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ROME SOUS LES FLA VIENS, LES ANTONINS ET LES EMPEREURS MILITAIRES

Galba. — Otboa. — Vitcllios. — Vespasien. — THas. — DomiLien. — Kent. — AUricu. — Anionin k Pk*ux. — Marc Anrcle. — Commode. — l'ertioax. — Didius Juliauos.— Sepiuue Scme. — Gircalla. — Hèhogahalc.

La mort de Néron produisit d'uliord l'elfet ordinaire : pendant que l'alTrancliie Acté, sa première maîtresse, avec les deux nourrices Écloge et Alexandra qui avaient eu soin de son enfance, cachait ses ossements nu tombeau des Domitius au milieu d'une foule d’affranchis et d’esclaves, le peuple prenait le bonnet de la liberté et renversait partout les statues de l'empereur mort : cet enthousiasme fondit comme les neiges du Soracte au printemps , à la vue du nouveau César.

Gai ba. — Galba était âgé de plus de soixante-douze ans : quand la plèbe de Rome , qui aimait la face réjouie et vermeille du jeune Néron , aperçut la figure longue, blême et sillonnée de rides de ce vieillard au front chauve, à l’air triste et sévère, elle se prit à regretter le fils d’Ænobarbus. Naturellement froid , dur et avare, Galba ne venait ni pour flatter ses caprices, ni pour jeter, comme Néron , de l’or à ses besoins ou à ses plaisirs. La rudesse du chef et l'inllexible discipline des camps, voilà ce qu'il apportait à une population habituée aux délices des jeux et aux caresses de ses maîtres, à des soldats souverains dans la licence. Dès son arrivée, tout le monde fut contre lui. Une légion de marins était allée l'attendre à quinze stades de la ville (au Pont Milvius); comme elle parlait un peu haut eu lui demandant une grâce, il fit charger les plus pressants par sa cavalerie et décimer les autres. Le sang de ces malheureux rougissait encore les pieds

de son cheval , quand les prétoriens vinrent réclamer les sommes que le préfet Nymphidius leur avait promises en son nom : « Allez, leur dit-il en montrant ses légionnaires prêts à recommencer le massacre , je choisis mes soldats , je ne les achète pas. a

Othon. — Le dénoûment n’était pas difficile à prévoir • sept mois après, pendant lesquels trois affranchis qui gouvernaient pour lui, parvinrent par leurs exactions et leurs cruautés à faire regretter Néron, les prétoriens le renversèrent. Un ancien favori de Néron, auquel il avait cédé Poppée, opéra presque seul ce changement. II était ruiné depuis longtemps, et dans une telle détresse qu'en réunissant tout ce qu'il lui restait d'argent il ne put acheter que quelques soldats. Ceux-ci en gagnèrent d'autres, et le 18 des calendes de février 69, il en trouva vingt-trois qu l’attendaient au pied du milliairc d'Or. Sans s'effrayer de leur petit nombre, ces hommes intrépides l'enlèvent l'épée à la main , le mettent dans une litière, et, traversant tout le Forum , le portent au prétoire. Le tribun Julius Martialis, de garde ce jour-là , fut si surpris de cette audace, qu’il les laissa passer. Les prétoriens entendant crier : Vive César ! accourent de toutes les tentes, écoutent curieusement d’abord, puis se mettent à crier comme les autres. Othon est élevé sur le théâtre où les décimés de la légion marine, qui exécraient Galba, abattent sa statue; il est placé au milieu des enseignes , et bientôt serré dans les bras des centurions et des tribuns, ardents à lui jurer fidélité. Le soir même, le procurator Argius cherchait avec une lanterne la tête de Galba dans les cloaques des Gémonies, et Othon recevait au palais les félicitations, les hommages du sénat.

Il ne devait pas les recevoir longtemps. Douze jours avant le meurtre du vieux Galba, les légions de la Germanie refusant de le reconnaître avaient déchiré ses images et proclamé, à Cologne, Vitellius leur général. L’avant-garde de celui-ci, commandée [par Valens, chef habile et brave, s’avançait à marches forcées vers l'Italie. Trois mois après son départ d'Allemagne, elle rencontra sous Crémone l'armée du César prétorien et la battit. Othon était à Bersello quand il reçut la nouvelle de cet échec : il pouvait le réparer et soutenir longtemps la lutte , car les généraux de l'Orient étaient pour lui , et les légions de Pannonie sur le point de le rejoindre; mais malgré les instances de ses soldats il refusa de tenter de nouveau la fortune : « Assez de sang vient de couler, dit-il, n’en répandons pas davantage. La guerre civile m’est odieuse, même avec la victoire; et j’aime trop les citoyens romains , bien qu’ils soient contre moi, pour déchaîner sur eux ce fléau. Que Vitellius triomphe, puisque tel est l'arrêt du sort! Il est plus juste qu’un seul homme meure pour tous que si tous mouraient pour un seul homme ! » El après ces belles paroles . pesant de tout son poids sur une épée, dont la pointe touchait sa poitrine, et la poignée la terre, il prouva qu’il était digne de l’empire , ce dont on avait douté d’abord en le voyant relever les statues de Néron.

Vitellics. — Rome entière connaissait son heureux rival. C’était une sorte do colosse remarquable par son embonpoint , par l’éclat empourpré de son visage

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