DES LIVRES
Les Recitations, dont je te parlais dernièrement, ne sont qu'une préparation à la publicité. La publicité ne devient possible et réelle que par la transcription de l'ouvrage en un grand nombre de copies destinées à être vendues. Tu vas trouver singulier, peut-être, un conmierce sur la pensée écrite ; tu le comprendras néanmoins en réfléchissant que dans toute société, dès qu'il y a besoin pour une chose quelconque, cette chose devient naturellement objet de trafic. C'est là le cas, à Rome, des œuvres de Tesprit, dont beaucoup de gens font leur amusement ou leur occupation.
L'avant-publicité domestique de la Récitation n'est jamais essayée que par les auteurs eux-mêmes ; mais pour celle par la transcription et ])ar la vente, il y a des intermédiaires presque forcés qu'on appelle libraires *. Ce sont des négociants auxquels les littérateurs offrent gratuitement leurs ouvrages, à charge d'en faire faire et d'en répandre des copies. Si l'auteur a de la réputation, c'est le libraire qui vient solliciter de lui le don de son œuvre ^
La fabrication et le commerce des livres n'est pas une ^industrie entièrement nouvelle ; on la connaissait déjà dans le siècle dernier*, seulement elle était beaucoup moins développée qu'aujourd'hui. Alors les personnes riches faisaient elles-mêmes transcrire par leurs esclaves les ouvrages qu'elles voulaient avoir, ceux principalement qui exigeaient de la correction '*. Grâce à fextension du commerce de librairie, les productions de l'esprit humain se trouvent maintenant à la portée de beaucoup plus de monde, et les gens studieux, peu favorisés de la Fortune, ne sont plus obligés, comme jadis, d'emprunter à leurs amis des ouvrages que ceux-ci ou les auteurs euxmêmes avaient fait copier par leurs propres esclaves ^
Rome a beaucoup de libraires. Comme tous les marchands en détail, ils demeurent dans des tavernes bien exposées à la vue du
' Hor. Art. pool. v. 3i3. — Scncc. do Rcncf. VU, 6. — Mari. H, 8. = * Uuinl. Inslil. oral. Tryplioni, c( 1, proœin. — (;oraud, Kssai surli'sliv. dans ranliquilc r. t», p. 196- 199. ^ 3 cic l'hilipp. M, 9.= 4 /(/. ad Q. frai. IH, 5. =s /rf. ad Allie. XUI, 21, 22.
LfclilUE LXXXIX. ill
public. Elles sont du nombre de celles qui avoisinent et cernent presque le Forum', ainsi que je l'ai dit ailleurs (") : il y en a à Torient de cette place, dans la voie Sacrée - C") ; il y en a à l'occident, dans Argilète^ et Sigillaria'', derrière le temple, \ Area et l'Autel de Saturne ('), au pied du mont Gapitolin ; enfin, il y en a encore au midi, près du temple de Vertunme ^ derrière le temple du divin Jidesf''). Leur décoration et leur étalage les font aisément reconnaître : d'abord sur les piliers des portes son écrits les noms de tous les auteurs dont les ouvrages se vendent dans la librairie *, et les titres de ces ouvrages''. Ensuite la devanture est garnie d'une multitude de livres* roulés, liés en faisceaux', ou rangés debout dans des cotirets cylindriques appelés scrinia^'*, ou foruli^^, parce que leur orifice est fermé par une planchette percée de trous ronds dans chacun desquels on place un volume roulé *. Ces coffres sont entourés d'une lanière qui sert à les porter, et de plus munis d'un couvercle détaché '^ qui quelquefois se ferme avec une serrure '^.
A l'intérieur, les murs de la taverne sont couverts de petits compartiments carrés dans lesquels les volumes se trouvent enfoncés horizontalement, de manière qu'on ne voit qu'un de leurs bouts. Les Itomains, dont le langage est toujours pittoresque, appellent ces petites loges des n?V/s'*, de ce que, par leur position et leur forme, ils ressemblent un peu aux trous laissés quelquefois sur la paroi des murs pour y fixer les échafauds de construction, et dans lesquels les oiseaux viennent nicher*.
