LE TEMPLE DE JUN ON-M 0 NETA
Les temples sont ici des lieux privilégiés pour tout ce qui concerne la république: ils servent de salles d'assemblée au Sénat, et d'archives ; le Trésor de l'Etat, les enseignes militaires sont dans un temple ; l'Officine ou Atelier des monnaies, dont je vais te parler aujourd'hui, est également dans un temple, celui de Junon-Moneta, dont j'ai déjà dit quelques mots ailleurs * ! On rapi)orte que dans une guerre contre Pyrrhus et les Tarentins, les Romains ayant épuisé leurs trésors s'adressèrent à Junon, et que la déesse leur répondit que s'ils étaient justes dans la guerre, l'argent ne leur manquerait pas. Leurs désirs ayant été comblés, ils honorèrent d'un culte particulier la divine conseillère, et décrétèrent que la monnaie serait désormais fabriquée dar^ son temple^.
Nous sortons du temple de Saturne ; passer dans celui de Junon- Moneta c'est en quelque sorte rétrograder, car avant de f introduire dans le lieu où l'on garde les monnaies, j'aurais peut-être dû te mener dans celui où on les fabrique. Mais si cette marche ne paraît pas très rationnelle, elle est au moins topographique, et c'est un grand point pour un voyageur. En effet, le Trésor de Saturne, par sa position au bas du mont Capitolin, se trouve à peu près au-dessous de Junon-Moneta^; ne dirait-on pas que le voisinage et la situation de ces deux édifices ont été choisis à dessein? Le premier a l'air d'être là pour ouvrir son gouffre à toutes les richesses monnaiées de la république , que le second , du haut de son rocher , y verse incessamment.
Je vais satisfaire ta curiosité relativement aux monnaies, à leur valeur absolue et comparative, ainsi qu'à leurs divers noms.
Les grandes divisions monétaires sont VAs, monnaie d'airain*; le Denier, monnaie d'argent ; et \ Aureus, monnaie d'or ^. Je les nomme dans leur ordre de création : la monnaie d'airain fut la première ; elle date du roi Numa*.
• I.ellre XXV, t. I, p. 464. =2 Suitl. v. Uojyitol. = i tMan et Desciipt. de Uom<*. n"*» 88, 62. =* Tit.-Liv. IV, 60.— Plin. XXXHI, 3, etc.— Thesaur. Morell. passiin. = 5 Thesaur. /ftiV/.= « Plin. XXXIV, 1. — De la Malle, F.eoii. polil. des nom. i. I, c. 9, p. «i.
-fiO ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE,
Ce ne fut que près de quatre siècles et demi plus tard, l'an quatre cent quatre-vingt-cinq, que l'on commença à fabriquer de la monnaie d'argent', et vers le milieu du siècle suivant, l'an cinq cent quarantesept, de la monnaie d'or^ Mais pendant fort longtemps on tit peu de cette dernière monnaie : jusqu'à la dictature du divin Jules on se servit principalement de philippes d'or, monnaie grecque qui, après la conquête de la Macédoine, avait été apportée à Rome en grande quantité ^
Avant d'aller plus loin, il faut que je te parle du droit de battre monnaie, et des empreintes dont on la marque.
La fabrication de la monnaie appartint , dès l'origine, au pouvoir suprême, à Numa et à ses successeurs. Les consuls en demeurèrent chargés en héritant de la royauté. Lors de la création du Préteur urbain, la monnaie tomba dans ses attributions. Enfin quand ce dernier, trop occupé aussi, vit dédoubler sa magistrature par la création du Préteur étranger*, vers l'an cinq cent dix, il partagea la fabrication de la monnaie avec trois commissaires spéciaux qui, de leur nombre et de leurs fonctions, furent appelés Triumvirs monétaires*. Jules-César en fit des Quatuorvirs, en leur adjoignant un quatrième membre ^.
Sous le divin Auguste, le nombre des monétaires fut ramené à trois, et ils reprirent leur ancien nom de Triumvirs. Ces fonctionnaires relèvent tout à la fois de l'Empereur et du Sénat : de l'Empereur pour la fabrication de la monnaie d'argent et d'or, du Sénat pour celle d'airain*. Du reste leur élection continua de se faire comme par le passé, dans les comices par tribus'.
Le roi Servius imagina le premier de mettre une marque sur la monnaie, qui ne se composait, avant lui, que de petits morceaux d'airain"'. Lorsqu'on avait une somme un peu importante à payer, on la pesait, aucun signe n'indiquant la valeur réelle*. Servius marqua la monnaie d'un bœuf ou d'une brebis, image du bétail, pecus^, richesse du temps dont elle représentait la valeur. C'est par extension que pecunia, dérivé depecus, signifie argent.
