EXPLICATIONS SUPPLÉMENTAIRES
N. B. Voyez rObservaiion eu tète des Notes du tome I, pa^c 479.
Page 6. Sur le lieu où se célébraient les Noces. En iiidiquanl le Sacrariuw, ce n'est qu'une conjecture à l'appui de laquelle je ne puis citer aucune autorité; j'ai pensé qu'une cérémonie toute religieuse devait se faire dans un lieu saint. Peut-être les citoyens qui n'avaient point de Sucrariuin dans leur maison se transportaient-ils dans un temple public.
Page 7. Quelle main se donnaient les Epoux en se mariant. J'ai indiqué la main droite, d'après divers bas-relieCs où l'on voit que c'est toujours cette main que se donnent hommes et femmes. Yoy. Boissard , Anticj. rom. III pars, tab. 127; V, tab. 36; VI, tab. 29. — Servius (m .Exe/f/. lY, V. 103) dit : « Quid est aliud dexlrœ quam in manuin convenireV » — Il dit ailleurs {in Georg. I, v. 31) : « Veteres nuptiie fiebant... farre cum per Ponti- Hcem Maxiiimm et Dialem Flaminem per fruges et molem salsam conjungebantur, unde Coni'arreatio ap|)ellabatur. » — Bien que Servius dise per l'onlipcem Maximum et Dialem Flaminem, et non pas aut, je crois qu'il ne veut indiquer ici que la présence de l'un ou de l'autre, et non des deux à la fois.
Page 9. Sur la place du Lit nuptial. Je ne \ois pas d'autre manière d'expliquer le hctus adversus des textes, qu'en le plaçant dans le Tablinum, car on ne peut supposer que ce lit nuptial était dressé sous le portique même de l'atrium, sur leciiu'l déi)oucl)e immédiatement le couloir qui vient de la porte de la rue. (Voy. le Plan de la maison de Mamurra, t. I, p. 275.) Peut-être le lit nuptial était-il ensuite perpétuellement conservé dans le Tablinum , sans que pour cela celte pièce servit de cbandjre à coucher ordinaire.
Page 10. Sur les cris talassius et talassio dans la procession nuptiale. Je n'ai trouvé nulle part qu'i/u criât f(//(/s,s/»s au mariage plébéien, et talassio avi mariage patricien; Feslns rapporte que ces deux cris étaient proférés dans les |)rocessions nuptiales, mais il n'indique pas la distinction que je fais ici, et que je crois véritable. En ellét, le même cri ne devait pas être proféré dans les deux mariages, et il était juste que le cri symbole de la violence fiit réservé pourle mariage ])lébéien, et que celui (jui rappelait l'une des principales occupations domestiques des femmes, même dans les grandes maisons, fût celui des mariages patriciens. La ressemblance de talassius et de talassio aura fait confondre ces deux mots.
(hi a dit que le cri du mariage patricien était lnjménée ! Il me semble (jue
âîJ4 ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE.
c'est là une fausse interprétation du refrain de l'épithalame de Mallius, par ("alullc. Ce petit poëme est une imitation du grec, et l'on sait que dans ce cas les poètes latins ne se faisaient aucun scrupule de nieMer les mœurs et les coulumes des Grecs et des Romains. Plutarque, qui connaissait bien les coutumes lomaines, dit positivement {Momul. 15) qii hyménée était une exclamation toute grecque.
Page 11. Sur le inot \jxor. Nous n'avons pas en français de mot qui traduise l'expression uxor, et c'est faute d'autre que je me sers du mot épouse, (|iii ne signifie réellement que fiancée, et dont l'usage seul a détourné la signitication.
Page 11. Si l'époux jelail hd-méme des Noix aux enfants. J'ai adopté cette dernière version d'après l'autorité de Servius; mais Catulle {toc. cit.) fait jeter les noix par un jeune esclave, concubine. Cette question, qui paraît oiseuse, ne l'est pas, au point de vue pittoresque du moins, auquel il faut toujours songer quand on veut faire un tableau fidèle.
Page 1 2. Sur le Coucher des nouveaux époux. Aucun auteur n'indique cette cérémonie du coucher public ; je crois néanmoins qu'on peut la déduire de ce qui précède : en elfet, à quoi eût servi de dresser exlraordinairemenl cl uniquement pour le jour du mariage, le lit nuptial dans la partie publique de la maison, et juste en face de la porte de l'Atrium? Dansnos mœurs modernes, |>our les mariages princiers, dont on a si grand intérêt à constater authenliquement la consommation, il \ a des cérémonies qui ressemblent à celle que j'indique ici par induction. Je citerai encore, à l'appui d'e ma conjecture , le vers suivant de Lucilius, qui me paraît se rapporter à un mariage :
Vos inlerea lumen auferle, alque aulica obducilc.
Llcil. fragin. XXI.V, 42, éd. Corpct. — Non. BIarcell. v. Obducere.
Page 4 3. Sur la Confarréation arec pouvoir du mari sur la femme. Ce que j'en ai dit est puisé dans Gains et dans Ulpien. Denys d'Halicarnasse. que je cite presque au même endroit, ne dit pas que c'était par une convention exju'esse que la feuune confarrée tondjait sous le pouvoir de son mari ; il ajoute au contraire que les elléts de la Confarréation, tels qu'il les décrit, ont existé dès les premiers temps de Rome, ce qui est une erreur évidente. Il ne faut prendre son assertion que connue un témoignage de ce qui existait du temps qu'il était à Rome, c'est-à-dire de Pan 723 à Pan 745 environ. Denys n'avait point étudié Phistoire du droit privé, et il s'en occupait si peu qu'il ne parle ni du mariage par Coemption, ni de celui par Usage, et qu'il dit même que le mariage par Confarréation était indissoluble, ce qui est tout à fait inexact.
Page 1 4. Sur I'vsxge dans la Confarréation. On ne sait pas à quelle époque V Usage fut supprimé pour les fcnunes confarrées : les uns disent que ce fut dans les dernières années de la répubiiiiue ; les autres, sous Auguste ; d'autres, sous Tibère. Ce qu'il y a d'incontestable, c'est que Pou avait vu, dès la tin de la répufjlique, des patriciennes mariées sous le régime du pouvoir marital ; on trouve Porciii Bruli (Lucan. II, v. 343). — Mari. I, 43), Tercntia Ciccronis, Livia Ihitilii, Claudia Atifidii (V. Max. VIII, 13, 6. — Plin. VII, 48). On sait que ce génitif siguilie fille de l'orcia, fille de Brutus, etc.
Page 14. Sur le Mariage plébéien par Usage. Ce que je dis dans mon texte est purement conjectural, mais plus j'y réllécbis, plus je demeure convaincu ipu' V Usage était le mariage du petit peuple. Ou a pu l'imaginer depuis que Marins eut admis les prolétaires dans les armées. Oiiant à faire de V Usage seul un mode de mariage, voici un passage de Servius, (pii appuie celte opinion :
iNOTES. — LETTRE LXII. 525
« Tribus modis apud veteres nuptisc fiebant, xisu, si verbigralia nnilior anno iino cum viro, licot sine legibus, f'iiisspt ; fnrre, cùni per Pontificem Maximum et Dialem Flaminom per fniges et molam salsaiu coiijiingeljaiilur, mule confar- REATio appellabatur, ex (piihiis uuptiis patrinii et m;ilrimi miseebantur ; coemptionc veri) alqiie in manu conventione, einn illa in filia:; Uieum nniritus in palris veniebat. » {in Georg. I, v. 31.) — llemarquons que usas est employé (l'une manière absolue, et sans être joint avec confarrealio.
Viisus (le la plèbe se faisait probablement devant témoins, car nous voyons que, plus tard, le concubinage légal s'établissait ainsi. {Digest. XXY, tit. 7, leg. 3.)
Page 22. Sur la loi cl Auguste touchant les Divorces. Suétone dit en trois mots, et vaguement : Divortiis modum imposuit {Aug. 34). .l'ai compris qu'il désignait la loi Papia-Poppœn, rendue pendant le principal d'Auguste. L'habitude déjà prise de ne rien faire sans l'ordre ou la permission de l'Empereur, autorise celte conjecture. On avait coutume d'attribuer au prince tout ce qui se faisait sous son empire, parce que rien ne se faisait sans son consentement. Les victoires se consacraient sous son nom, et si, par contraire, il n'en était pas de même de toutes les lois, il ne faut l'attribuer (pi'à la vieille coutume ([ui voulait qu'elles portassent le nom des magistrats qui les avaient présentées au peuple. D'ailleurs, en les mettant toutes sous le nom de l'Empereur, on aurait pu craindre une certaine confusion, puisqu'elles étaient vulgairement désignées non par la matière qu'elles réglaient, mais par le nom du législateur.