Les libraires sont en général des gens peu éclairés et peu instruits '^ ; néanmoins les tavernes de librairie '^ou simplement les librairies, comme on lesappelle*^ sont le rendez-vous desamateurs de littérature, des littérateurs et de ceux qui recherchent leur société '*. Je me trouvai dernièrement avec Crémutius Cordus dans une des plus fameuses librairies du viens Janus '^ et même de Rome,
» Cic. Philipp. n, 9. = 2 Mart. XU, 2. = ' Id. I, 4, 118. = '• A. Gell. V, 4. = 5 llor. I, Ep. 20, V. 1. = 6 Sciiplis postibus liinc et iiiile totis. .Mari. I, 118. =' Plin. V, 11.=* Hor. I, S. i, V. 71. — A. nel!. V, 4. = ' Kasocs librorum \cnalium cxpositos. A. Gell. IX, 4. = "* Caylus, Anliquit. IV, pi. 20. — Calul. 14, v. 17. — 0\. ïrist. I, 1, V. 106.— Mart. I, 5 ; IV, 55 ; VI, 64. = " Suel. Aug. 31. — Juv. S. .i, v. 219.— Srhol. in Jiiv. loc. cit. = '^ Peint. (i'Ilcrculan. t. Il, pi. 7 ; I. V, pi. 145. — Spoii. Misrcll. p. 216. = '^ Peint, d'Ilerculan. l. Il, pi. 2. — Spon. Ibid. — Moiilfauc. Anliij. expl. t. III, pi. 6, 7.= '* Nidi. Mari. I, 118.= ''> Lunan. Ad>crs. indoclum 16. = "î Taberna libraria. Cir. Philipp. Il, 9. = ^ Libraria A. <;ell. V, 4; XIII, 30.= i» Calul. 52, V. 4, l'd. Vossius. — A. Gell. Ibid. — ''■> llor. I, Ep. 20, v. 1. i") Lettre XIV, i. I, p. 349. ('') IMan et Di'srript. de Uoinc, n" 24. (') Ibid. n"^ 95, 88, 90. i'') Ibid. no» 114, 116.
celle des frères Sosies, libraires du poëte Horace *. H y avait nombreuse réunion. Au moment de notre arrivée, on se pressait autour de deux personnes, dont l'une était Antistius Labéon, le jurisconsulte, et l'autre une espèce de philosophe, ou plutôt de faux philosophe, qui se piquait de connaître seul à fond l'esprit des écrits de Salluste, mais qui, comme on dit, ne les avait guère goûtés que du bout des lèvres^.
Labéon, pour le tourner en ridicule, affectant un ton d'ignorance et de simplicité : « Vous prétendez, lui dit-il, que vous êtes seul ca- « pable d'expliquer le texte de Salluste ; que, sans vous arrêter à la « superficie, à l'épiderme de cet auteur (ce sont, je crois, vos exce pressions) vous avez le secret et le talent de l'approfondir, de pé- « nétrer la substance même et jusqu'à la moelle de sa diction. Quel « bonheur pour moi, ô maître excellent ! de rencontrer un homme « qui a pénétré jusqu'à la substance et à la moelle du style de Sal- « luste ! L'autre jour on me demandait ce que signifient deux ex- « pressions de ce passage du quatrième livre des Histoires : On doute « si On. Lentulus, de race patricienne, collègue de celui qui fut « surnommé Claudianus , était plus sot que vain. On voulait « savoir quelle différence fauteur établit entre ces deux expres- « sions, et j'avoue que je ne pus venir à bout de f expliquer. « Elles ne sont certainement pas synonymes dans fidée de Sal- « luste, qui non-seulement les distingue comme désignant deux « vices particuliers, mais qui parait même les opposer l'une à « l'autre. Enseignez-m'en donc, je vous prie, la signification et l'o- « rigine. »
Alors le prétendu savant, souriant de pitié: «J'explique, répondit- « il, les mots anciens et tombés en désuétude ; j'en pénètre la moelle « et la substance ; mais je ne m'occupe point des expressions vul- « gaires qui traînent partout. Il faudrait être plus sot que Cn. Len- « tulus lui-même pour ignorer que sottise et vanité sont absolii- « ment la même chose. » — H veut s'éloigner après avoir ainsi parlé. On l'arrête, et Labéon le prie de vouloir bien descendre un instant des hauteurs de son intelligence, pour lui donner l'explication qu'il désirait*. Alors notre philosophe, éludant la question, se mit à parler d'un autre sujet, et se vanta, avec la même outrecuidance, d'être le
' Hor. I, Ep. 20, V. l ; Ail. poct. \. 5(5. = - rriinis, iil diritui, l.ibris jiuslayse. Cic. de Xat. dcor. 1, 8. = 3 A. Gdl. Wlll, i.
