‹ Rome ancienne et moderneChapitre 87 sur 428 · CHAPITRE vu · texte numérisé non relu

CHAPITRE vu

son habileté suffisait pour forcer la main à la fortune. Celui qui il dix-neuf ans avait osé venir seul à Rome revendiquer l’héritage de son oncle, et qui à trentetrois ayant presque annulé le sénat, écrasé ses rivaux, fasciné l’armée et séduit le peuple , vit tout à coup à ses pieds quatre-vingts millions de sujets , n’était pas un homme ordinaire. A la vérité il arrivait au bon moment , le monde romain comme un vaisseau désemparé dérivait depuis si longtemps, que pour avoir enfin un pilote il se précipita arec enthousiasme au devant de la servitude.

C'est ainsi qu'après avoir tourné dans un cercle de 724 ans, les Romains se trouvèrent, selon la prophétie du devin étrusque, revenus au point de départ. Singulier et fatal voyage, que chaque peuple cependant fait les yeux fermés, conduit par le destin ! Telle est l'histoire de toutes les nations : la liberté démocratique règne d’abord , la gloire lui succède ; et lorsque la gloire n'est plus , les richesses, les vices, la corruption de l’aristocratie, l’ignorance, l'incurie et la l&cheté de la multitude , mènent inévitablement à ce pouvoir d’un seul qu’on ap|ielle le despotisme et qui est souvent la vraie liberté.

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