Le poids, la forme et les proportions des monnaies sont fixés par
» Plin. XXXIII, 3. - Til.-Liv. XV, Epilo. = ^ Plin. Ibid. — » Eckhel, norlr. numm, t. 1, p. 41. = 4 Lt'ltif XXXIX, I. Il, p. 188. = maveiTaiiip. Conimenl. in Tliesaiir, Moiell. famil. Mussidia, lab. Il, iv" 1, -2, 5. — Kcklicl. tbid. Proli-fi. ad \um. faniil. c. i. = « Lettre XL, t. U, p. -203.= t Plin. Mirf.= 8 /i,rf.Tit.-Liv. IV, CO.-Fesl. v. Panas. = »Pliu. Ibid. ; XVIII, 5.
des règleiueiits publics, mais les empreintes varient presque à l' infini, parce que la partie iconographique du monnayage est entièrement al)andonnée au goût et au caprice des préteurs et des triumvirs , qui changent tous les ans. C'est une des conséquences du système de gouvernement de la république romaine, où l'on ne réglemente que les choses véritablement importantes et fondamentales. La valeur de chaque pièce se reconnaît à la matière du module, et souvent à une marque particulière placée sur l'une des faces ou sur les deux, près du bord : nous verrons cela tout-à-rheure,
La liberté absolue laissée aux monétaires d'empreindre comme bon leur semble les monnaies fabriquées sous leur inspection, a été tournée au profit des ambitions, de famour-propre de chacun, et ce signe représentatif de toutes les valeurs, ces métaux ouvragés sont devenus comme une histoire métallique des principales familles, un répertoire des événements importants arrivés dans f empire, des espèces de petites archives, de petits tahlina circulants'.
Le triumvirat monétaire est, depuis son origine, et particulièrement aujourd'hui, le premier grade pour arriver aux autres magistratures^; or, les jeunes gens auxquels les tribus ont conféré cette petite dignité n'ont jamais manqué de mettre sur leurs monnaies tout ce qui pouvait rappeler la noblesse et fantiquitc de leur race, les magistratures occupées par leurs ancêtres^, leurs services*, leurs légations^ leurs triomphes®, les lois utiles ou agréables au peuple portées par eux'', les monuments élevés par leur magnilicence*, leurs jeux publics®, en un mot tout ce qui peut attirer de la considération sur le monétaire, le faire connaître comme d'une bonne et illustre origine, populariser son nom, et par là lui préparer les voies pour monter aux magistratures supérieures. Ces signes sont assez parlants : pour un monument, c'est son image ; pour une ambassade, une tête de Mercure avec un caducée; pour un triomphe, un quadrige; pour des jeux, quelque scène dislinclive du genre de jeux donnés; etc. La face delà pièce offre fimage et le nom du monétaire. Quelquefois le nom est indiqué par une figure symbolique, par exemple
1 Thesaur. Morell.— Ecklicl. Docir. nuni. passim. = ^ Ov. Trisl. IV, 10, v. 55.— Tac. Ann. IM, 20. ^•' Thesaur. Morell famil. Kaiiiiia, 2; Pomiieiu. passim.^* Ihid. fiiniil. Manlia, 3, I!, G. = "• Ibid. famil. Abuiia, 5; Caipuruia, lab. III, 6 ; Carisia, lab. Il, 5, i, 6 ; lab. 1U ; Junla, lab. Il, 8 ; Poiiiponia. lab. I, 2. = 6 Ibid. famil. /Eiiiilia, 1 ; Cornelia, lab. IV, 5, 6. = " Ihid. famil. Cassia, lab. 1, 2, 5, A, 5; Porria, 2.= ^ Ihid. famil. /Emilia, 7; Mairia, 1, A. — Vaillaiil, famil. rom. Marria, 22. = '' Thesaur. Morell. famil. Caipurnia ; Iturmia, 2, 5 ; Livincia, lab. I, 2, A.
une ascia (petit marteau coupant) pour Acilius *; un maillet [malleolm) pourMalleolus-; un portrait en pied d'Hercule aux Muses, ou l'image d'une des Muses, pourMusa^; une fleur [flos], pour Florus; un Saturne, pour Saturninus*. Les monétaires hommes nouveaux , et qui par conséquent n'ont point d'illustration à rappeler dans leur famille, signent d'une tète de Saturne, de Pluton, de Yulcain, et surtout de Junon-Moneta, toutes divinités qui président à la fabrication delà monnaie ^
Du temps du divin Auguste, l'esprit de flatterie pour l'Empereur, fortement propagé en exemple par Agrippa ^ fit prévaloir un autre système de marque pour les monnaies : on y traça des dessins rappelant un événement mémorable del'année de leur fabrication, c'està-dire un exploit de l'Empereur ou rapporté à l'Empereur, un fait intéressant personnellement le prince''.
La fabrication de la monnaie d'argent et de la monnaie d'or est concentrée à Rome ; mais celle des monnaies d'airain se pratique aussi dans les municipes et dans les colonies ' ; parmi les magistrats du lieu ce sont les duumvirs et les édiles qui en demeurent chargés^ Là, comme à Rome, la flatterie y met souvent l'image du prince'".
Dans les provinces éloignées, ainsi qu'aux armées, les questeurs battent monnaie".
Voici les noms et la valeur de chaque espèce de monnaie, ses divisions, sa figure, et sa grandeur d'exécution.
