‹ Rome au siècle d'AugusteChapitre 36 sur 44 · I.ETTUi!: XCIV · texte numérisé non relu

I.ETTUi!: XCIV

souvent rien, .le t'ai déjà dit que les Romains avaient imaginé de subvenir en partie aux dépenses de leurs Jeux au moyen de contributions en argent, levées sur les provinces ' ; eh bien ! ici, fidèles au même principe, ils mettent l'impôt en nature : les gouverneurs des provinces lointaines obligent leurs administrés, je pourrais dire leurs sujets, à l'aire des battues générales fort dangereuses, attendu que ces vrais chasseurs ne peuvent point porter d'armes; il ne leur est permis de se servir que de filets et de claies : le sang des bêtes doit être respecté^. Le produit de ces battues s'expédie soit à Rome ^, soit dans quelque ville de province, où ces animaux sont renfermés dans <los cages*, nourris dans des viviers jusqu'au moment où l'on en a besoin ° pour les repaître de sang humain, aux applaudissements du peuple enthousiasmée C'est ainsi que Ton peut donner aux Romains la satisfaction de voir massacrer, en quelques heures, le produit des recherches de plusieurs mois et de plusieurs provinces ■ dans toutes les parties du monde *.

Il y a des Chasses qui se prolongent quelquefois pendant cinq ^ et six jours'". On en annonce une qui durera sans doute plus longtemps encore, et qui surpassera tout ce que l'on a vu jusqu'à présent de plus extraordinaire en ce genre : plusieurs légions sont commandées pour aller dans les forêts voisines déraciner de trèsgrands arbres, que Ton replantera dans le cirque avec leur feuillage. Cette forêt urbaine sera peuplée de toutes sortes d'animaux et d'oiseaux, que le peuple aura le plaisir de chasser lui-même. Il y aura mille autruches, mille cerfs, mille sangliers, mille daims, chamois, girafes , et autres animaux herbivores. C'est ici le pays des enchantements. Si cette Chasse a lieu, je t'en rendrai compte*.

I Lfttn- XLVUI, I. H, p. 306. = * Claiid. de l.niid. Slilir. lU, v. 270. = 9 Cir. Ep. liiinil. n, 11 ; VUI, 2, 8, 9 ; aà \U\r. VI, 1. — l'iul. Cir. 56. =4 Plut. Brut. 10. = î» l'rocop. de Bell. polt. 1.=; " L'i bilial liiimiiniini, [lopulo plaudenle, cruorcni. Peiron. c. 119, V. 18. =■ Cil-.— l'iut. Ihid. = » Til.-I iv. NLIV, 9. = » Cic. Ep. famil. VII, 1. — Suet. Cœs. 39. — Ulon. X\.N,IX, 38. = '« Sparlian. Uadiian. 7.

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