Page 22. Sur les Orgues d'eau. Sénècpie, qui rapporte cette anecdote, dit: « Mero se licet sopiat, et acpiarum fragoribus se avocel. » Ce passage ne peut désigner que des Orgues d'eau, instrument qui, suivant Athénée, fut inventé par Ctésibius, sous le règne de Ptolémée Evergète second, c'est-à-dire dans le second siècle avant J.-C. Vog. aussi Vilruve, X, 12.
LETTRE LXIi.
Page 41. Si Augu.'itc fit dcbarras.^er le Forum de Statues. Auguste relégua dans le Champ-de-Mars une partie des statues qui encombraient l'Area du Capilole (V. Descripl. de Rome, n" 79, § VIII, t. I, p. 39); il est permis de supposer qu'avant ou après l'accomplissement de cette mesure, le bruit courut que le Forum allait être aussi débarrassé.
Page 43. Sur la mise à la fonte des Statues d'Auguste en argent. 11 nie semble qu'Auguste dut être inspiré par le motif d'utilité que je lui prête ici, car rien ne devait l'exciter à détruire ses propres statues. Le soin qu'il a pris, dans son testament politique, de rappeler qu'il consacra dans le temple d'Apollon, non pas des trépieds, comme le dit Suétone, mais, en termes plus vagues, aurea doua, peut être une i)reuve qu'il ne voulait pas qu'on pût apprécier la dépense, ni par consé(iuenl juger qu'il avait dû détourner à un autre usage le produit de la fonte de ses statues, ([u'il voulait juslilier par un niolif pieux. Le temple et l'Atrium d'Apollon Palatin furent terminés vers l'an 720 (V. Vescript. de Bome, u° 217, § 111, V, t. 1, p. 1 iS), et le lise d'Auguste était sans doule épuisé ))ar les immenses dépenses oii l'avaient euliaîné les guerres civiles qui lui avaient donné l'empire. Ce double nioiunuent, qui comprenait aussi la Bibliothèque Palatine {Descript. de Rome, n" 218, t. I, p. loO), dut coûter des sommes énormes, mais son édification était pour l'Empereur un moyen de se rendre plus populaire.
ri-2t> KOME AU SIKCLE D AUGUSTE.
Page 45. Sur l'individu chargé de procurer les costumes d(tns les Jeux scénifjues. Ficoroni {Maschcre scenice, cap. LV), prétend, d'après une inscription antique ainsi conçue : M. vipsanius naucissus rogator ab scena, qu'il rapproche d'un vers de l'épîlre 6, liv. I d'Horace, où il est question de chlaniydes qu'on allait emprunter pour des jeux scéniques :
Si possel centum scenae praebere rogaliis. Ficoroni, dis-je, prétend qu'on appelait roçjalor celui qui était chargé de procurer des costumes aux comédiens. C'est là une conjecture appuvée sur des fondements bien faibles. L'autorité de Plante et de Suétone, cités dans les notes de mon texte, est formelle pour attribuer cette fonction au chorége. Le rogcitor ab scœna était peut-être un inspecteur chargé de constater, par voie d'appel, la présence des acteurs qui devaient jouer dans la pièce, et des esclaves employés aux décorations.
Page 45. Sur la Censure dramatique. Elle existait du temps de l'ancienne république; Cicéron en fait mention dans une lettre de l'an 698, où, parlant des jeux scéniques, il dit: Nohis autem erant ea perpelienda, quœ scilicel Sp. Mœcius probavisset. [Ep. famil., VII, 1.)
Page 47. Sur la formule d'annonce des Funérailles. Au lieu de : Mamurra esl de'cw/e, j'aurais peut-être dû traduire : Est allé à l'oubli. Varron (L. L. VII, § 42) dit : « Olli valet dictum illi... quod apparet in funerlbus indictivis : quom (licilur : Ollus leto dalus esl, quod Graicus dicil ''yfiri id est oblivioni. »
'• Page 51 . Sur le Brûleur ou Ustcr. Bien que les parents missent eux-mêmes le feu au bûcher, il y avait cependant un agent pour veiller sur ce feu et le diriger. Catulle le nomme formellement dans sa 5(j« épigramnie; il l'appelle semirasus uslor, et le fait voir gardant le bûcher pendant qu'il brûle.
Page 52. Sur la fin des Funérailles. C'est par conjecture que j'attribue au désignateur la fonction de congédier les assistants et de les asperger d'eau pure après les funérailles. N'ayant trouvé aucune indication à ce sujet, j'ai pensé que celui qui avait dirigé la pompe funèbre devait la clore.
Page 52. Sur la Purification delà fumille après les funérailles. Paul Diacre place cette puritication avant l'enlèvement du corps de la maison mortuaire ; mais c'est une erreur, car la maison étant souillée par la présence du mort ne pouvait être purifiée qu'apm son enlèvement. Relativement à la purification de la famille, je commente un peu Paul (au mot aqua) en empruntant les petits détails de sacrifices à la description des Palilies, qui, comme on sait, étaient aussi des purifications.
Page 55. Sur l'usage de ne point brûler les corps dans la famille Cornelia. Le tombeau connu sous le nom à'Hypoçiée des Scipions, sur la voie Appia, non loin de la porte Saint-Sébastien, à Rome, prouve cet usage, car dans ses diverses galeries et chambres sépulcrales on trouva des cercueils en pierre pour des corps entiers, et entre autres ce beau cercueil en pierre d'Albe (pépérin) qui était celui de L. Cornélius Scipion Barbatus, le vainqueur du Samnium et de la Lucanie, et qu'on voit au Vatican. (Voy. A. Fea e An- GELiM, Monumeiili piùinsigni del Lazio, l, Via Appia, p. 5 et tav. I.)
Page 56. Sur la durée du Deuil. Le deuil était bien réellement d'un an. Ovide, Plularque, dans les passages que j'indi(iue en note, et Senèque, dans un des deux passages de lui également indiqués en note, parlent de dix mois, pour la durée du deuil; mais c'est qu'il s'agit, dans ces divers endroits, de l'ancienne année qui n'était (jue do dix mois.
Page 58. Sur l'entrée du convoi de Sylla à Rome. Ni Appieii, ni Plularque ne disent par quel côté il arriva à Rome; mais il est hors de doute que ee fut parla voie Appienne, route delà Campanie; parla porte Capène, où aboutissait cette voie à Home ; à travers le Cuque maxime, lieu éminemment propre pour une procession sur laquelle on voulait altner tous les regards, et qui d'ailleurs était le chemin naturel pour se rendre au Forum.
Page 67. Stir la fonnule de Dédicace d'un temple. Cicéron, parlant contre la consécration d'un temple cpie l'on avait élevé sur une partie de l'emplacement de sa maison, dit : « .le ne parle ici ni du droit ponltical, ni de la formule de « la dédicace même [ttihil de ipsins vtrbis dedic(ttionis), ni de l'engagement « religieux, ni des cérémonies. J'avoue avec franchise (jue j'ignore ces mys- « tères (me nescireea): et quand je les connaîtrais, je feindrais encore de les " ignorer, de peur de fatiguer l'auditoire, et de vous montrer une curiosité « indiscrète. » (Prodomo, 46). Ces paroles de Cicéron n'étaient évidemment qu'une respectueuse réserve dans une cause où il voulait se concilier le collège pontitical ; car il n'était pas possible qu'on ignorât la formule de dédicace, si souvent répétée en public, à haute et intelUijible voix. J'avoue néanmoins n'avoir trouvé positivement cette formule dans aucun auteur ancien ; celle que je donne est empruntée en partie aux paroles que Tite-Live met dans la bouche de Romulus dédiant le temple de Jupiter-Férétrien (I, 10), et en partie à une inscription antique de dédicace, rapportée par Brissonius dans son traité de formulis, lib. I, p. 126.