Monnaie d'airain. — L'As et ses divisions.
As, ou livre d'airain (a).
Semisse, — moitié d'As.
Triens, — tiers d'As.
Quadrans, — quart d'As.
' Vaillant, famil. rom. Valeria, 1, 5, 4, 5, 6. = - Thesaur. Morell. famil. Poblitia, 2, 5, B. = 3 Ibid. famil. Pomponia, tab. 1, n» 4 el scqq. = * Eckhel, Doct. numm. l'rolegom. ad num famil. c. 13. — Mord. Numismal. XU, imp. rom. Nuni. Aii};. lab. XIN, nP 40.=: 5 Thesaur. Morell. passim. = 6 Lettre LXXIl p. 169.=:'' Thesaur. Morell. famil. .Vquillia, '(, 8, 9, 12; Cœcilia, lab. Ili, 'i, .'5, 0, 8, 9, 10, Il ; Caniiiia, l ; Uurmia ; l'e • tronia ; .\rilia, tab. I, A; Aiitislia, 3; Calpurnia, tab. UI, 2, 5; Caniiiia, 1, 2, 5, i ; Cassia, tab. III, 4, C ; Claudia, tab. Il, E. := * Toutes les monnaies des colonies sont eu airain. Thesaur. Morell. — Eekhel, passim. = ^ Thesaur. Morell. famil. Aquillia, 4, 8, 9, 12; Ciecilia, tab. UI, 4, .5, 6, 8, 9, 10, 11 ; Caninia, 1; Uurmia, Petionia, passim. r= 10 Ihid. lamil. Arria. 6; Audilia, 2; lUvbia, 4, 5, 6; Cœcilia, tab. 111, 8, 9, 11; Egnaiia, 4, D, etc. etc. = " Eckliel, Doct. numm. Prolcgom. ad numm. famil. c. C. (") 6 centimes 3|4.
LETTUE LXXX. ioô
Sextans, — sixième d'As'.
Stips, — douzième d'As^.
As. Face, Jariiis au double front ; revers, proue de navire. Un I figuré derrièi-e la prou.e indique la va- Ipur pondérale de la pièce. Presque tous les As sont ainsi marqués*; celte marque est consacrée, parce que Janus passe pour l'inventeur de la monnaie d'airain. Le navire fait allusion à l'arrivée de ce dieu dans le Latium. Les monétaires se contentent d'inscrire leur nom en abrégé sur la pièce : Atili, signifie Atilius, et Roma, que cet as a été fabriqué à Rome *.
Semisse. Toutes les divisions de l'As portent ordinairement au revers la marque de leur génération, la proue de navire^. La face est arbitraire. Ici on a mis une tète d'Esculape couronnée de laurier. La lettre S gravée derrière la tête et derrière la proue indique le nom et la valeur de la pièce. Au-dessus de la proue on lit le nom du monétaire Manius Acilius^.
Triens. Les quatre points tracés au-dessus de la face, qui est celle de Rome, et derrière la proiie, indiquent une valeur de quatre douzièmes, ou du tiers de l'As. Le monétaire fut Cina ou Cinna, de la famille Cornelia, qui a produit le fameux dictatetn- Sylla'.
' Varr. L. L. V, <? 174.— Plin. XXXIII, 3.— TliPsaur. Morcll. pas;sini.— Ecklicl, Dorl. numm. consul, c. 2, (? 1. =2 t.olunicl. Ul, 2.— Mdiiir.mc. Anliq. cxpliii. t. lU, pi. ISC. =: ■> riin. Ibicl, = 4 Tlie?a ir. Morell. famil. Alilir, n» 3. — Vaillanl, laïuil lom. .Vlili.i, 6; = 5 Tliesaur. Morell. passim.— Vaillant.— Plin. /6irf.=^6 Thesaur. Morell. faniil. Acilia, lab. I, B. = "^ Ibid. fainil. Cornelia, tab. 3, n" 8. — Vaillanl, Ibid. Coinelia, 59.
Mi
l;OML Al blÉCLL 1> ALGLSIE.
QiADRANs. La face représente une tète d'Hercule, coitiëe de la peau dun lion. Le monétaire est Natta, de la famille Pinaria. Trois points g raves derrière la tête et derrière la proue sont le signe numérique de trois douzièmes, ou du quart de
l'As».
Sextans. Deux points gravés au-dessus de la tête et au-dessous du vaisseau marquent que cette pièce vaut deux douzièmes, ou un sixième d'As. La face représente une tête de Mercure coifïée du pétase. Sur le côté de la proue on voit les initiales du monélaire, ma, enlacées, et signifiant Maxinius"; c'est un descendant du Fabius Maximus qui sut résister au génie d'Annibal K
Sri PS. 11 porte, comme les précéden-
>ç / i— — =3 '^ l' W '^^ pièces , le signe de """ la famille de l'As, une
proue de navire. Sur la face et sur les revers] un point unique indique sa valeur, le douzième de l'As*.
Monnaie d'argent. — Le Denier et ses dicisions.
