CHAPITRE XXXV
I» Verbe de Dieu a sanctifié. Lesverlus morales, qui ne sont autre chose que l'ordre établi par l’amour éternel, nous rendront bons démocrates : elles nous feront aimer la vraie démocratie , qui ne désire que le bonheur de tous ; qui , repoussant la haine, l’infidélité, l'ambition, est fidèle an devoir et n’usurpe point les droits d’autrui. Ces vertus conserveront au milieu de nous cette égalité bien entendue, qui , nous montrant la loi toujours juste, soit qu'elle protège , soit qu'elle punisse , nous trace en même temps, en présence de la loi divine et humaine , les devoirs que chacun doit remplir dans la démocratie envers Dieu , envers soi-même et ses semblables.
«Les préceptes de l’Évangile, les traditions des apôtres, les maximesde ces grands philosophes , les pères et les docteurs de l’Église , concourent au maintien de la paix, à la véritable grandeur de l’état démocratique , à l’amélioration des hommes. Le glorieux objet de notre démocratie doit être d'établir la plus grande union possible de sentiments, de cœur, de force physique et morale, pour qu’il en résulte une douce fraternité parmi nous. Peut-être suffit-il d’une vertu commune pour rendre durable le bonheur des autres gouvernements : dans la démocratie, au contraire, il faut s’efforcer d’atteindre le plus haut degré de vertu ; étudiez et exécutez l’Évangile , et vous ferez la gloire de la République. Ne croyez pas que la religion catholique s’oppose à la forme du gouvernement républicain. Dans cet état, en vivant unis avec votre divin Sauveur, vous pouvez concevoir une juste espérance de votre salut éternel. Oui, mes chers frères, soyez bons chrétiens et vous serez excellents démocrates 1 . »
Moai de Pie VIL — S’il s’était souvenu de ces paroles, l’exilé de Savone n’aurait pas condamné à l'exil et au martyre du Spielberg une foule de Romains moins exaltés qu’il ne l’avait été lui-même, et il n’eût pas laissé, en rendant son ftme au Seigneur, un gouvernement peu aimé au dedans, et peu estimé au dehors’. Le 22 août 1823 on porta son corps au Vatican pour la neuvaine des obsèques. Le cortège, précédé de détachements de cavalerie, s’avançait lentement au milieu de la foule : il était formé de la garde noble, de la garde civique , de la garde suisse et des différents corps de la garnison de Rome. Sept pièces d'artillerie avec leurs caissons roulaient devant une litière è deux mules, surmontée d’un dais , où l’on voyait le pape avec son trirègne , porté i) visage découvert. Les principaux officiers de sa maison l’entouraient, mais il n’y avait là aucun prêtre. On nentendait aucun chant religieux’. Ce fut au bruit d’une musique militaire et dans un appareil qui paraissait annoncer plutôt les funérailles d’un général d’armée que d’un souverain pontife, que Pie VII alla remplacer Pie VI dans le sarcophage aérien où chaque pape attend son successeur.
Léon XII pape. — Le sien fut le cardinal délia Genga, qui prit le nom de Léon XII. Candidat du parti san-fédistc , rétrograde ou ultra , qui suivait au