Page 67. Sur les cérémonies de la Dédicace des temples. Quelques archéologues comprennent dans la dédicace des temples d'autres cérémonies rapportées jjar Tacite, à l'endroit où il parle de la réédification du Capitole par Vespasien; il y a, ce me semble, erreur dans leur fait, d'abord parce que Tacite ne dit nullement que ces cérémonies fussent ordinairement pratiquées dans de telles occasions ; ensuite parce qu'il s'agit dans son récit de l'mauguration du sol sur lequel on allait rebâtir le Capitole. Au surplus, le lecteur jugera : voici la narration du grand historien.
« Vespasien chargea de la reconstruction du Capitole L. Vestinus, de l'or- " dre équestre, mais qui, par son crédit et sa réputation, allait de pair avec « ce qu'il y avait de [)lus grand. Vestinus, ayant assemblé les aruspices, ap- « prit d'eux qu'il fallait transporter les décombres du temple dans des marais, « le rebâtir sur les mêmes fondements ; que les dieux ne voulaient pas que l'on « changeât l'ancienne forme. Le onze des kalendes de Juillet («), par un jour « serein, tout l'espace consacré pour le temple fut entouré de bandelettes et « de couronnes. Les soldats qui avaient des noms heureux entrèrent dans « l'enceinte, chacun avec des rameaux de favorable augure; puis les vestales, « accompagnées de jeunes garçons et de jeunes lilles dont les pères et les « mères vivaient encore, lirenl des aspersions d'eau de sources vives et de ri- « vières. Ensuite, le préteur Ilelvidius Priscus, précédé du pontife Plautius « iElianus, après avoir purifié le terrain avec des Suovetauriles, et reporté « les entrailles sur un autel de gazon, invoqua Jupiter, Junon, Minerve, et « les dieux tulélairesde l'empire; les pria de seconder l'entreprise, et d'éle- « ver à sa perfection un monument que la piété des hommes leur consacrait. « 11 toucha ensuite les bandelettes attachées à la première pierre et entrelacées
(•) 21 juin.
r>28 ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE.
« avec des cordes. Aussitôt, pontifes, sénateurs, clievaliers, tous les magis-
n trats, une grande partie du peuple, se joignent h lui; le zèle et la joie re-
« doublant leurs ellbrts, ils entraînent la pierre, qui était énorme ; on jeta de
« côté et d'autre, dans les fondements, des pièces d'or et d'argent, avec des
« monceaux de métal que la fournaise n'avait point épurés, tels qu'on les
« trouve dans la mine. Les aruspices recommandèrent de n'employer ni
« or, ni pierres qui eussent été profanés par une autre destination. » {Hist., IV, 53.)
Page 90. Stir l'interprétation du mot Pdtei. Frontin {loc. cit.) dit: « Romani... aut ex puteis aut ex fontibus bauriebant. » — Je traduis putei par puits et citernes, parce que ce mot signiCait l'un et l'autre.
Page 92. Sur T Aqueduc qui arrosait le nwnt Palatin. Il reste encore quelques ruines de cet aqueduc, que l'on attribue généralement à Néron ; mais il existait bien certainement avant Néron, qui ne fit sans doute que le restaurer.
Page 93. Si les Concessions étaient perpétuellenwnt coulantes. Fabretti {de Aquis et aqmed, p. 144), rapporte une inscription trouvée sur le mont Aventin, dans le jardin du Prieuré de Malte, laquelle est une espèce de liste des concessionnaires d'eau des aqueducs, avec la mention de l'aqueduc dont ils recevaient l'eau , et des lieures pendant lesquelles ils avaient droit à la distribution. Je crois que ces distributions parcimonieuses doivent être bien postérieures à mon époque, car il me semble constant, d'après le langage de Pline, qu'Agrippa avait amené à Rome des eaux assez abondantes pour qu'on ne fût pas obligé de l'épargner. D'une autre part, Frontin qui entre dans tant de détails, n'aurait certainement pas oublié celui-ci, si ce règlement avait été en usage de son temps.
Page 94. Sur le mot Aiguayeurs. Je forme ce mot de notre vieux verbe aiguaxjer, baigner dans l'eau. 11 me semble qu'il traduit mieux acpiarii que ne le ferait le moi fontainiers.
Page 94. Sur les Maîtres des fontaines ou des sources. Outre les préposés que je viens de nommer, il y avait encore des magistri fontis: mais comme ils ne sont pas nommés par Frontin, je crois que ces agents ne se rattachaient pas à l'aministration publique des eaux. Voyez, sur les macjisiri fontis, GnuTER, p. 179, 180 ; — Reinf.sius, p. 227, 2-46; — Fabretti, de Aquœd. p. 163.
Page 94. Sur la Famille des enclaves emplo]jée aux aqueducs. Lorsque Claude eut construit l'aqueduc de la Claudia et celui du nouvel Anio, l'an 789, pour augmenter les eaux de Rome, il créa une seconde famille qu'il prit à sa charge ; on l'ajtpela la famille de César, et elle fut composée de 4(50 individus. Voy. Front. Aquœd., 13, 116, 118.
Page 95. Sur le nombre des Scribes, etc., attachés aux adjoints du Curateur des eaux. On lit dans le sénalus-consulle rapporté par Frontin [Aquo'd, 100), sur cette matière : « El scribas, et librarios, accensos pneconesque tolidem habere quoi babent II per quos frumentum plebei datur. » 11 s'agit là des duumvirs fromentaires, et nous verrons plus bas, Lettre LXXXV, p. 370, que ces duumvirs avaient chacun deux licteurs.
Page 102. Sur la quantité d'ectu fournie par les Aqueducs de Home. Les sept aqueducs existant du temps d'Auguste et de Tibère produisaient, par 24 heures, d'après M. Rondelet dans son travail sur Frontin, (Notions préliminaires, art. II, p. XX) 2,219 mètres cubes d'eau. La Claudia et VAnio
NOTES. — LETTRE f.XXII. 549
AVu/", établis par Claude, augnientèreiil celte quantité de^.SOI mètres cubes 750 millièmes, et la portèrent à 3,720 mètres cubes, 750 millièmes, qui pouvaient équivaloir à une rivière de 30 pieds de largeur sur 6 de profondeur, dont les eaux couleraient avec une vitesse de 30 pouces par seconde, c'est-àdire comme la Seine dans le temps de sa hauteur moyenne. — Je rappellerai, pour l'exactitude de ma comparaison, que le pied romain antique est d'un dixième plus court que le pied de roi, dont il est question ici.
LETTRE LXVIIL
Page 104. Sur Vclge de l'Adolescence. On confondait souvent l'adolescence et la jeunesse ; Cicéron appelle adolescens Cécilius, préteur désigné, c'est-àdire homme de 40 ans au moins {in Cœcil., 9); il donne le même titre au sénateur P. Sextius {in Calil., I, 8), et lui-même se qualifie adolescens en parlant de ce qu'il ht dans son consulat, époque où il avait 43 ans {Philip. II, 46). Salluste appelle J. César, candidat au grand pontificat, et âgé de 36 ans, adolesceiitulus {Culil. 49). Il se donne le même titre à lui-même en parlant de l'âge auquel il commença d'aspirer aux honneurs {Calil. 3). Cicéron emploie toujours le mot puer pour désigner l'âge que nous appelons la jeunesse (Cic. Brut., 26, 32, 34, 56). Trébatius s'adressant à Horace, âgé de 37 ans, l'appelle aussi 7)Uir (Hor., H, S. I, v. 60) :
0 puer, ul sis Vitalis meluo, etc.
Page 11 6. Sur la traduction du mol Parochi. J'ai cru pouvoir emprunter à Rabelais (liv. IV, prolog.), le mot parochiens qui, dans notre français moderne, s'est changé en paroissien.
Page 120. Lois contre les Concussions des gouverneurs de provinces. Ces lois furent la loi Calpurnia, rendue l'an 604 (Cic. Brut. 27 ; m Vcrr. IV, 25; de Offic. II, 21) ; — Junia, l'an 627 (Patercll. II, 8); — Serviiia, l'an 643 (AscoN. pro Scauro, p. 172; — Cic. in Verr. I, 9); — Acilia, l'an 632, (Cic. m Verr. I, 9, 17 ; — Ascon. Ibid., p. 62); — Cornelia, l'an 673 (Cic. ;;ro Habirio. 4); — Sigon. de Judic. II, 27); — Julia, l'an 694 (Cic. m Vatin. 12 ; pro Sextio, 64 ; pro Rabirio, 4 ; m Piso, 16; Ep. famil. I, 8).