Demer. Autrefois le Denier valait dix As, ainsi que le dit son nom *, et on le marquait du signe numérique X ^ ; mais depuis plus d'un siècle , depuis Tan cinq cent trente-six, il vaut seize As^ Ce signe de sa valeur réelle est inscrit derrière la tète, qui est celle de Rome. Le revers otiVe 1" image des Dioscures galopant la lance au
1 ïliesaur. Morell. faniil. Pinaria, C. — Vaillanl, fami!. lom. Pinaria, 5. = ' Thesaiir. .Morpil. faniil. Fabia, lab. 2, G. = * Moiiirauc. Anliq. cxiiliq. t. Ul, siipplcm. pi. 16. = * Dmarii (|unt1 denos aeris valebanl. Varr. I,, 1,. V, ,§ 175.— Plin. XWIU, 5. — ^ llif- *aur. Morell. famil. Aburia, 1; .Eliu, 5; Ilia, 1 ; v[ passim. =■ t' l'Un. Ibid.
LETTUE LXX\.
puiiig. Celte lace et ce revers sont habituelleinenl l'empreinte des Jh'niers '. Le monétaire qui a fait fabriquer celui-ci appartenait à la famille Julia ; le nom de L. Julius se lit en abrégé sous les pieds des chevaux^.
Quinaire valant aujourd'hui huit As, ^ /'Wrf^^^ par suite de l'altération du Denier, et J^ i ^i^. ^ M) i''^'''^ cinq As, ainsi que son nom l'indique ^ Aucune uniformité n'est observée dans la marque du Quinaire : ici c'est une tête d'Apollon couronnée de laurier, et une Victoire écrivant sur un trophée. Ce revers fait allusion à quelque victoire de Cneius Egnatuleius, dont on lit le nom derrière la tète d'Apollon*.
Sesterce. Ce nom signifie proprement deux As et demi^ Aujourd'hui il en vaut quatre, car sa valeur a toujours été moitié de celle du Quinaire. Sa marque est aussi tout-à-fait arbitraire. Celui-ci a pour ftice un guerrier coiffé d'un casque ailé, et pour revers les Dioscures. Derrière la tète du guerrier sont les initiales HS employées pour écrire en abrégé le mot Sesterce^. Quelquefois c'est la lettre V, signe numéral du Quinaire ''.
A propos de Sesterce, en latin Sestertius, je dois dire qu'il y aussi une monnaie de compte ou fictive, à laquelle les Romains donnent le nom de Sestertium, et qui vaut mille sesterces réels monayés ^
Il y a encore dans la monnaie d'argent des Bigats, des Quadrigats et des Victoriats. Ces monnaies empruntent leur nom de ce que Tune de leurs foces est marquée d'un bige, d'un quadrige, ou d'une ligure de victoire. Ce sont encore des deniers.
Voici un Bigal fort ancien, et assez curieux en ce qu'il remonte à répofjue de l'aKération du Denier, qui eut litni pendant la première guerre Punique ' : au lieu du signe X , ordinairement atïecté à cette
' Tliesaur. Morell. — Vaillant, famil. rom. passim. = * Thesaur. Morell. faniil. Julia, lai). T, noa.— 3 riin. XXXUI, 3. =* Thrsaur. Moreil. famil. Egnaluleia. — Vaillant. //'/(/. Egnaluleia. = ^ Soslrrlius (Hioil (Inobus semis aildilui... ab semis lerlius sestertiu. (licius. Vair. L. L. V, JS 175. — IMin. Ihid. = « Thesaur. Moiell. famil. Sepullia, A ; Incerla, lab. 4, G. =r 7 Ihid. Inrcila, lab. k, I), K, F. — Anion. Angnsl. Dialog. 1. liOle 8,= spijn. XXXm, lO.-Hor. 1, S. 3, v. 15, elc. = « l'iin. Ibid. 5.
pièce \ il porte, derrière la tête, le nombre XVI, nouvelle valeur du Denier. Il en existe peu de ce genre ^ Celui-ci a été fabriqué par Lucius Atilius, de la famille de l'illustre Regulus. Ses initiales se lisent sous les pieds des chevaux ^
Le Quadrigat que je donne ici a ^ /^^k"'*^'^^%\ ^'^^ frappé par le triumvir Aquil- \lius, ainsi que l'indique la légende 'inscrite autour de la tête, qui est celle d'Auguste. Le revers est symbolique : les Parthes avaient restitué les enseignes perdues par Crassus ; alors un sénatus-consulte décerna les honneurs du triomphe à l'Empereur. Le prince eut le bons sens de refuser : de là le char vide. La fleur [flos] qu'on voit dessus est l'emblème du nom de Florus, que portait aussi Aquillius \
Les Victor iats ne sont que des Bigats ou des Quadrigats dont le char est conduit par une Victoire ^ Cette monnaie fut d'abord fabriquée en Illyrie ; elle n'avait pas cours à Rome , où elle n'était reçue que comme marchandise ®.
