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ment italien, surtout seraient-elles poursuivies avec le même intérêt et la même méthode, ce serait souhaitable!

Telles sont les trois hypothèses qui semblent pouvoir agir dans l'avenir et leurs effets probables.

Il nous reste encore à donner, en dehors de ces prévisions, et quelle que soit d'ailleurs celle qui se réalise, certaines considérations sur les vicissitudes générales de la Ville éternelle au XX^ siècle, sous le point de vue artistique.

L'importance de Rome, comme influence directrice en matière d'esthétique s'est vue diminuer depuis tantôt cent ans. Ce résultat tient à des découvertes successives faites ailleurs, ainsi qu'à un agrandissement notoire du champ d'action où s'exerçait l'archéologie (i). Elle n'occupe plus le rang omnipotent et unique, qui fut sien pendant longtemps. En effet, n'a-t-elle pas représenté et cela durant combien de siècles l'Art ancien, qu'elle englobait et symbolisait aux yeux du monde.

Or, voici que la Beauté grecque a été retrouvée dans son intégrale pureté (2). Elle est apparue supérieure en ses fines

(i) A ce point de vue sont significatifs des faits comme la création d'Instituts archéologiques à Athènes et plus récemment au Caire.

« Salvandy fonda, en 1846, V Ecole française d' Athènes j pour l'étude de la langue et des antiquités grecques ». A. Rambaud, Histoire de la civilisation contemporaine en France. 6' édition. Paris, Colin et Cie, 1898. P. 374.

(2) « C'étaient d'abord les marbres du Parthénon, que lord Elgin cédait au Musée britannique en 1816. Devant les bas-reliefs de la frise et les statues des frontons, artistes et savants, après quelques hésitations, s'accordaient à reconnaître que rien de pareil n'était encore entré dans les galeries de l'Europe. Les artistes avouaient avoir acquis le sens d'une beauté nouvelle, supérieure à tout ce qu'ils avaient admiré et vanté jusqu'alors ; pour la première fois, ils contemplaient, face à face, la vraie beauté grecque, telle qu'Athènes l'avait conçue et réalisée dans une de ces heures où les dernières duretés de l'archaïsme, une fois effacées et ses dernières raideurs assouplies, l'art atteint la perfection. » G. Perrot et Ch. Chipiez, Histoire de l'Art dans l'Antiquité. Paris, Hachette, i88a. Tome i. L'Egypte. Introduction. P. XU.

proportions, son élégance sobre si expressive. On a connu et compris en même temps tout l'apport qu'elle avait pu prêter à Fart romain. Mais ce n*est pas tout. Des populations entières, combien puissantes et singulièrement plus anciennes que ce que nous étions convenus d'appeler l'Antiquité (i) ont émergé totalement, ou du moins se sont révélées sous leur véritable jour. Ainsi surtout FEgypte, maintenant pénétrée en ses hiéroglyphes, aïeule vénérable des civiUsations, immuable à leur seuil, contenant déjà tout : religion, art, administration. Tandis que Ton en dégageait non plus quelques œuvres séparées, ou des restes mutilés, mais bien de véritables ensembles — plus loin, aux limites de l'Asie, de l'autre côté de la Mer Rouge surgissait la Çhaldée. Observés de plus près apparaissent aussi mieux compris les Arts de l'Inde et du Cambodge, ceux de l'Extrême-Orient : Chine et Japon. En sorte que le domaine esthétique s'est considérablement élargi et enrichi.

Mais à côté de ce monopole à représenter l'antiquité classique Rome d'autre part, depuis presque quatre siècles (XVIe, XVIIe, XVIII« et une partie du XIX^) exerça sur la direction des arts une immense et prépondérante influence. Elle centralisa les artistes issus d'ailleurs. Récipient trop vaste, aussi trop mêlé peut-être d'éléments divers, pour produire spontanément des créateurs originaux, elle fiit l'éducatrice des esprits venus de toute part, les coordonnant et les mettant pour ainsi dire à son point. Or, cette impulsion fort atténuée, est combattue actuellement avec une véhémence qui parfois confine à l'injustice. Après avoir voulu jadis que Rome fut tout, ou en arriverait à

(i) « On eut dit qu'un rideau se tirait, par derrière le riche et brillant décor de la civilisation gréco-romaine, on commençait d'apercevoir la véritable antiquité, l'Orient, père des religions et des inventions utiles, de l'alphabet et des arts plastiques. » G, Perrot et Ch, Chipiez. Histoire de l'Art dans l'Antiquité. Tome i. L'Egypte. Introduction P. IX.

nier sa légitime grandeur. Dans tous les cas son privilège absolu n'existe plus, et presque en entier le mouvement fécond d'art moderne, notamment en France, s'est émancipé d'une tutelle trop étroite (i).