LETTRE LXXIL
Page 139. Sur la quantité des Triomphes décernés. Dans les cinq cents premières années de Rome, on compte soixante-dix-neuf Triomphes ou Ovations, et le siècle suivant n'en fournit que soixante-trois, ainsi qu'on le voit dans Tite-Live, Florus, Paterculus, Val. Maxime, Plutarque, Polybe, etc.
Orose (VII, 9), parlant du Iriompiie de Vespasien et de Titus, qui eut lieu l'an 825 de Rome, après la destruction de Jérusalem, dit que c'était le trois cent vingt-cinquième, depuis la fondation de la ville.
Les Fastes des triomnhes, découverts à Rome en 1547, rapportés par Marliani S Sigonius"^, Panvini', Goltzius*, Smeiius^, Pighius*, Gruterus'', Pira-
1 Consulum, Diolatorum, Censorumquc romanorum séries, una cum ipsorum triumpliis, quic iTiarmoiibus scalpla in Foro rcperla est, alquc in (^apilolium translata. Homœ, 1549, in-8, et 1360, in-f". = * Fasti (^onsulares ar, Triumphi arti a Homuio rege usquc ad Tib. Caesaiem. Muiinae l.'iôO, in-f» ; ou Uanovi», 1609, in-f". = s fasti el Triumphi
Ml. 34
nesi*, d'autres encore, et plus récemment par C. Fea^, offrent trop de lacunes pour servir à une telle supputation.
Page 140. Sur la haine i'Aiicjitf>te contre Labéon. Le jurisconsulte Pomponius {Digest. I, lit. 2, leg. 2, § 47), ne s'accorde pas avec Tacite, et dit formellement que Labéon refusa le consulat, qui lui fut offert par Auguste.
Page 141. Sur l'Age triomphal. Lucain (I, v. 316), parlant des triomphes de Pompée, s'exprime ainsi :
Ille reget currus nundum palienlibus annis. Appien n'est pas plus explicite ; il dit que Sylla accorda le triomphe à Pom- }ée eniore jeune, ïn o-j-n v=m {de Bell. civ. I, p. 669). — En 711, le sénat refuse e triomphe au jeune Octave, comme un honneur ait-dessusde son âge, izpfj&JTsy/. r^î v^).i/iV.; ènlvôw. {Ibid. III, p. 934.)
Au défaut d'autorités plus précises, je me suis arrêté à l'âge de trente ans, parce que c'était celui de la préture (Dion. LU, 20), l'une des deux magistratures qui donnaient droit au triomphe. Ainsi que je le dis deux lignes plus bas, cette question de Vôije triomphal n'a pas encore été, du moins à ma connaissance, résolue par les archéologues.
Page 146. Sur le Triomphe au mont Albain. Voici sur l'origine de cette coutume une conjecture qui n'est par sans vraisemblance. « Sur ce même « mont Albain le temple de Jupiter Latiaris était pour Albe ce qu'était pour « Rome celui duCapitole; c'est là sans doute que les dictateurs d'Albe et du « Latium ramenaient en triouiphe les légions victorieuses... II n'est pas dou- « teux que les chefs latins ne se missent sur le même niveau que ceux de « Rome, quand ils n'étaient pas soumis à leur imperium. Ils ne se montraient « pas moins reconnaissants envers les dieux. Ce triomphe aussi se perpétua « dans celui que les généraux romains célébraient sur le mont Albain. Le « premier qui s'attribua cet honneur ne fit sans doute que renouveler un « ancien usage ; cela est beaucoup plus vraisemblable que ne le serait la sup- « position qu'il s'adjugeait une distinction de son invention. A proprement « parler, il ne triomphait point en qualité de consul romain, mais comme chef « des cohortes latines, appartenant en partie aux villes de l'ancien Latium, en « partie aux colonies issues de la souche de l'État renversé, et qui en tenaient « la place. » Niebchr, Hist. romaiiie, t. III, p. 51, 52, irad. de M. de Golbéry.
Page 150. Sur Vévaluation des Monnaies grecques en Monnaies romaines. J'ai cru devoir faire ces évaluations, excepté pour le talent, dont la valeur était très-connue à Rome. Ainsi, d'après Plularque {loc. cit.), le premier nombre (/;) était 50,000,000 de drachmes; le second (c), 81,500,000; et le dernier (e), 1300.
Page 151 . Sur un passage de Pline, relatif aux libéralités de Pompée dans ses triomphes, et sur l'évaluation des drachmes en sesterces. Le texte de Pline {loc. cit.) porte : « Reipublicaî et quiestoribus, qui orani maris défendissent
Rom. a Romulorege usque ad Carolum V Cses. Aug. Venel.i557. — Ejnsdem inFastorum libres Commenlaiii. Vend. I.ï38, in-f». =* Feslos magistraluum, et triumphonim lOmanoruin ab Uibe condita ad Augusli obitiim ex antiquis lam numismaïuum, quam marmorum mop.umenlis reslilutos. Brugis Flandrorum, 1366, in-fo-^ ^ Insrripl. anli(i. fo 60 ad 64. = *• Annales Romanorum, qui Commenlarii viccm suppleiil in oinnes veleies Hisioiiœ Romanae scriploies. Aniueipi;v, 1399-1613, 3 in-l". ='' Insiripiionos antiquœ lolius oibis Komani, in corpus absoluliss. redaclœ. Kx offirina Conimeiiniatia, in-fo. Heidelb. 1603. = 8 Lapides Capitolini, sive Fasii Con«ulares, Triumpliaiesque Romanorum ab Uibe condita usque ad Tiberium C;rsarem. Romae, 1762, in-f". = Frammenli di Fasti Consolari e Trionfali ullimamonte scoperli ne! Foro romano e fllirove, ora riuniti. Roma, 1820, in-4».
NOTES.— LETTRE LJCXH. o3l
(laluni mille talenlum. » Ceci n'est pas d'accord avec ce qui a été rapporté à la page précédenle, d'après Appien et Piutarque; après avoir dit que Pompée versa dans le Trésor 20,000 talents, on ne peut dire qu'il donna h la république 5000 talents. D'ailleurs, tout le butin appartenait à la république, et ce cadeau de 5000 talents ne signifierait rien. Je pense qu'un mot a été omis avant reipiibliccp, et je proposerais de lire : naulis reipublicœ. Celle restitution serait justifiée par ce qui précède, Pompée triomphant là aussi de la guerre des pirates. — Les évaluations données par Pline, en même temps que par Appien et Piutarque, sont semblables; ces deux derniers disent loOO drachmes, qui, d'après les calculs de M. Letronne, font 6000 sesterces.
Page 158. Sur la hiiteur de la marche de la Pompe triomphale. Le défilé d'un triomphe durait 8 à 10 heures; or, comme pendant tout ce temps son parcours était au plus de 5 kilomètres, il est évident que la pompe triomphale ne devait aller qu'au petit pas, et s'arrêter souvent.
Page 159. Sur le Char triomphal el son appareil. Ou trouve dans les Antiquités romaines de Grœvius (t. IX, p. 1361) la gravure d'un bas-relief antique représentant un triomphateur; il est couronné de laurier, tient à la main une branche du même arbre, et de l'autre un sceptre surmonté d'un aigle. Le char est rond, tiré par quatre chevaux ayant sur un côté de la tête un petit rameau de laurier, et conduits par un homme tenant aussi une branche de laurier à la main. Une victoire est posée sur le bord du char, derrière le triomphateur, au-dessus de la tête duquel elle tient une couronne de laurier, tandis que de l'autre main elle porte une palme.
Page 161. Sur le Laurier triomphal offert à Jupiter. Silius Italiciis, Pline le jeune et Stace disent :
Laurumque superbam
In gremio Jovis excisis deponere Pœnis.
SiL. Ital. XV, V. 119, 120.
« Laiirusin gremio Jovis collocare. » Plin. Panegyr., 8.
. . . Nondum in gremio Jovis Indica laurus, etc. Stat. Sylv. IV, 1, y. 41.