Quand on commença à fabriquer de la monnaie d'argent, on créa de petites pièces valant un dixième, un vingtième, et un quarantième de denier ; on appela la première Libella, la seconde Sembella, et la troisième Teruncius, parce que l'une valait une livre d'airain, l'autre une demi-livre , la dernière un quart dehvre"'. Mais depuis longtemps ces divisions de la monnaie d'argent ne sont plus en usage ; dans toutes les transactions , dans tous les comptes , on ne se sert que du Denier, du Quinaire, du Sesterce, et principalement du Sesterce, soit parce que c'est la monnaie la plus répandue, soit parce que l'esprit toujours un peu exagérateur du peuple trouve préférable d'employer dans les énonciations cette monnaie qui, en raison de sa petite valeur, donne toujours des nombres considérables , même pour des sommes assez modiques.
Monnaie d'or. — Aureus. Cette pièce, qui emprunte son nom à sa matière, est la seule monnaie d'or. Elle vaut vingt-cinq Deniers*.
1 Thesaur. Morell. famil. Claudia, lab. I, et passim ; Cornelia. lab. 5, n» 5. = 2 Ibid. famil. Atilia, n" 7; Tilinia, n" I ; Valeria, lab. 2, n» 1. — VaillanI, fauiil. loiii. Atilia, 12 ; Tilinia, 1 ; Valeria, U. = 3 Thesaur. Morell. famil. Alilia, n» 7. = * Ibid. famil. Aqiiilia, u° 7 ; Numisniat. Xlt, imp. rom. Nuni. .Vu;;, lab. XIN, n" 57. — VaillanI, Jbid. Aquilia, 8. = ^ Thesaur. Morell. passim. ; Nummi consul, passim. = 6 Plin. XXXIH, 3. =■? Varr. L. L. V, § 174. = ^ Lelronne, Considérai, sur les monnaies grecq. el rom. p. 66, 77, 78.
^^^ ^ ]JAureus, ou, pour parler sans
sur, dicialeur pour la troisième fois. Sur le revers on voit un vase à sacrifice, et le nom du mouélaire L. Plancus, préfet urbaine
Mais venons à ma visite au temple de Junon-Moneta. Je me rendais chez Petillius , le gardien du Capitule^, pour recourir de nouveau à son obligeance, lorsque je le rencontrai dans le clivus Capitolin, au bas des cent Marches. Il venait du Forum par l'Arc de Tibère , et nous montâmes ensemble le clivus. Arrivés dans l'Iniermont, je vis descendre de la Citadelle une troupe de gens vêtus de tuniques sales el déchirées. Leur figiu^e, en harmonie avec leurs vêtements, paraissait couverte d'une teinte fuligineuse : on aurait dit des échappés des enfers , ou tout au moins des antres de Vulcain. D'autres, un peu moins mal vêtus , étaient coiffés du pileus des af- franchis. Un monétaire a eu la fantaisie de représenter
^ ces derniers sur la face d'un sesterce que voici ^. ^Êi.1-' i.- «Sonl-ce là, dis-je en riant à Petillius, les desservants «?^;" / ui .lunon-Moneta? Leur costume et surtout leur mai- ^ greur font un singulier contraste avec les toges blan-
cncs (if \(j.s prêtres, l'embonpoint de vos popes et de vos victimaires. — Ces gens, me répondit-il, quoique attachés au temple de Junon, n'y remplissent aucune fonction sacrée ; ce sont simplement les ouvriers employés au service de l'Officine des monnaies. Tout-àl'heure vous les verrez à l'œuvre. r>
En parlant ainsi nous gravissions l'escalier qui conduit à la Citadelle. Petillius me présenta à l'un des membres du Vigiulivirat , Triumvir monétaire*, ou, comme on dit, Trévirdel'or, de l'airain, de l'argent ^ , puis nous commençâmes notre visite. Ce n'est pas dans le temple même de Junon, mais dans des officines situées derrière le temi)!e , que s'exécutent les travaux de monnayage ^ Ces travaux consistent à épurer les métaux , à les fondre en disques , à
1 Thrsaur. Morell. fumil. Julia, lab. 5, n» 1 ; Munuli.i, ii" I. — Vaillant, famil. loni. Munalia, n" l.^^ Leilie XXV, i. I, p. 461.= ^iiH-saiir. Morell. famil. Slalia, ii"2.= '* Dion. LIV, 2C. =: â Tieviri auro, 3'rc, argonlo. Cic. ICp. raiiiil. VU, 15. = "^ l'ian. cl UcsciiiU. do Rome, n» 62.
les titrer et à les frapper. Nous visitâmes d'abord l'officine desAffineuî's^ pour l'or et pour l'argent. Ils épurent ces métaux en les mettant en fusion avec une certaine partie de plomb , dans un vase de terre cuite ^ soigneusement fermé et luté. Le tout est soumis pendant cinq jours et cinq nuits au feu très-actif d'un fourneau. Le lendemain du cinquième jour, quand tout est refroidi, on ne trouve plus dans le vase, suivant la matière sur laquelle on a opéré, que de l'argent ou de l'or pur, et qui a peu perdu de son poids primitif*. Le plomb a la propriété de se vitrifier et de vitrifier en même temps tous les métaux imparfaits avec lesquels il se trouve exposé à l'action du feu. Dans cet état, il s'échappe à travers les pores du vase , où il ne reste plus alors qu'un métal sans alliage*.