En revanche nous pourrons constater que Rome n'a jamais été autant étudiée ni mieux comprise. Il semble, tandis que l'influence picturale et sculpturale dite académique diminuait, qu'on saisissait plus profondément la haute importance de la ville au point de vue archéologique (2). Nous avons vu les travaux fructueux et intelligents accomplis dans les fouilles antiques par le gouvernement italien, également son ordonnance méthodique et et ses agrandissements appelés encore à de nouveaux résultats pour tout ce qui touche les Musées. On peut dire que si l'éclat de la métropole n'est plus le phare unique de l'antiquité en les ombres du passé, la lumière en est purifiée, plus claire et plus nette qu'elle ne fut jamais.

Le rôle de Rome, outre sa fonction de capitale de l'Italie, en dehors même de celle plus grandiose de siège de la Papauté, peut encore pendant un temps que l'on ne saurait préciser, garder au point de vue artistique une valeur

(1) Que si l'on en veut un exemple notoirement frappant, on le trouverait dans le discrédit sans pesse grandissant de ce qu'on appelle le prix de Rome en France. On pourra constater que la grande partie des artistes originaux de ce siècle, surtout vers la fin, semblent se dégager de toute influence directe de ce côté.

On rencontrera, à cet égard, des renseignements très intéressants dans les deux ouvrages suivants :

Gustave Geffroy, La Vie artistique, 5* série. La Peinture, la Sculpture, rArchitecture, la Gravure à l'Ecole des Beaux-Arts. L'enseignement de l'État. Opinion d'un évadé. P. 46 et suiv.

Charles Saunier. Les grands prix de peinture, sculpture, gravure en médailles depuis la fondation du prix de Rome. Paris. Revue Encyclopédique. M. D. CGC. X G. I.

(2) « Ge qui facilite d'ailleurs ici la tâche à notre curiosité, c'est que le sol de la Grèce et celui de l'Italie ont été, depuis un demi-siècle surtout, sondés et interrogés, sinon avec plus de zèle, au moins avec plus de suite et de méthode que celui de l'Egypte et de l'Asie Antérieure... » G. Perrot et Ch. Chipiez. Histoire de l'Art dans l'Antiquité. Tome VL La Grèce primitive. L'Art Mycénien. P. i3.

importante. Si la politique perd de son acuité, principalement si les Italiens comprennent mieux un jour leur véritable intérêt et le prestige réel qu'ils sont à même d'exercer. Avec des quartiers assainis comme le Pincio, la Ville en lui conservant aussi intactes que possible ses richesses esthétiques, peut rester un centre cosmopolite d'art et d'intellectualité. Surtout maintenant que les voyages plus faciles et moins coûteux, ont créé tout un personnel flottant dans le monde. Avec ses Musées admirables, ses monuments en nombre abondant, ses précieux souvenirs historiques, elle est un lieu puissant pour l'étude.

Rome, si on ne s'obstine point à en détruire la physionomie, et si l'on ne cherche pas malgré tout à y introniser rapidement une vie intensive mpderne pour laquelle elle n'est point appropriée, semble devoir conserver encore longtemps sa grandeur vénérable. Si la Papauté, parle statu quo ou autrement, s'y maintient, résistant aux événements dans le monde qui vont être traversés par le Catholicisme (i), cette importance sera double et profondément éminente. En effet, la Ville éternelle est le dernier anneau de la chaîne antique où s'est soudée notre civilisation. De plus une religion grandiose et toujours vivante, après avoir eu son berceau ailleurs, a trouvé depuis deux mille ans chez elle son développement successif. Ville sacerdotale, ville de Musées, d'édifices et de souvenirs à divers titre imposants, elle apparaît encore nécessaire à une époque de science où plus que jamais l'étude minutieuse du passé est une nécessité de la marche raisonnée vers le progrès. Voilà pourquoi les vieux peuples d'Europe imbus d'atavisme vont s'y retremper, pourquoi la jeune Amérique, qui

(i) A propos de ces péripéties nouvelles de l'Église, on peut lire une série d'articles commencée dans la Nouvelle Reçue, et qui doit se continuer : N* du i5 avril i^i, F irràin iîo^:. Catholicisme et Américanisme.— N* du i5 mai. André Godfernaux. Le Néo-Catholicisme en Espagne. — N* du i5 juin. André Mellerio. Un Néo-Catholicisme en Italie.

malgré tout est un rejeton de notre continent, y vient aussi comprenant, après Tenivrement premier d'un immence effort matériel, tout le prix d'une tradition intellectueUe et morale. L'Italie se pénétrera-t-elle du sentiment de sa haute mission. Comprendra-t-elle qu'elle tient un Primato de fait, tant qu'il subsistera une civilisation occidentale soucieuse des origines d'où elle est issue, une religion chrétienne puissante, respectueuse de ses phases historiques. Et si l'Italie le comprend, pour remplir un tel rôle, qui n'est plus seulement national, mais exerce une influence mondiale, saura-t-elle et voudra-t-elle prendre les mesures nécessaires? Chi lo Sa/

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