Or ici in gremio ne peut signifier que sur les genoux, puisque Jupiter-Capitolin était représenté assis et le buste nu. (Voy. Descript. de Rome, n" 81, îî XXX, l. I p. 43; el lettre XXV, t. l, p. 470, la Vue intérieure du Capitale). Pline le jeune parlant du serment que Trajan, élu consul, prêta debout devant le consul assis, dit : Imperator ergo el Cœsar et Augustus, Pontifcx maximus slelil ante gremilm consulis ; seditque consul^ principe a7ite se stante. (Panegyr. 64). Mais Passeri fournit un témoignage plus formel ; dans ses Luccrnœ fictiles, t. L tab. XXVIH, on voit un Jupiter-Capitolin assis avec une couronne de laurier sur les genoux.
Page 161. Sur la Prière d'actions de grôces du triomphateur. J'emprunte cette prière à Blondus Flavius (de Roma Iriumphante, lib. X, p. 167 recto, in-12.) Suivant son habitude, il n'indique pas l'autorité dont il s'appuie ; mais il a extrait cette formule presque textuellement du discours que Scipion l'Africain, accusé de malversations, adressa au peuple : Jùxlcmplo in Cupitolium ad Jovem Optimum Maximum, Junonemque el Minervam, cettrosque dcos qui CapitoUo alque Arci prœsident, salulandos iho : hisque gratias agamy quod miiii et hoc ipse die, et sœpe alias egregie reipublicœ gerendw mentem faculla" ti-mque dederunt. TiT.-Ltv., XXXVIÏT, ."SI .
r;r,2 ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE.
Page 1 62. Sur le nombre des Convives du banquet triomphal offert au Sénat. Sous César le Sénat se composait de 900 membres. On peut supposer une centaine d'autres convives pour les amis du triomphateur, et pour les magistrats.
Page 164. Sur le nombre des Convives du festin de triomphe donné au peuple par César. On se servait de lits dans ces festins publics comme dans les festins particuliers; on était sur un lit de festin de 3 i» 6 convives, et plus ordinairement 3 ou 4 (Voy. lettre XIII, t. I, p. 336) ; je prends le nombre moyen de 4, et j'arrive ainsi à 264,000 convives, en comptant 3 lits par table. Je crois mon calcul très-modéré.
Page 166. Sur le Triomphe naval. Quoi qu'en dise ScliefTerus ( de militid navali, IV, M), je pense que le triomphe jmraZ ressemblait, pour toutes ses cérémonies, au triomphe terrestre, et n'en différait seulement que parla nature d'une partie des dépouilles. Le propre témoignage de Schefferus me servira de preuve contre lui-même. Voici les passages de Tite-Live, de Plutarque et de Suétone sur lesquels il base son assertion.
« Paul-Émile lui-même remonta le Tibre sur un vaisseau royal de la pre- <t mière grandeur, à seize rangs de rames, orné des dépouilles de la Macé- .( doine, d'armes éclatantes et de tapisseries de la couronne, et s'avança vers « la ville, au milieu de la foule des citoyens qui couvraient les deux rives. Il fut suivi, peu de jours après, par Anicius et Octavius. Le Sénat décerna sans « peine à ces trois généraux les honneurs du triomphe. » Tit-Liv. XLV, 35.
Puisque le triomphe ne fut accordé qu'après ce retour, cette arrivée pompeuse n'était donc pas un triomphe, la demande du triomphe devant nécessairement en précéder l'accomplissement. Ainsi l'on ne peut prendre cela pour le triomphe naval.
Plutarque vient aussi à l'appui de mon opinion , car après avoir dépeint, à peu près dans les mêmes termes, l'arrivée de Paul-Émile, il ajoyte : « Telle- '< ment que les Romains, courant à grande foule hors de la ville au-devant de « cette galère, et marchant coste à coste d'elle, à mesure qu'on la voguoit « tout bellement, eurent le plaisir d'une assemblée et fêle publique, et par « manière de dire, d'un triomphe avant qu'il se feist à bon escient. » Plut. , P.-Emile, 50, tr. d'Amyot.
Dans le passage de Suétone, on lit que Vitellius fut transporté par les villes, à la manière des triomphateurs. Mais quand Suétone ajoute qu'il s'embarqua sur des vaisseaux ornés délicieusement, et parés de couronnes de fleurs de toutes espèces (Suet. Vitell. 10), il ne dit pas que ce fut à la manière des triompliateurs, et l'on peut croire tout naturellement que ce n'était là qu'une de ces recherches voluptueuses du tres-voluptueux Vitellius.
Je conclus donc que le triomphe naval n'était pas un triomphe spécial et particulier dans ses cérémonies et dans sa pompe; qu'il ne ditl'érait du triomphe terrestre que par la nature des dépouilles que l'on y faisait voir, telles, par exemple, que les cent dix galères qui furent traînées au trioniphc de Lucullus (Plut. LuculL, 37, éd. Reisk), ol les proues de navires qui parurent au triomphe de Pompée sur Mithridate (Appian. de bell. Mithrid., p. 417). Cette opinion me paraît d'autant plus vraiseml)kii)le, qu'aucun auteur ancien ne nous a laissé de description pareille à celle de Scheil'erus.
Il demeure seulement constant qu'on appelait triomphe naval un triomphe accordé pour des victoires sur mer. Cicéron {in Verr. V, 26) parle aussi de ce triomphe.
Page 169. Sur les succès nécessaires pour mériter le titre triMPERATon. Appien {de Bell. civ. II, p. 747) qui écrivait vers l'an 900 de la fondation de Rome, donne à entendre que de son temps il fallait que dix mille ennemis
NOTES. — LETTRE LXXllI. ^ 533
eussent été tués pour que le général fût proclamé imperator. On pourrait cependant trouver sans peine plus d'un général proclamé imperator pour avoir tué moins de dix mille hommes, cl Diodore de Sicile {fragm., lih. XXXVI, p. 916) ne porte ce nombre qu'à six mille. D'ailleurs, comment aurait-il fallu un succès aussi meurtrier que le dit Appien quand la moitié de ce nombre sullisait pour obtenir l'honneur beaucoup plus grand du triomphe? Pline le Jeune {Panegiir. 12) dit bien que dans les anciens temps il fallait, pour être appelé ii7^pcntlur, des champs couverts de morts, une mer rougie de carnage, contccli cœdibus cnmpi, cl infecta victoriis maria, mais cela ne prouve pas que le sang de dix mille ennemis fût nécessaire. Blésus, oncle de Séjan, fut le dernier qui reçut le titre d'imperator, l'an 773 (Tac. Ann. III, 74). On remarque que dans les inscriptions qui datent du principal d'Auguste et des empereurs postérieurs, il n'est plus guère question que des Ornements triomphaux. Vov. Gruter., p. 4o2, 4-33, et passlm.
LETTRE LXXin.
Page 171. Sur la fréquente omission du Cens. On voit dans Tite-Live et Denys d'Halicarnasse que l'omission des dénombrements quiquennaux fut très-fréquente. Censorin, à l'endroit cité en note, dit que depuis le premier lustre fermé par Servius, jusqu'à celui clos par Vespasien, l'an 82G, on ne compte dans cette période, qui est de 650 ans, que 75 clôtures de lustre.
Page 175. Sur la Dépopulation de Rome sous César. Conjecture basée sur toutes les mesures prises par César pour augmenter le nombre des habitants.
Page 176. Sur la Population de Rome. Le chiffre que j'énonce ici a besoin d'être justifié, car la population de Rome est un grand sujet de controverse parmi les archéologues : Jusle-Lipse ' la portait à 4,000,000 d'habitants, et Brotier^ à 1,188,162. Plus récemment, M. A. Dureau-Delamalle, dans un mémoire lu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres et publié ensuite à part-', a réduit considérablement ces diverses estimations ; il n'évalue qu'à 302,695 âmes, la population totale de Rome au temps d'Aurélien, c'est-à-dire dans sa plus grande étendue^, et à 386,000, celle de la ville d'Auguste et de Néron 'K
Dans le travail de M. Delamaile, il y a une partie peu susceptible d'être controversée, celle qui concerne la population de la ville proprement dite. Le savant archéologue a caictdé rigoureusement la superficie de Rome-Ville à ces diverses époques, la hauteur et l'étendue des maisons, toutes choses sur lesquelles on a des données certaines, ou à peu près certaines, et il est arrivé à trouver que la r (7 /e d'Auguste et de Néron avait 266,684 habitants, résultat qui n'a rien d'invraisemblable.