L'or s'afline aussi avec le vif-argent*, avec l'alun^; mais je ne comprends pas assez bien ce procédé pour te l'expliquer.
L'or s'emploie pur pour la monnaie ^; il n'en est pas de même pour l'argent : les monnaies de ce dernier métal, et particulièrement les Deniers fabriqués sous la république, jusqu'au temps de Sylla , sont mélangés de beaucoup d'alliage, et dans des proportions trèsvariables'' *. Leur titre varie tellement', que les changeurs , les banquiers, les prêteurs, en un mot tous les gens de finances, ont inventé plusieurs moyens pour découvrir le plus ou moins d'alliage de ces pièces; ils les frottent, puis les flairent, parce qu'un alliage où l'airain domine exhale une odeur particulière quand il est échaufté par le frottement; ils les tâtent, les font sonner en les jetant à plusieurs reprises sur leur table , afin de deviner par le tact et i)ar l'ouïe la proportion de l'alliage ^ de voir l'airain à travers l'argent^ *.
Vers le milieu du siècle dernier, un préteur nommé Marins Gratidianus fit un édit pour fixer le titre des monnaies. Cet édit fut accueilli avec tant de faveur, que le peuple éleva à Marins des statues dans tous les quartiers de la ville *".
De l'officine des Alïïneurs nous passâmes dans celle des Fondeurs en moule", où le métal est de nouveau mis en fusion. Là, les monnaies sont coulées dans des moules en terre cuite , avec leur effigie, leur empreinte, et l'on pourrait s'en servir ainsi, s'il ne fallait en-
• Excoclores. Aradem. des Insrript. nouvel série, (. IX, p. 219. ^ "- Plin. XXXIII, o, 6.— Uiod. Sicul. I!l, 14.= » Academ. Ibid. p. 189, 190, 193. — Oiod. Sirul. Ibid.= » IMin. XXXIll, rv2.= s /,/. \XXIV, 31= « Aciuleni. des liiscript. Ibid. p. 188.= " Ibid. p. 197.^ S ittid. p. 197, 198.= 9 N'uniiiinlatiiis, (|iii pciaigeiiUimpps videl. l'elron. 56. = 10 Cic. de Olfie. lU. -20. — V. .Max. IX, -2, 1.— Plin. XXXIll, 9; XXXIV, G.= "Klaloies nu. Ilaliiraiii. (Wiilor. p. 038.— Aeadciii. des liisciipl. Ibid. p. 218, 219.
LETTRE LXXX. 2f.9
oore s'assurer de leur poids '. Ces monnaies fondues ne sont encore pour me servir d'un terme du métier, qu'à l'état de flan.
Ces flans, jetés dans des paniers, sont portés dans une autre salli! où des Essayeurs et des Marqueurs^^ examinent s'ils n'ont pas plus que la quantité d'alliage prescrite par les lois publiques ou les édits des magistrats, les mettent à un poids égal, et rebutent ceux qui sont trop faibles ^
La conversion des flans en monnaies s'opère dans une quatrième officine, aussi bruyante que l'antre des cyclopes. Elle est pleine d'enclumes *, sur chacune desquelles est fixé un morceau d'airain fort dur ^ représentant, en creux , l'empreinte d'une monnaie : c'est ce qu'on appelle une forme. On pose dessus un flan du même type ; on ajuste sur c'e flan une autre forme mobile, sur laquelle on applique un grand coup de marteau , et le flan , comprimé par cette violente percussion , acquiert des reliefs plus purs et une grande dureté *. Quatre ou cinq hommes sont occupés à chaque appareil de frappe; l'un fait chautt'er le flan, et dès qu'il est rouge ^ le porte sur la forme inférieure ; l'autre, le svpposteur \ place vivement dessus la forme supérieure; un troisième frappe, c'est le mallealeur ^ ; un quatrième dégage la pièce, tout cela en beaucoup moins de temps qu'il ne m'en faut pour le dire ^ *. Cette célérité obligée fait que la marque n'est pas toujours parfaiteitient au milieu du flan •**,
Notre dernière visite fut pour l'ofticine des Graveurs ", chargés de fabriquer les formes. Ils les sculptent à l'aide d'une petite mécanique fort ingénieuse agissant sur un outil tranchant qu'ils promènent suivant les linéaments d'un modèle en relief placé vis-à-vis du type qu'ils veulent creuser *. Les formes servent aussi à modeler les moules des flans *.
