CHAPITRE IX
ROME SOUS LES CÉSARS
Nouvelle organisation do pouroir. — Ociare prend le nom d'Auguste. — Il tombe malade; anxiété de Rome. — Scs reformes. — Il perd Rrusns, son fils adoptif. — Ik-sordies de sa fille Julia. — Mort d'Auguste. — Tibère lui socrède. — Son caractère. — Il sc retire dans nie de Cspree. — Tyrannie de Séjanus. — Son supplice. — Caligula. — Sa cruauté. — Il est tué par trois tribuns militaires. — Claude est proclamé. — Sa faiblesse. — Il en empoisonne par Agrippiue. — Néron lui «accède. — Mort de Ur.iannieus. — 11 lue sa mère. — Il empoisonne Burrbus. — Incendie de Rome. — Rome reconstruite. — Le seuat le condamne au supplice des parricides.
Celait la première fois, car les dictatures de Marius et de Sylla fuient essentiellement temporaires, que le gouvernement du plus grand empire et de la première ville du monde tombait, pour y rester, dans les mains d'un seul homme. Ce gouvernement , fils de l'armée, étant né de la violence et du mépris des lois, il s'agissait de savoir comment il allait faire pour vivre dans les trois conditions de toute domination durable : l’ordre, la prospérité publique et la paix. Lorsque Octave revint à Rome , au mois de sextilis 29 , pour y triompher des Dalmatcs d'Actiura et du pays des Pharaons , tandis que les soldats joyeux comptaient leur millier de sesterces, et que chacun de ces grands mendiants qu'on appelait les citoyens romains en emportait quatre cents dans ses haillons, en criant de toutes ses forces : Triomphe t triomphe ! ceux qui réfléchissent , malgré les fumées de l’encens et l’ivresse de la foule, se demandaient avec anxiété quel serait le caractère de cette usurpation nouvelle?... Les précédents du Triumvir n'étaient pas de nature à les rassurer : cette large blessure ouverte par les proscriptions au flanc de Rome, et qui saignait encore, semblait présager un gouvernement farouche et tyrannique. Craintes et présages mentaient, heureusement. Dès qu’il fut seul maître du pouvoir, Octave se transforma : en quittant les insignes