Quant aux faubourgs, il estime, sur des conjectures plus que sur des preuves, qu'ils n'avaient pas plus de 120,000 ànies^. Ce serait bien peu, car ils étaient immenses, ainsi que nous l'avons vu^.
M. Delamaile cherche à prouver, par un nouveau cnlcul, que Rome, après son agrandissement par Aurélien, n'avait, sous Sévère, que 506,230 habitants. Il ba.se ce calcul sur la consouunaticn de l'Annone, qui s'élevait, sous Sévère, à 73,000 modii^ de blé par jour. « Ces 75,000 modii, ajoute-t-il,
> De magnilud. Rom. IK, 3. = ^ Nolœ et piiiendal. ad lib. XII, Ann. C. Tacili, (. H, p. 379-580 de son édii. de Tacite \n-U'>. = ^ Voy. l'Éronomic poliliq. des Itomains, iiv. 1!, r. 12, t. 1, p. 340 el suiv.; et Aradém. des inspripl., nouv. série, I. Xlll,p. 237, où M. Delamaile a inséré cet ouvrage = * Academ. p. 282 ; lioonom. polili((. p. 403. = 5 .Vcadem. p. 260; Econom. polit, p. 570, 403.= ^ Academ. p. 281; Econom. polit, p. 403. = 7 LeUre Vil, t. I, p. 264. = * Spartian. Sever. 23.
* « pesaient 1,012,500 liv. françaises, à 13 liv. 1/2 le modius ; la ration t'tail « de 2 liv, poifls de marc par individu : donc le nombre des consommateurs « était de 506,250 i. »
Il y a dans ce calcul une grave erreur, parce que jamais la consommation quotidienne d'une grande ville ne peut avoir été de deux livres de blé par tête. A Paris, des calculs certains la font ressortir à 45 décagrammes de pain (un peu moins d'une livre poids de marc) par jour et par tète. Or on peut affirmer que les appétits n'étaient pas plus grands chez les anciens Romains que chez les Parisiens, et surtout dans une ville méridionale comme Rome, que dans une cité septentrionale comme Paris. Voici un fait qui le prouverait, si une telle assertion avait besoin de preuve : M. de Tournon, ancien préfet du département du Tibre sous Napoléon, dit qu'à Rome, en 1812, la consommation annuelle de la ville était de 260,000 hectolitres de froment pour une population de 140,000 individus-. Cela fait un peu moins de 186 kilogrammes par tète. La consommation de Paris à 45 décagrammes ne donne pas tout-à-fait 1 65 kilogrammes par an et par tête : la diflërence de 2 1 kilogrammes en faveur de l'Italie, vient de ce que les Italiens sont grands mangeurs de pâtes, et peut-être aussi de ce qu'on mange plus de viande en France.
Le témoignage que M. Delamalle prétend tirer des consommations de l'Annone détruit donc son assertion au lieu de l'appuyer, puisqu'en l'admettant, Rome aurait eu plus d'un million d'habitants.
Il est vrai que le savant archéologue prétend que les deux livres de blé, 4u'il considère comme la consommation moyenne individuelle, produisaient moins de deux livrçs de pain, attendu l'imperfection de la mouture ^ ; mais il nous semble encore dans l'erreur sur ce point, parce que s'il est vrai que les moyens de mouture étaient imparfaits, cependant la moulure donnait d'assez bons résultats, puisqu'on obtenait en pain au moins le poids du grain, Pline le dit positivement'*, et qu'aujourd'hui la manutention moderne, avec tous ses perfectionnements, n'arrive pas à de meilleurs produits.
Je me fais aussi une arme de cette consommation de 75,000 modii, mais pour prouver que Rome avait plus de 1 300 mille habitants ; voici comment je raisonne :
75,000 ???orfî7 par jour produisent 2,250,000 par mois, et cette somme, di- \nsée par 5, quotité de la ration mensuelle, donne 450,000 rations.
Or les cinq modii étant pour trois individus, M. Delamalle le dit lui-même {Economie politique, etc., liv. III, c. 21, p. 222), la somme des parties prenantes, c'est-à-dire des habitants de Rome, se trouve être de 1,350,000.
Maintenant, pour contrôler ce calcul d'une autre manière, je ferai un autre rapprochement : le modius de blé, suivant Pline (XVIII, 9), pesait 25 à 26 livres romaines, soit 8 kilogrammes 159, à 8 kilogrammes 485, ou, en moyenne, 8 kilogrammes 322.
Les cinq modii équivalaient donc à il kilogr. 610, et la ration individuelle, c'est-à-dire le tiers de ce poids, donnait 13 kilogr. 870. Ce nombre approche singulièrement de la consommation de Paris, qui est de 13 kilogr. 500, par individu et par mois.
Bien que deux siècles séparent l'époque d'Auguste de celle de Sévère, on peut dire que dans ce long espace de temps Rome ne s'était pas accrue d'une manière sensible; si cela eût été, les historiens anciens l'auraient dit, car ils ne négligent jamais les détails, surtout dans ce qui louche à la métropole de
^ Academ.' des Iiiscrip., nouvel, série, t. XIII, p. 282 ; — Économie politique des Romains, liv. H, r. 12, t. 1, p. ,404. = 2 Kludes statistiques sur Home, etc. liv. 2, r. i. t. I. p- 549.=? Economie poliliiiue des Romains, liv. II, e. 3, (. I, p. 280, 281.=* Plin. AVIlI, 7, î>.
l'empire, et pas un st^ul ne parle de son augmenialion. Il paraît donc certain que pendant la paix dont on jouit durant le long principal d'Auguste , Rome aura pris toute rimportauce qu'elle pouvait acquérir.
La preuve du rapport égal de population au temps de Sévère et au temps d'Auguste se trouve dans le l'ait suivant : Zonaras (X, 10; collect. Bvzant.) nous apprend qu'avant les guerres civiles de César le recensement donna 320,000 citoyens. On sait qu'il existe une loi de statistique d'après laquelle on obtient la population d'un pays en multipliant par 4 le nombre des liommes en état de porter les armes ; on sait aussi que les dénombrements du peuple romain ne contenaient que cette classe de citoyens. Par là nous arrivons donc encore à mon cbif'frc de 1 ,300,000, ou de 1280, si l'on veut compter la multiplication exacte de 320 par 4; mais en ajoutant à ce calcul les étrangers et la population esclave, l'on dépassera facilement mes 1,300,000 habitants.
il est presque superllu d'ajouter que les nombres fournis par Zonaras s'appliquent à Rome seule, et non pas aussi, comme jadis, aux villes en état d'isopolilie avec elle ; parce qu'à l'époque dont parle cet historien toute l'Italie jouissant du droit de cité romaine, il y avait nécessairement dans cette contrée plus de 320,000 citoyens romains.
Page 193. Sur la coutume des Plaidoyers collectifs. Cicéron {Brut. 57) dit que cette coutume s'est facilement établie, parce que la besogne des orateurs, qui ne faisaient plus ainsi que des fragments de plaidoyers, se trouvant beaucoup abrégée, ils pouvaient plaider pour plus de monde, et par conséquent se faire plus d'amis. Les motifs que je donne, bien que je ne puisse citer aucune autorité à l'appui, doivent paraître assez vraisemblables, surtout en remontant à l'origine de cette coutume.
Page 199. Sur les orateurs dont Attkus fut contemporaiii. Atticus, né l'an 643, avait vécu avec Antoine, mort l'an 666 ; Crassus, mort l'an 662 ; L. Philippe, consul à la même époque ; Sulpicius Rufus, mort l'an 66o ; Scsevola, lan 671 ; Hortensius, l'an 703 ; Cicéron, l'an 710; Brutus, l'an 712; etc. Il avait vu les contemporains des Gracques, de Tibérius, tué l'an 621, et de Caïus, tué l'an 633.
Atticus mourut l'an 722. Je conmiets donc un petit anachronisme en prolongeant sa vie de douze ou quinze ans.
Page 202. Sur le lieu où travaillaient les Jurisconsultes. J'emprunte ceci à un passage de Cicéron, où l'orateur Galba est représenté travaillant à préparer une cause avec ses secrétaires : « Omnibus exclusis, commenlatum in quadum testudine cum servis litteratis fuisse, quorum aliis aliud dictare eodem tempore solitus esset. » {Brut. 22.)