« Il n'y a plus qu'une chose que je ne conçois pas, dis-je à Petillius en sortant du temple de Junon-Moneta, c'est que dans votre société rapace il se trouve des gens qui manient toute la journée de l'argent
1 Academ, des Inscript, l. Ul, p. 218; Nouvel, série, t. IX, p. 201, 207. — Colonia, Hist. de Lyon, c. 2. — Erkhei, Uoctr. num. prolog. c. XI. = "^ Exactores et signalores. Gniter. p. 1066, 1070. — Orelli, Iriscripl. ial. n" 3229. = •' Conjeclure.= * Academ. des Inscript, nouvel, série, t. IX, p. 202. — Tliesaur. Moreil. famil. Annia, 5; Apronia, 1, 2, 3; Betiliana, 1; Li\inc'ia, lab. Il, U ; Nic\ia, 5; l'.ubellia ; Silia, 1, 3; Staliiia, 3; Valeria, lab. II, 5, 5. = '■> Academ. des Inscripl. Il/id. p. 201, 202, 20-4, 207. = e Ihid. p. 201, 202, 206, 2U, 213. = ^ Suppostor. p. Ilricl. 218. — C.rutcr. p. 1066, 1070. - Orelli, Ibid. = » iMallealor. Gruler. — Orelli, Jbid. = 9 Academ. des Inseript. Ibid. p. 213.= 10 Conjecture. V. lesfig. ci-dessus, p. 263 el suiv. — n Scalplores. Ibid. p, 218.— Orelli, Ibid. n°^ 2457, -4276.
et (le l'or , et qui n'en dérobent pas une partie. Ces vols sont difficiles, je le sais, mais la cupidité est si ingénieuse ! — Nous avons un secret pour la combattre, me répondit-il; d'abord c'est la surveillance : dans chaque officine il va un chef, optio \ qui inspecte les travaux et se fait rendre compte de l'emploi des matières confiées à la fabrication ; ensuite tous les hommes employés ici sont réunis en un collège qui, depuis des siècles est chargé seul de fabriquer la monnaie. Ils forment dans Rome une famille monétaire ^; car, afin que les traditions de probité ne s'altèrent pas en eux, non-seulement ils ne peuvent exercer un autre métier *, mais encore il leur est interdit de s'allier avec d'autres familles que celles de leur collège *. Enfin, pour surcroît de précaution, comme ce collège contient des affranchis et des esclaves ^ et que les premiers ont ordinairement une supériorité morale sur les seconds , c'est à eux que Ton confie les fonctions dans lesquelles la probité pourrait être exposée à plus de tentations; ainsi les signateurs, desquels dépend la pureté de la monnaie, et les supposteurs, qui pourraient substituer quelquefois de mauvais flans aux bons, sont habituellement des affranchis ®. — Cette organisation me semble habilement calculée, repartis-je, mais convenez qu'il doit paraître un peu singulier aux barbares que vous ayez été obligés de mettre la probité en collège, et de la séquestrer, pour ainsi dire, du reste de la société, afin de Tempêcher de se corrompre. »
1 Grutcr. p. 74, 1066. — Oielli, Tn<riipt. lai. n»5229.— .Vradi-ni. des Inscripl. nouv. série. I.IX, p. 218. = 2 Oflirinalores et nummulari officinarum argenlariaiiim familiiP moiu'tari. Gruter. p. 45. — » Cod. Theod. leg. 13, \1, lit. 7, leg. 1. =; * Ibid. leg. 7, g 2. == Gruter. p. 45. 74, 1070. =6 Acadeni. des Tiisrript. Ibid.
Section I. Des diverses sortes de Villas. — Les Romains aiment beaucoup la campagne ; j'ai déjà parlé de leurs eft'orls pour en trans porter le simulacre dans les faubourgs et jusqu'au milieu de la ville* : mais ces établissements, partage de quelques riches privilégiés, ne pouvaient sullire au grand nombre ; on a donc imaginé d'avoir, presque aux portes de Rome, des séjours de plaisance ^, où, après l'heure des affaires, on va se délasser sans rien perdre de la journée ^. Ces séjours s'appellent suburbains '* ou petits champs suburbains ^. Les riches possèdent les premiers; les seconds appartiennent aux gens d'une condition médiocre, qui ne se privent pas néanmoins d'y recevoir leurs amis, et les invitent modestement à venir y manger une salade et des pommes ^
Reaucoup de riches , outre les suburbains , ont encore, dans les provinces voisines de Rome, et principalement dans leLatiumJa Sabine et la Campanie, d'autres propriétés champêtres plus considérables, dans lesquelles ils vont passer la belle saison. Les émigrations ne commencent généralement qu'au solstice d'été, vers la fin de juin '', quand le printemps est broyé, pour ainsi dire, sous la chaleur *. Alors le séjour de la ville devient pernicieux, car il y règne des fièvres mortelles'. C'est un des inconvénients de la situation de Rome qui, bien que bâtie dans un lieu saint, confine néanmoins à des contrées pestilentielles"^, surtout du côté du midi. Tibur ", Albe'S Tusculum '^ Antium '*, Formies'% Arpinum *^ Préneste*",
1 Lettre XXXIII. t. Il, p. 114. =2 Vair. R. R. III, 2. — Cic. de Orat. H, 68.= s Plin. ]|, Ep. 17. = * Suburbana. Cic. ad Altic. IV, 2. — Suet. Auj,'. 6 ; Xer. 48. — C. Xep. Allie. 14. = 5 k;ui) u be rusculi. A. Gell. XIX, 9. = 6 Ibid. 7. = ' Le 27 juin. Plin. XVIII, 23, 28. — Mari. I\ , 0.— Slal. Sylv. IV, 4, v. 12.= 8 Ver proteiil œstas. Hor. IV, od. 7. V. 9.= 9 Hor. I. Ep. 7, v. 2 et seqq. = 10 Cic. de Repub, II, 6.— iit.-Liv. VII, 58. = 11 Hor. I. od. 7 ; II, rd. 6. — Plin. V, Ep. 6. — Mait. X, 30. elc. = '2 Plut. Cic. 31 ; Sulla, 31. = i» Cic. ad Altic. I, 4, .">, 6 ; IV, 2 ; Vil, 7 ; de Legib. III, 13 ; de Oral. I, 7; II, 3. — Plin. XXXV, U ; XXXVI, 13. — Plin. V, Ep. 6.— Plut. Lucull. 39.= l'» Cic. ad Atlic. IV, 4. = 15 Ibid. 2; XIV, 13. — Flor. I, 16. =1" Cic. IbiJ. Il, 11 ; ad Q. Frai. III, 1 ; de Legib. I, 5 ; II, 1. 2, I. - V. Max. II, 2, 3. = 17 .Suel. Aug. 72. — Plin. V. Ep. 6.— Flor. I. U.