seul sous le ciel qui put expliquer les satires cyniques ou ménippées (lu célèbre Varron.
Là-dessus, pour étourdir son auditoire, il récite quelques passages très-faciles, mais que, suivant lui, personne ne pouvait espérer d'entendre. Quelqu'un prit ce livre dans un des nids de la librairie, et après en avoir lu un passage à haute voix, s' adressant au savant : « Maître, lui dit-il, vous connaissez sans doute le vieux « pro^•erl)e grec : Qu'est-ce qu'une musique qui ne se fait pas en- « tendre? Usez donc, je vous prie, ce petit nombre de vers, et <( veuillez m' expliquer le sens de ce proverbe que vous y trouverez. « — Lisez-moi plutôt vous-même ce que vous n'entendez pas, ré- (( pliqua l'illustre, et je vous l'expliquerai. — Comment puis-je lire « ce que je ne comprends point? reprit le questionneur; je vais « couper toutes les périodes, mêler toutes les constructions, et vous « empêcher vous-même de comprendre. »
Ce commencement de conversation ayant augmenté la foule autour des deux interlocuteurs, et les auditeurs approuvant le raisonnemont du premier, enjoignant leurs instances aux siennes, le philosophe ne put reculer. Il prit donc le livre et commença à lire. Là échoua son intrépide confiance, que remplaça l'air le plus triste et le plus déconcerté. Des enfants, encore aux éléments de la langue, eussent lu d'une manière beaucoup moins ridicule, tant ce malheureux hachait les phrases, estropiait les mots, et mettait de barbarie dans la prononciation !
Enlin, déconcerté parles rires de ceux qui l'écoulaient, il rendit le livre en disant : « Ne voyez-vous pas combien je souffre de la « vue? L'assiduité de mes travaux et la multitude de mes élucubra- « lions me l'ont perdue presque entièrement, .le distingue à peine « la forme dos lettres ; mais dès que mes yeux seront guéris, venez <( me trouver; alors je lirai votre livre d'un bout à l'autre. — Maître, « repartit son interlocuteur, ((ue le ciel soulage vos yeux! Mais « voici une question pour laquelle ils ne vous sont point néces- « saires : dites-nous, je vous prie, ce que l'auteur entend par ces « mots : un repus canin, qui se trouvent dans le morceau que vous « venez de lire?»
L'insigne impudent, plus embarrassé que jamais de cette dernière question , répondit : « Ce que vous me demandez là n'est « pas peu de chose, et je ne révèle pas gratis de tels secrets. » Puis il se lève et sort brusquemenl. Ln (piestion était, au fait, im peu
embarrassante, et de toute la société il ne se trouva que Labéon qui pût expliquer que cette bizarre expression signifie un repas où l'on ne boit pas devint
Pendant ces conversations, l'un des frères Sosies, retenu depuis quoique temps devant Voculifère-, f étalage de sa taverne, par un amateur qui lui marchandait les Annales de Fabius, et les examinait avec un grammairien qu'il avait amené exprès pour juger de la correction du livre ^ rentra enfin, et Crémutius saisit cet instant pour me présenter à lui. Après les politesses d'usage, mon ami voyant que je prenais peu d'intérêt aux discussions littéraires dont on s'occupait, pria Sosie de nous conduire dans ses officines'', qui sont les endroits où Ton travaille à la confection matérielle des livres.
