‹ Rome ancienne et moderneChapitre 73 sur 428 · POMPÉE, CÉSAR ET CRASSUS. 4SI · texte numérisé non relu

POMPÉE, CÉSAR ET CRASSUS. 4SI

employa les voies de fait. Comme Lucius Domitius tEnobarbus, le seul qui n’eflt pas craint de se mettre sur les rangs, descendait avant le jour au Chamjvde-Mars pour solliciter les suffrages, suivi de Caton, son beau-frère , les sicaires de Pompée se jettent sur l'esclave qui portait le flambeau devant eux et le tuent. Domitius , au premier cliquetis des armes, prit la fuite, et Caton, qui voulut résister, fut blessé au bras. Le sénat se hâta de revêtir les robes de deuil comme dans les calamités publiques. Mais, malgré ses protestations et l’opposition acharnée de Caton, Crassus et Pompée obtinrent le consulat et César la prorogation de son commandement dans les Gaules.

Crasscs va vais* la gue puf. acx Pabthss. — Resté seul maître du terrain , car l’avare Crassus . malgré ses soixante ans , était allé faire la guerre aux Parthes , Pompée s’appliqua dès lors uniquement à plaire au peuple. Il venait de bâtir au bout du cirque de Flaminius , sur la rive gauche du Tibre et vis-à-vis le Janiculc, un théâtre portant son nom , dont 1a dédicace fut célébrée par des fêtes magnifiques. On y donna d'abord des jeux gymniques et musicaux ; puis cinq cents lions s’y déchirèrent successivement, et enfin, au témoignage de Plutarque et de Dion, qu'il faut citer pour rendre ces choses croyables, dix-huit éléphants y combattirent contre des gladiateurs. Ces grands spectacles lui attirèrent l'admiration et les sympathies d’un peuple qui n’aimait que les émotions fortes et l’odeur du sang , et qui lui en montra sa gratitude dans une douloureuse circonstance, llicn qu’il eût déjà passé l’âge d’aimer et d’être aimé, Pompée adorait sa jeune femme, et, s’il faut ajouter foi aux affirmations de l’histoire, ce tendre sentiment était partagé par Julia. Un jour oii le peuple était assemblé pour l’élection des édiles, on en vint aux mains un peu plus chaudement que d'habitude: il y eut des morts et des blessés, et Pompée , qui se trouvait au milieu de la bagarre , fut couvert de sang. U envoya chercher une autre robe à sa maison , qui était entre son théâtre et le temple de la Fortune Équestre. Sa femme, voyant celle qu'on rapportait tout ensanglantée , le crut massacré, et s'évanouit. Elle mourut quelque temps après des suites de ce trouble, et Pompée se disposait à aller ensevelir ses restes dans une terre patrimoniale qu’il avait auprès d’Albe, lorsque le peuple, voulant faire éclater publiquement ses sympathies, enleva le cadavre et porta la fille de César au Champ-de-Mars.

Presque en même temps on apprit la mort de Crassus , tombé dans les pièges des Parthes et décapité sur les bords de l’Euphrate. Pompée restait donc seul en face de César au moment oh la mort de Julia venait de briser le lien qui aurait peut-être encore retenu deux hommes dont l’un , selon la poétique expression de Lucain , ne voulait pas d’égal, et dont l’autre n’avait jamais souffert de supérieur. Il était évident que le monde romain allait sembler trop étroit pour leur ambition , quand un de ces événements imprévus qui , jetés par le hasard dans la balance politique, la font tout à coup pencher d’un côté, vint hâter la rupture. Le tribun Clodius, avec qui Pompée s’était réconcilié depuis peu, venait à cheval de sa villa. 11 se croisa avec Milon , le chef des sicaires de Cicéron, sur la voie Appienne, au point où elle descend la pente

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