 17, 30, 35, 37, 3e.