Nous entrâmes d'abord dans un magasin', où Ton me montra des provisions de feuilles pour écrire les livres; c'étaient des pellicuies végétales nommées Cartes, et des membranes animales appelées Pergamins. Je ne manquai pas, comme tu penses bien, de faire sur ces matières premières de la librairie beaucoup de questions, et voici, eu résumé, les réponses que j'ai recueillies.
La Carte^ est tirée du papyrus, roseau qui croît dans les marais de l'Egypte, ou dans certains creux, qui n'ont pas plus de deux coudées (") de profondeur, et demeurent pleins d'eau lorsque le Nil se retire, après ses inondations''. Les parties basses du Délia produisent beaucoup de papyrus*. La tige de cette plante est triangulaire, ne s'élève pas à plus de dix coudées C"), va en diminuant jusquà l'extrémité, où elle jette un bouquet semblable à celui d'un tliyrse, mais qui ne contient point de graine ^.
Voici comment on convertit cette plante en Carte : on drro;:li' pour ainsi dire sa tige en divisant avec une aiguille les diverses pellicules dont elle se compose. On les détache aussi minces et aussi larges que possible. Les meilleures sont celles du cœur, puis successivement celles qui s'en éloignent le moins. De ces bandes on fait comme un tissu à plat : on les mouille d'eau du Nil chargée de limon qui tient lieu de colle, on les étend à l'envers et côte à cùle, sur une table inclinée qui a toul(; la longueur des tiges, dont on a retranché les deux extrémités. Sur ces feuilles on pose une autre
• A. Coll. Xill, 30. = 2 Leltro XIV, t. 1, p. 3o0, = 3 A. Goli. V, V. = ♦ Plin. WUI. 10. = 5 ApotliPry. = 6 ciiarla. = "? l'iin. Xlll, 13. = » Sliab. XVII, p. 800 ; ou S."..".. Ir. IV.^ « Pljii. \U1, 11.— Slial). Ibid. ; ou 354, Ir. fr. (<•) 926 millim. iM t m.Mr. 6St>.
«'oudiP (le feuilles en travers, on met le tout en presse, et Ton {"ait ensuite sécher au soleil.
Mais cette préparation ne suftit pas pour rendre la Carte propre à recevoir l'écriture; il faut encore que les feuilles aient subi l'encollage, enduit très-léger qui les empêche d'être spongieuses. On se sert pour cela d'une colle composée de fleur de farine bouillie dans de Teau, avec quelques gouttes de vinaigre. Quelquefois on y mêle de la colle-forte ou de la gomme; mais'ces matières rendent la Carte cassante. La meilleure colle est celle de mie de pain fermenlée, détrempée dans de l'eau bouillante, et passée à la chausse. La Carte est encollée une première fois, battue ensuite au marteau, encollée une seconde fois, remise en presse, et battue de nouveau '.
Souvent on lui donne un dernier apprêt en la polissant avec une dent d'animal, ou une coquille'^ de mer ^ Elle acquiert plus d'éclat, mais elle prend moins bien ïalrament, liqueur noire avec laquelle on écrit*.
La Carte se fabrique en Egypte, et particulièrement dans la ville d'Alexandrie ^ On en compte huit espèces, nommées : \ Angustale, la Livienne, la Hiératique, la Fannienne, X Amphitkéâtrique, la Sa'Uiqne, la Lénéotique et Y Emporétique. Je les ai nommées dans l'ordre de leur qualité respective.
L'Augustalepovte le nom du divin Auguste. C'est tout simplement de la carie Hiératique, c'est-à-dire sur laquelle on écrivit d'abord des livres sacrés, et que l'on rend d'une blancheur et d'une fmesse extrêmes en la lavant.
]^a Lirienne est ainsi nommée de la princesse Livie; la Fannienne, d'un fabricant du nom de Fannius, qui l'a perfectionnée en l'amincissant, car ce n'est que de l'Amphilhéàtrique. L'Amphithèâtrique emprunte son nom au quartier d'Alexandrie où on la fabri(iuc; la Lénéotique de même; \siSaïtique, de Sais, ville où le papyrus croît en abondance ; et \ Emporétique, de sa qualité, qui la rend tout-à-fait impropre à l'écriture, et bonne uniquement pour emballer les autres cartes, ou envelopper des marchandises ®.
