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LES TRIUMVIRS MODERNES
Siège di Home. — Le 30 avril , ce général compromit se! troupes devant la porte Cavalleggieri , puis il ouvrit un siège en règle, et eut la gloire d'entrer, au bout de deux mois, à la tète de trente mille hommes, dans une ville où Berlhier et Miollis, deux wais hommes de guerre, entrèrent tambours battants au bout d'une heure avec moins de six mille soldats '. Dans la matinée du 30 juin , quand les Français touchèrent à Saint-Pierre in Montorio et è la porte Saint-Pancrace, l'Assemblée se réunit au Capitole. Il y avait dans ses rangs un député nommé Cernuschi que nul ne dépassait en exaltation ; à la séance du 20 avril , détachant son écharpe de représentant, il s’était écrié avec violence : a Ceints de cette écharpe, 6 peuple! nous vaincrons ou nous mourrons avec toi ! a Ce fut lui qui proposa de capituler. Il faut rendre justice à Mazzini : à ce mot ses fibres s’émurent; il rappela l'héroïsme de Saragosse ; mais la défaite avait brisé les cœurs. Tous gardaient le silence. Une voix s'élève enfin ; c’est celle de Bartolucci ; il accuse le triumvir de cacher la vérité, et demande que l’assemblée entende Garibaldi. Le brave condottiere de la liberté, qui se couvrit de gloire dans ce siège, est introduit, le visage encore noir de poudre, les habits teints de sang. On l’interroge avec émotion : < La défense estelle possible? — Non! répond-il loyalement; nous ne reculerions que de quelques jours notre perte; il faut sortir de Rome et aller planter notre drapeau à Spolète ou sur l'Apennin, a
Itrroi.n du pape. — Sur cette déclaration , l’Assemblée vota , malgré les efforts de Mazzini et de ses amis , la proposition de Cernuschi : «La Constituante romaine cesse une défense devenue impossible et reste à son poste. » Alors les triumvirs quittèrent Rome : Garibaldi en sortit le 2 juillet par la porte Saint-Jean avec quatre mille hommes de pied et huit cents chevaux, et se dirigea sur Tivoli, guidé par Ciciruacchio, que ses ovations conduisaient en exil, et trois commissaires de Sa Sainteté, les cardinaux Délia Genga, Vannicelli et Altieri , vinrent recevoir tous les pouvoirs civils des mains du général Oudinot. Ces triumvirs ecclésiastiques préparèrent le retour de Pie IX en cassant tous les actes de la junte et du gouvernement provisoire, en restaurant le régime des vieux abus administratifs, des abus financiers et de la caria monda , et en publiant , le 8 septembre 1819, une amnistie dont Sa Sainteté n’exceptait que les membres du gouvernement provisoire, du triumvirat et du gouvernement républicain, les chefs de corps militaires, tous les anciens amnistiés qui avaient pris part aux nouveaux mouvements, et ceux qui, outre les délits politiques, auraient commis des crimes prévus et punis par les lois pénales. Après ce pardon qui chassait de Rome ou envoyait dans les prisous des milliers de personnes, Pie IX revint au Quirinal. Mais que les temps étaient changés I
I. La Unie Je son chef ne retombe pas sar l'anuée française, qui se montra, comme toojoars, admirable de bravome el d’élan. S'il avait convenu au duc de Reggio d'attaquer Rome do cdlé où elle n'est pas défendable, c'est-à-dire sur la rive gauche, où la vieille enceinte d'Aorélien ne résisterait sur aucun point b l'artillerie, le soir même Je son arrivée il serait entré dans la ville. Nous ignorons dans quel intérêt. Les documents officiels élèvent le nombre des tiefenseurs de Rome ù $1,000 combattants , lorsqu’il est constant que l'effectif de la garnison ne dépassait pas et fl mille komntts. Ce sont des moyens indignes d'une armée qui n'a jamais compté ses adversaires.