‹ Rome ancienne et moderneChapitre 423 sur 428 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

pt les novens iles , jeux funèbres qu’on célébrait pendant neuf jours à la mort des empereurs et des grands hommes .

Les sept basiliques. — Heureusement, par une juste balance du gouvernement invisible, à côlé du mal il est rare qu’on ne rencontre pas un bien. Si l’imitation des symlioles du paganisme, qui, n’ayant plus de sens dans le culte chrétien et n'exerçant dés lors qu'une influence superficielle sur les cœurs, conduisit trop souvent par la superstition à l’incrédulité et au scepticisme , l’imitation des édifices païens en revanche amena la Renaissance et couvrit Rome nouvelle de monuments. Le christianisme obscur et militant avait bAti les sept basiliques de Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Jean de Latran, Sainte-Marie-Majeure, Sainte-Croix-en-Jérusalem, Saint-Sébastien et Saint-Laurent : le catholicisme vainqueur les reprit aux fondements et les reconstruisit avec magnificence. De Nicolas V à Alexandre VII, trente papes épuisèrent leurs trésors pour le temple de Saint-Pierre, qui exigea deux cents ans de travaux et le génie de Bramante, de Raphaél et de Michel-Ange. Saint Léon I", Simmaquc , Jean I*r, Jean VI , Grégoire II , restaurèrent et embellirent Saint-Paul. En 1725, Benoit XIII fit élever, du côté du Tibre, par Antonio Cnevari et Matteo Sassi, un portique à sept arcades soutenues par quatorze colonnes de marbre. Il y en avait dans les cinq nefs quatre-vingts admirables, parmi lesquelles vingt-quatre en marbre violet provenant du tombeau d'Hadrien ; les portes de bronze avaient été fondues à Constantinople en 1070 ; de précieuses mosaïques ornaient le grand arc et la tribune. Tout cela fut réduit en cendres dans l'incendie du 15 juillet 1823. On y replace aujourd’hui des colonnes de granit ; déjà le clocher, encore enveloppé d’échafaudages, atteint la hauteur de celui qu'abattit le feu; les murs de la croisée sont revêtus de marbre; les quatre colonnes d’albâtre oriental, données par le pacha d’Égypte, sont sur pied ; mais quoique la reconstruction marche rapidement, et qu'un Grégoire XVI en marbre , seul dans la grande nef, semble activer les travaux comme de son vivant, qui peut ressusciter ces vieilles merveilles de l’art admirées pendant quinze siècles, retrouver les grandes poutres coupées sur le Liban et rendre à la basilique solitaire du Tibre ce frémissement chrétien qui passait sur l’âme de ses visiteurs 1 !

La basilique d'or de Saint-Jean-de-Lalran , la mère et la première des églises de Rome et de l’univers (Urbis et orbis), fut entièrement refaite sous Innocent X, en 1 050, par le Borrimini ; en 1 734, Alessandro Galilei éleva la façade. L’édifice est donc tout neuf et n’offre rien qui émeuve fortement que la porte en bronze du milieu à l’entrée orientale, qui roula jadis sur les gonds de la basilique Émilia, l’urne de porphyre taillée pour conserver sous le Panthéon les cendres du gendre d’Auguste, et qui contient les restes de Clément XII, le plus ancien portrait connu de Jésus-Christ et le tabernacle gothique du grand autel où sont les têtes vénérées de saint Paul et de

4. Martlnrlli, H orna ex Etknlcd S aerû, p. 95. Nicoli Maria Nicolai, Sloria delta Botihco di S. Paolo itUlë ti a 0.1/ tenue. Clampiai, de Sa cris Ædtflciit à Coasianlino magne conslncti* Ile Angel U, Basilic. S. Monte Majoris de Urk. descri pt., p. 50-h*2, l'aimnio, délit telle Batilicke di Roma.