La Carte est estimée suivant sa fmesse, sa densité, sa blancheur, son poli et ses dimensions prises sur la largeur ^ lesquelles diffèrent beaucoup : il y a d'abord la Macrocole ou grande membrane, la
1 Plin. XIU, 12. = 2 ibid. — Dentala cliarla. Cic. ad Q. frat. II, 15. =» Mart. XIV, 209. = * l'iiii. Ibid. —5 Vnpisr. Saltirn. R. = « Vtin. Ibid. — Isid. Orig. VI, 9. = T Plin. Ihi.l.
plus grande de toutes' : elle a treize doigts de large (") ; \ Hiératique ou Augustaîe en en a deux de moins; la Fannienne en a dix (*); V Amphithéâtrique, neuf (''); la Saïtique moins encore; de plus, elle casse sous le marteau; YEmporétique, la plus étroite de toutes, n'excède pas six doigts * {^).
Mais une matière qui vaut mieux que la Carte, et que l'on emploie pour la transcription des meilleurs ouvrages ^ c'est le Pergamin. On le découvrit, ou plutôt on l'inventa il y a plus de deux siècles et demi ("^j. Voici à quelle occasion* : Eumènes, roi de Pergame C), voulant rivaliser, pour l'établissement de bibliothèques publiques, avec Ptolémée, roi d'Egypte ^, qui avait réuni dans Alexandrie une bibliothèque® composée de la quantité énorme de sept cent mille volumes ^ *, ce dernier, afin d'empêcher son rival de l'emporter sur lui, défendit l'exportation du papyrus. Privés de cette matière, les Pergaméniens imaginèrent de la remplacer par des peaux de brebis® préparées d'une façon particulière, grattées ensuite avec un fer tranchant, et polies à la pierre ponce^. Ces peaux furent appelées, du nom du pays, membranes ou cartes de Pergame^^, ou Pergamins. Elles sont naturellement jaunâtres ; on leur fait subir à Rome un nouvel apprêt qui les rend blanches, mais cette blancheur fatigue la vue du lecteur, inconvénient que n'a pas le jaune ".
Voici maintenant un peu de science historique sur la Carte de papyrus. Cela ne t'intéressera peut-être guère, mais ces renseignements sont courts, et tiennent de trop près à mon sujet pour que je les omette. Un vieil annaliste, Cassius Hémina, assigne une trèshaute antiquité à la découverte du papyrus employé en Carte''; Varron, le plus savant des Romains, et contemporain de César, la rapporte seulement au temps de la conquête de l'Egypte par Alexandre-le-Grand, et de la fondation d'Alexandrie (»). Jadis, ajoute-t-il, on écrivait sur des feuilles de palmier '^ ; on prit ensuite l'écorce intérieure de certains arbres'*, tels que le tilleul, par exemple '*, et
< Cic. ad Atlic. XUI, 25 ; XVI, 5. = 2 Plin. XUI, 12. = » Mail. XIV, 184, 186, 188, 190, 192.= *I'lin. XUI, 11. — Lyd. de Mens. I, 2i. = s Pliii. Ibid. — Wlrin. VU, prœf. = 6 Senec de Tranquill. animi, 9. — Dion. XLII, 58. — Gros. VI, 15. =" Senee.— Gros. lbid. — \. Gell. VI, 17.— Amm. Maiccll. XXU, IG. = » l>lin. Ibid.=^ Rasorium. Scinvaiz, de Oinament. libr. .Vj). vel. Il, 19.= '" Membiana> Pergami. Plin. Ibid. — Charia l'ergamona. Hieron. ad Chromât. Jovin et Kuseb. Rp. 7. = " Isid. Orig. VI, 10.= 2 Pli,,, xiii, 13.= 13 /ivrf. 11. z=r» Ibid. — Di-csl. \X\II, lit). 5, log. 52. = ''«Digest Ibid. {» 247 millimèlr. (b) 190 millimètr. (<■) 17liinillim(Mr. '') 114 milliintHi-. («) Vers l'an 550. Sirab. XIII, p. 624; ou 242, tr. fr. (0 Auj. Pergaino. (yi L'an di,! Rome 424,