Page 208. Sur l'époque où fut faite la loi Voconia. Les savants sont partagés .sur celte date ; les uns la placent à l'an 576, les autres à l'an 580. J'ai adopté l'an 585, fixée par M. de Savigny, suivi par M. Hugo, par Zimmern, par M. Zaupp, et par M. Ch. Giraud, qui l'examine et prouve aussi qu'elle doit être la véritable. Wy. du vrai caractère de la loi Voconia, Mém. de l'Acad. des sciences morales et politiques, t. I, p. 575, savants étrangers.
Page 209. Sur le Cens exigé des testateurs par la loi \^oconia. Dion (LVI, 10) dit que ce cens était de cent mille sesterces; en substituant des as aux
55t> liOME AL SIÈCLE D ALGUSTL.
seslerces je suis l'opinion de M. Ch. Giraud, qui a démontré que le dispositif de la loi Voconia dut être écrit d'après les catégories de cens établies par Servius. Voy. p. 578 et suiv. du mémoire cité dans la note précédente.
Page 209. Sur les motifs de la loi Falcidia. Les motifs que je rapporte ne sont exposés dans aucun auteur ancien; néanmoins je n'en vois pas d'autres à alléguer pour expliquer la création de la loi Falcidia, en présence de la loi Voconia qui n'était pas abrogée.
Page 223. Sur les Vieillards à vente. L'expression de senex coemptionalis n'a jamais été bien expliquée par les archéologues ; ils l'entendent ordinairement des vieux esclaves vendus à cause de leur caducité. Celte interprétation ne me paraît pas exacte ; néanmoins je n'ose considérer celle que je donne que comme une conjecture.
LETTRE LXXVIL
Page 233. Sur la description des Funérailles d'Auguste. Plusieurs détails sont empruntés aux obsèques de Pertinax et de Sévère, racontées par Dion- Cassius, Hérodien, et Xiphilin ; je ne pense pas avoir, parla, commis un anaclironisme, mais simplement suppléé h quelques omissions de Tacite et de Suétone, qui auront cru devoir négliger ces petites circonstances, peu importantes pour leurs contemporains qui les connaissaient, mais curieuses pour nous autres modernes. Ni Tacite, ni Suétone ne parlent, par exemple, de l'aigle làclié du sommet du bûcher pour figurer l'àme de l'empereur emportée au ciel; cependant cela avait lieu du temps d'Auguste, Dion le dit formellement ; on peut même conjecturer que cette petite comédie avait été jouée du temps de César, car Suétone y fait évidemment allusion dans une anecdote de la vie d'Auguste {Aug. 97), que j'ai rapportée précédemment dans la lettre LXXIH, p. 1 73 de ce volume.
LETTRE LXXVIIL
Page 238. Sur la manière dont le jeune Octave se pt donner le consulat. J'interprète un peu mes textes, parce que le fait ne serait pas clair pour nous sans cela. Le Sénat ne nommait pas les consuls, mais il lit nommer Octave en le dispensant de l'âge requis pour cette magistrature. Pareille dispense avait été accordée à Pompée par le Sénat. Voy. Cic. pro Icge Manil. 21.
Page 240. Sur le rétablis.semenl, par Auguste, des Consuls subrogés. J'ai dit précédemment (Lettre XXVI, t. Il, p. 33) qu'Auguste rétablit l'ancien droit des comices et du consulat ; néanmoins il est constant que ce prince revint aux consuls subrogés; mais je crois que ce ne fut que vers l'an 73i, et pour les motifs exposés dans mon texte. Je conjecture celte date en rapprochant un passage de Dion-Cassius, où cet historien, dit, sous l'an 731, qu'Auguste se lit Curateur des routes extérieures, d'un autre passage de Suétone, oii on Ht qu'Auguste partagea ces fondions avec plusieurs citoyens, alin que plus de personnes prissent part à l'adminislratiim de la république. (Voyez Lettre XLllI, t. II, p. 2o5.) Quant à la durée des consulats sous le régime de la subrogation, bien qu'elle lut ordinairement de six niois, cependant elle était (pielquefois moindre. Voy. les Fastes consulaires.
Page 252. Sur les divcm Trésors. Aucun archôologuo, du moins h ma connaissance, ne parle de ces divers Trésors; mais il est évident (ju'ils existaient et formaient autant de divisions du Trésor de Saturne, car pas un auteur ancien n'indiciue de heu, ou de temple spécial pour ces Trésors ; il était donc entendu tacitement cju'ils étaient au Trésor même de la république, c'està-dire au temple de Saturne.
Page 257. Sur les tribims du Trésor. Leurs fonctions sont assez bien établies par Varron, par Asconius, et parFestus; mais on ignore les motifs de leur institution, et ce quej'en dis est tout conjectural. On ne connaît non plus ni répo(pie de leur création, ni le mode de leur élection, ni leur nombre, ni la durée de leurs fonctions. Comme ils étaient plébéiens (Cic. j)ro Pinnc. 8), cm devait les élire dans les comices par tribus. Ils devaient aussi être un peu nombreu.v, puisqu'ils faisaient une partie notable du corps judiciaire. Voyez t. II, p. 1 89, 237 ; et Cic. Calil. IV, 7.
Page 260. Sur le droit de battre monnaie. Les auteurs anciens fournissent fort peu de chose sur ce sujet, et la question n'a été bien éclaircie par personne ; l'explication (pie je donne est, en partie, conjecturale. Il me semble que l'inventeur de la monnaie à Rome dut se réserver le droit de la fabriquer. Ce principe admis, la transmission du droit est ensuite toute naturelle. Havercamp, dans son commentaire sur le Tl\es(iurus MorelUanus (p. 265 col. 2) dit que les Triumvirs monélaires furent créés l'an 465 de Rome; il s'appuie de l'autorité de Poniponius, mais à tort, car ce jurisconsulte, après avoir parlé de la création du Préteur étranger, qui eut lieu l'an 507 ou 510, ajoute que, dans le même temps, eodcm tenipore, on créa les Triumviri monelales. [Diijest. I, lit. 2, leg. 2, § 28, 29, 30.)
Page 260. Sur les attributions des Triuriivirs monétaires. Havercamp, dans la préface et dans plusieurs endroits du commentaire cité dans la note précédente, prétend qu'il y avait les Iritimvirs du Sénat et les triianrirs de César, c'est-à-dire de l'Empereur. Il se fonde sur la marque s. c , abrégé du mot Sénalus-consulle, dont beaucoup de monnaies d'airain sont marquées, et qu'il regarde comme une preuve que les monélaires qui les fiient fabriquer relevaient du Sénat. J'admets volontiers cette dernière interprétation, mais non celle qu'il existait im double collège de monélaires. Dans aucun auteur de l'antiquité romaine il n'en est question; d'ailleurs celte conjecture se trouve ruinée par un texte positif de Dion, qui dit que du lemj)s d'Auguste il n'y avait que trois monétaires pour Rome, lesquels làisaient partie du Vicjintivirat (Dion. LIV, 26). S'il y eût eu collège du Sénat et collège de rEnq)ereur, le Viginlivirat eût été conqiosé de 23 mendjres, ce que dément son nom, et mieux encore les détails donnés par Dion. Je pense donc que les monétaires étaient soumis à la double bièrarcliie dont j'ai parlé dans mon texte : c'est le moyen le plus simple de metlre d'accord l'histoire et les monnaies. Eckbel paraît être de cet avis en rappelant aussi que le Sénat faisait fal)ri(pier la monnaie d'airain, et l'Empereur celle d'argent et d'or, et ne parlant point d'un double collège de triumvirs. Voy. Docl. num. vct. Prolegom. c. XIll, p. 73 et seqq.
Page 268. Sur l' Affinage de l'ur cl de Varijcnl destinés à la monnaie. Toul ce détail de la coupellalion est enq>runlé à im savant du dernier siècle,
Ameilhoii, qui a décrit ce procédé d'après Diodore, en rectifiant toutefois les erreurs de l'historien ancien. Yoy. Acad. des Inscript. t: XLVI, p. 306. On voit d;ins le même mémoire, p. 516 et suiv. , que les anciens ignoraient l'art de séparer l'argent de l'or. Le mélange de ces deux métaux composait un autre métal qu'ils appelaient electrum.