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TABLEAU DE ROME PAPALE

saint Pierre, (instaurées également de la base au faite dans le siècle dernier, par Lambertini (Benoit XIV), les deux basiliques de Sainte-Croix en Jérusalem et de Sainte-Marie Majeure ont perdu ce caractère antique et cet air de vétusté qui dispose à l'émotion religieuse et au respect. Extérieurement, elles ne parlent pas plus ii l’àme qu'une caserne neuve j à l'intérieur, au milieu des mosaïques, des basreliefs, des statues et des peintures qui les ornent, on n'est frappé que par l'urne en basalte ferrugineux du grand autel qui, à Sainte-Croix-en-Jérusalem, renferme les reliques de deux martyrs et par l’urne de porphyre de l’autel papal de Sainte- Marie-Majcuro, qui fut le sarcophage du patrice Jean. Abandonnées, au contraire, sur les voies Tiburtine et Appienne, a deux milles des murs, les pauvres basiliques de Saint-Laurent et de Saint-Sébastien respirent encore, dans leur isolement et leur simplicité, la foi qui les fonda. Ce sont les plus beaux arcs de triomphe du christianisme, car l’une est bâtie sur les catacombes de Cyriaque et l'autre sur les catacombes de Calyxtc, où reposent en paix des milliers de martyrs.

Êe lisss. — Au milieu des basiliques s'élèvent trois cent vingt-six églises : onze sont consacrées à saint Jean , huit à saint Laurent , soixante-dix h la mère du Christ. De ces dernières, après le Panthéon (Sancta Maria ad Martyres) qui garde toujours son aspect païen , celles qui rappellent le mieux par leur grandeur les monuments antiques, sont Santa Maria in Aracceli où l’on monte pour voir le Bambino, par un magnifique escalier de marbre de cent vingt-quatre degrés , Santa Maria del Popolo, décorée par le Pinturrichio, Michel-Ange et Annibal Carrachc.: Sainte-Mariedes-Anges, Sainte-Marie-della-Navicella, construite par Raphaël , et Sainte-Mariedu-Transtévère au superbe portique. A Saint-André-della-Valle, San-Girolamo-della- Carita, San-Pietro in Vincoli, San-Gregorio al moutc Celio, Santa-Agnesc in Piazza Navona, Santa-Cecilia , San-Marcello , San-Pietro in Montorio, Santa-Bibiana , et à l’église des Saints Apôtres, resplendit dans son vieil éclat, le génie du Dominicain , de Michel-Ange, du Guide , du Pérttgin , d'Antoine et d' Annibal Carrachc , de Cioli, de Jules Romain, de Sébastien del Piombo , de Pierre de Cortone, du cavalier Bernin et de Canova.

Palais. — Non compris les trois palais apostoliques, le Vatican aux dix mille chambres et aux fresques immortelles , Latran et l’immense Quirinal , les trois édifices publics de la chancellerie de Monte Citorio et du Capitole, les palais Faruèse, üarberini, de Venise, Colonna, Corsini, Doria , Borghèse , Rospigliosi, Chigi, Torlonia, demeures vraiment princières et richement ornées, soixante-dix palais élevés sur les dessins de Raphaël, San Gallo , Fontaua, Maderne , Nonni di Baccio Bigio, Flaminio Pouzio avec les trente-six fontaines qu'alimentent l'eau Felice , l'eau Paola et l’eau Vergine, et les obélisques, complètent le tableau monumental de Rome moderne*.

1. De cm trente-su fontaiües, les plus remarquables sont la fontaine de Trevi du rioae II , qui porte son nom, oà coule l 'ancienne aqua ttrgo d’ Agrippa ; la foolaine Pauline, sur le Jaiiieole; celle do Triton, an milieu de U place Barbenne ; celle des Tartarugbe, sur la place IHattei, celle de la place Navone, dief-d’œurre du Bernin, el celles de ta place Saint-Pierre, dont i'eau Paola et le lac Sabatino alimentent les magnifiques gerbes.

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