c'est du nom de cette écorce, appelée liber, que vint le nom de livre (en latin liber ^). Les actes publics furent gravés sur des lames de plomb qui se roulaient*. On eut ensuite l'idée d'employer pour les livres de la toile de lin' préparée*. J'ai vu au temple de Junon- Moneta des livres de ce genre, qui contiennent la série des magistrats de Rome, et sont, de leur matière, appelés livres lintéens^. Les tablettes enduites de cire, dont j'ai déjà parlé plusieurs fois, ont été inventées pour les affaires privées ^
Du magasin aux papyrus et aux pergamins. Sosie nous introduisit dansl'ofiicine des écrivains-libraires'' , ou simplement des libraires. Ce dernier nom est proprement celui des copistes de livres'; une confusion de termes, une analogie vicieuse , l'a seule fait donner également aux commerçants en librairie*. Les libraires étaient rangés par groupes. Ils écrivaient sur leurs genoux', sans rien copier, mais sous la dictée d'une seule personne qui lisait à haute voix 1 ouvrage en transcription, de sorte que plusieurs exemplaires s'en confectionnaient à la fois '°. Ils se servaient pour écrire d'un calame^^ , l)etit roseau taillé en pointe et fendu par le bout'*, atin que la lirpieur dans laquelle ils le trempaient pour tracer les signes de l'écriture, descendît plus facilement sur la feuille où ils écrivaient, papyrus ou pergamin. Cette liqueur est de l'eau gommée, teintée soit avec de la suie de résine ou de poix brûlée, soit avec de la lie de vin desséchée et cuite '^ Elle emprunte à sa couleur noire le nom ^\'atrament^'', ou celui de sepia^^ à un insecte de mer qui fournit un liquide à peu près semblable '^
L'atrament ou la sepia était contenu dans de petit vases en plomb, de forme cylindrique ou à pans , bas ou un peu hauts , et munis d'une anse sur un de leurs côtés, pour les prendre '"'. Chaque libraire avait auprès de lui un scrinium ou boite renfermant soit des rouleaux de carte '*, soit des membranes de Pergame; un étui plein de
1 P\in. XIII, 15.-1si.l. Orig. VI, 12. = « Plin. Ibid. = 3 jhi,}. — Tit.-Liv. IV, 7, 13, •20. = '' Plin. Ibid. 12. = 5 Linlci libii. Til.-Liv. Ilid. = « Plin. XIII, 11. = ^ Sniploreslibrarii. llor. Ail. poet. v. 554.= " Cir. de I.Pt,'ib. III, 20 ; ad Allie. IV, i ; XIII, 21, 22.— Til.-Liv. XXXVIII, .'i5.— C. Ncp. Allie. 15.— Siict. Domil. 10. — Mari. II, 1, f'tc. = * Schwaiz. de Ornament. lib. ap. vct. Il, li.= "M;onjcrlure.= " Calanius. Hor. Il, S. 3, V. 7 ; H, Kp. 1, V. 113.- riln. XVI, 50. — Frange miser ealamos, vigilaïaque prœlia dele. Juv. S. 7, v. 27.— Mari. XIV, 19. — Pers. S. 3, v. 12. = i^ Anihol. grœe. palat. l. I, n"-* 64, 65, éd. Jar obs. = "3 Vilruv. VII, 10. — Plin. XXXV, 6. = H .\(,;,. inenlum. Plaul. Moslcll. I, 3, v. 105. — llor. Il, Kp. 1, v. 236.— Vilruv. Ibid. = la Plin XXXV, 6. — Pers. S. 3, v. 15. = '« Cie. de N'ai. deor. Il, 50.= i" Pcinl. d'Ilerenlan. Il, 55 : m, 257 ; V, 375. = i» Hor. Il, Kp. 1. v. 113. — Mari. IV. 33.