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I. Bulletin de t Loù

ROME FRANÇAISE

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de la fcrnientalion des classes pauvres poussées à la révolte par les préires et les moines, ne trouva pas d'autre parti à prendre que d'éloigner le pape.

I.a pape est es levé du Quirinal. — Le A juillet au matin, Miollis en donna l’ordre au général de gendarmerie Radet. On s’y attendait au Quirinal. Depuis dix mois , un homme sûr observait toutes les nuits, par l'ordre du cardinal Pacca, secrétaire d’Êtal, les mouvements des troupes françaises; des gardiens veillaient à toutes les portes, bien qu’elles fussent fermées à double tour; une sentinelle avait été placée sur la terrasse qui domine la cour de la panneteccia ( pannetcric ) ; on avait double la garde mensuelle des Suisses. Enfin , pour plus de sûreté , le secrétaire d’Étal Pacca faisait la ronde à minuit, inspectant tous les postes, et s’assurant par ses propres yeux de l’exécution de ses ordres. Ces dispositions avaient eu pour effet d’exciter les alarmes des Transtévérius, dont on voyait rôder des groupes jusqu'au jour autour du palais '. Dans la nuit du 5 juillet , ils ne vinrent pas. Des détachements d’un bataillon napolitain, commandé par le général Pignatelli, fermaient les ponts, et le Quirinal était investi de toutes parts sans que l’officier placé en vedette sur la tour de la grande porte eût conçu le moindre soupçon.

A deux heures trente-cinq minutes Radet donne le signal à voix basse. Aussitôt un détachement de trente hommes escalade les murs du jardin près de la grande porte derrière la cour de la panneterie pendant qu'un autre détachement de vingtcinq hommes gardait la petite porte dans la rue qui descend au lavotojo ( évier ). Le colonel Siry monte avec cinquante hommes par la fenêtre d’une chambre non habitée, dans le centre des bâtiments touchant au Quirinal, où logeaient les gens de service du pape. Radet avait essayé de monter par la toiture, mais deux échelles ayant cassé , il dut renoncer à son projet et revenir à la grande porte. L’horloge du Quirinal sonnait trois heures : au son de la cloche de la chapelle, mise tout il coup en branle, mais qui s’arrêta au bout de deux minutes, se mêlent ces cris: ait arme! alC arme! traditoril... Radet ordonne aussitôt de briser à coups de hache la petite porte pratiquée dans l'un des battants du grand portail lorsqu'elle fut ouverte par les soldats du colonel Siry, parvenu enfin dans la cour intérieure. Le général rassembla son détachement, le réunit à celui du colonel, et après avoir mis une garde à l’entrée et dispersé un gros d'ouvriers, qui faisaient mine de se défendre, dans l’angle de la cour à droite, il monta, d’appartements en appartements, jusqu'à l’antichambre de la salle du trône dite des sanctiticatii ns. Là était rangée la garde suisse de Sa Sainteté forte de quarante hommes y compris le capitaine, tous armés et en bon ordre dans le fond de la pièce. Il somma les Suisses de se rendre , et les fit désarmer, conduire et garder à vue dans leur propre corps de garde *.

Pendant ce temps, averti par les soins du cardinal Pacca, le pape s’était levé et avait gagné avec son secrétaire d’Ëtat, le cardinal Despuig et quelques prélats,

4. Mémoires du cardinal Pacca sur ta captivité de Pic VU, 1. 1, P- 66.

t. Refaiione dei fatli accuduli in Roma , nc'li * febbrajo e SI iiurzo ddl* anno ISO®.

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