(^aiète ^ et Astiira ^ dans le Latium ; Réale ^ et Nomentum *, dans la Sabine; Cumes ^ Misènes ^ Baies \ Pntéoles ', Pompeia^ dans la Campanie, sont les principaux endroits où l'on trouve ces séjours de plaisance abusivement appelés Villas. Tu remarqueras que toutes ces villes, ou plutôt ces contrées sont ou sur des montagnes, ou baignées par la mer; c'est qu'il n'y a que Là qu'on trouve vraiment de la fraîcheur dans ce climat étouffant.
On donnait autrefois le nom de Villa à des fonds de terre dont on tirait un revenu, soit en les cultivant, soit en y élevant différentes espèces d'animaux '°. Les maisons de plaisance dont je parle n'ont exactement de Villa que le nom, car on n'y trouve ni culture, ni prairies, ni bestiaux", et l'on ne peut pas même en dire ce que disait Caton le censeur des Villas, où l'étendue de la maison était en disproportion avec celle des terres, qu'il y a plus à balayer qu'à labourer *^ Ces séjours, dont cependant la grandeur surpasse souvent celle des vraies Villas**, sont bâtis, décorés, meublés avec tout le luxe, toute la magnificence, toute la recherche des plus belles maisons de Rome'*. Les statues, les tableaux, les marbres précieux, les lambris dorés, les superbes tapis s'y trouvent à profusion '^
Les riches voluptueux ont une Villa dans chacun des cantons les plus renommés, et passent de l'une à l'autre, pour varier leurs plaisirs et suivre les saisons '*. Quand la distance se trouve trop considérable pour être parcourue en un jour, ils s'arrêtent dans des diversoria ou diversoriola, espèce de petites auberges privées qu'ils se construisent sur le chemin de leurs Villas '^ pour être plus libres et ne point se trouver à charge à un hôte'*.
Leurs Villas, leurs maisons de campagne proprement dites, ont, en général, un caractère de grandeur qui annonce à la fois l'opulence et la puissance : elles se composent ordinairement de portiques en colonnades, de galeries à plusieurs étages, avec beaucoup de chambres ; ce sont des habitations spacieuses, bien aérées, élevées de manière à pouvoir faire jouir de la vue la plus étendue et la plus
« Plut. Cir. 47. = 2 fbid. —Cic. ad Altio. XII, iO ; F.p. famil. VI. 19. = 3 Varr. U. R. m, 2. — <► C. Nep. Altic. U. = s cip. ad Q. Frai. U, 14. — Appian. de Bell. civ. I, p. 692. = c phsed. Il, 2. = ■? Cic. ad Allie. II, 16.— Senee. Ep. 51. — Plut. Mar. 54. 8 Plin. XXXT, 2. =9 Cic. Ibid. XV, 13. = »» Varr. H. K. 111. 1, 2.= i' Varr. Ibid. — Plin. XVllI, 6. — Plin. V, Kp. 6 = '2 Plin. XVIll. 6.— Plut. M. Cato. 4.= <» Vair. K.U. 1, 15.= 1* Ibid. III, 1, 2. — Hor. II, od. 15.— Cic. de Legib. II, 1; de Offic. I, 39.— Plut. Lurull. 39. — Fesl. v. Pa\inienta. — Strab. V. p. 223; ou l.-;8. If. fr. = <» Cic. Parad. 6. 5; de Lcfiib. Itl, 13. — Sali. Ep. ad Cxs. II. 8.= '« Plut. Lucull. 59. = ^^ Cic. ad Allie. XIV. 8 ; Ep. famil. VI, 19. — i" M. Ep. famil. VII. 23.