Page 268. Sur Je titre des Deniers. Le titre moyen des Deniers de la république et des douze premiers empereurs est de 0, 960. {Acud. des Inscript. nouvelle série, t. IX, p. 203.)
Page 268. Sur la divination de l'Alliage des monnaies d'argent. Voici uu exemple moderne semblable à celui que je viens de citer.
n Le peuple Chinois n'a point de monnaie d'or ni de monnaie d'argent, une monnaie de cuivre sert pour les achats de petite valeur. Quant aux autres, les Chinois portent des balances et de petits lingots d'argent, qu'ils divisent en morceaux proportionnés aux besoins. Forcés de juger sur-le-champ du degré de pureté de l'argent qu'on leur olîre, ils ont acquis sur ce point une finesse surprenante : ils la reconnaissent, disent les voyageurs, au toucher, au son et à l'odorat. » Acad- des Inscript, nouvelle série, t. IX, p. 197. — On sait que les anciens connaissaient la pierre de touche, appelée coticnla par les Romains; mais on ne s'en servait que pour éprouver les niclaux en lingots, et non les monnaies. Les gens habitués à s'en servir acquéraient une telle justesse d'appréciation, qu'ils disaient, à un scrupule près (I gramme IS.'^) la quantité d'alliage contenue dans un lingot, rien qu'en voyant la trace laissée sur la pierre. Voy. Plin. XXXIII, 8.
Page 269. Sur la Frappe des monnaies. Les coins des monnaies n'ont été gravés en acier, et les médailles frappées à froid, sans avoir été moulées préalablement, qu'à l'époque du règne des fils de Constantin, vers le cinquième siècle. {Acad. des Inscript, nouvelle série, t. IX, p. 204.) Colonia, dans son Histoire de la ville de Lyon (chap. 2, p. 36), dit, à propos d'un grand nombre de moules monétaires en terre cuite, trouvés dans le quartier de Fourvière, à Lyon, ville ou les gouverneurs Romains faisaient fabriquer de la monnaie d'or et d'argent (Slrab. IV, 192; ou i6, tr. fr.) ; Colonia, dis-je, prétend que les monnaies étaient frappées dans leur moule avant d'en être tirées. C'est évidemment une erreur : quelle compression la terre cuite, même la plus dure, pourrait-elle produire sur du cuivre ou de l'argent?
Page 269. Sur le Moulage préalable des monnaies. La mécanique ici désignée est le touret. Quelques antiquaires ont prétendu que la monnaie frappée n'était point fondue (Voy. Eckhel, Doct. num. prolegom, c. XI), alléguant la difficulté de placer exactement le (lan moulé en relief dans sou type en creux, à moins d'une grande lenteur dans le travail {Acad. des Inscript nouvel. série t. 10, p. 222). Il n'est pas dilficile de répondre à cette objection : le type était sans doute toujours tourné du même côté, et les supposteurs avaient nécessairement une assez grande habitude pour jeter le ilun dans le moule du côté où il devait se trouver pour être présenté à la frappe. Ses reliefs alors rencontraient aisément les creux du type préparé pour les recevoir, et y tombaient comme d'eux-mêmes. Nous voyons exécuter chaque jour, dans la pratique des arts mécaniques, des choses beaucoup plus difficiles que cela.
Page 269. Sur le Modilnge des moules à monnaie. M. Mongez {Acad. des Inscript, nouvelle série, t. IX, p. 208) conjecture que l'on faisait aussi des /Vu'Oif-s ou coins par le procédé inverse du monnoyage, c'esl-h-dire en chaud'ant les deux coins, et les frappant sur une médaille froide interposée entre eux. Il a fait celte expérience, et elle lui a réussi.
NOTES.— LETTRE LXXXl. 550
— Pour la juslification de la ligure des types monétaires donnes dans lu Lettre, voy. V Explication des planches, à la Un du volume.
LETTRE LXXXL
Page 274. Sut- la saison des Foins, a Dans la campagne de Rome, le mois de mai participe déjà de l'élé ; souvent il est extrêmement cliaud, et ses derniers jours voient mûrir les foins et jaunir les froments. » De Tolrnon, Eludes statistiques sur Rome et la partie occidentale des Étals Romains, liv. I, c. 8.
Page 273. Sur le mesuragc de la part du Polilor. Caton dit qu'on mesurait la part de ce dernier à la corbeille ou au ynodius (boisseau), ce que j'ai traduit par : en cpis ou en (jrains. Nous verrons plus bas que les Romains avaient plusieurs nuuiièros de moissonner; que Tune consistait à couper seulement l'épi et à le recueillir dans des corbeilles; et une autre à scier une partie de la paille avec l'épi, àportcrle tout iuunédiatementsiirraire d'oii l'on en extrayait le grain. Celait dans ce dernier cas que la part du polilor lui était mesurée au nwdius. « Si nous supposons, dit à ce sujet Adam Dickson, que le polilor « recevait un cinquième par modius pour les mêmes terres dont il retirait un « sixième à la corbeille, alors la dépense du battage et du vannage est ce qu'elle « doit être. Le sixième par corbeille égale cinq trentièmes ; un cinquième par « modius est six trentièmes, et la dillérence un trentième : c'est moins qu'on « ne donne pour battre et vanner en Angleterre, mais la diflërence des cir- « constances fait trouver celte proportion suffisante dans un pays plus chaud « et plus sec. » {V Agriculture des anciens c. 2, t. L note 9, p. 99. tr. fr.)
Page 273. Sur les Troupeaux mis en société par les mailres avec leurs colons. Dans nos étals modernes cet arrangement se nomme cheptel ou commandite de bestiaux. Les termes d'Ulpien, rapportés dans le Digeste, touchant cette société, élant fort concis, on a quelquefois douté que les anciens pratiquassent ce mode de louage ; il est cependant certain qu'ils le connaissaient, mais ils le pratiquaient moins généralement que les modernes. Un célèbre jurisconsulte contemporain s'exprime ainsi sur ce sujet :
'< Tout ce qu'on peut dire c'est que la commande de bestiaux est devenue « beaucoup plus fréquente chez les nations modernes qu'elles ne l'était chez « les Romains; l'émancipation des classes inférieures, la nécessité de leur « créer une industrie non servile, les changements survenus dans le person- « uel de l'art agricole, peuvent expliquer peut-être cette diffusion de la « commande de bestiaux. Mais il n'est pas possible de croire que les Ro- « mains ne s'en soient pas servis. « Troplong, le Droit civil expliqué; des Sociétés civiles et commerciales, t. L préf. p. lv. Voy. aussi t. III. du même ouvrage, du Contrat de louage, c. IV, Commentaire, n"» 1054, 1060.
Page 280. Sur les causes de l'emploi des ouvriers de louage. Les motifs que je déduis ici ne sont que conjecturés; mais il est permis de leur attribuer tout le caractère de la vérité en voyant ce qui scjpasse actuellement dans les campagnes malsaines des environs de Rome: là encore, comme anciennement, les grands travaux de la récolle sont faits par des bandes d'ouvriers de passage, qui ont beaucoup à souffrir de l'air pestilentiel dans ces contrées, et ne retournent dans leurs pays que décimées par la mort et ail'aiblies par les maladies.
Page 288. Sur la Charrue Romaine. On n'a point de description bien précise de celle ciiarrue ; la descriptictn que je donne ici est empruntée à Varatro des Romains modernes, qu'on croit être la charrue des anciens, et à un bas-relief du il/K.sf»m Etruscum, t. I, p. 438. Rien que Gori donne celte charrue pour être Etrusque, on peut croire qu'elle était Romaine aussi. Voici, ail surplus, le témoignage d'un bon observateur :
« Les Romains ont encore la même charrue qu'ils avaient il y a deux ou
« trois mille ans. 11 y a, dans le musée du Collège romain, un attelage com-
« plet de charrue en l)ronze, qui a l'air d'être copié d'après les charrues
« modernes. Ces charrues n'ont point de vcrsoir. C'est un simple timon ayant
« pour soc une espèce de crochet au bout duquel il y a un fer aplati en des-
« sous, appelé guntnra, qui soulève la terre. Sur le derrière du limon s'élève
« un bâton droit {/ibiara) qui sert de corne ou plutôt de gouvernail à la
« charrue; le conducteur le tient d'une main, et quand la charrue n'enfonce
« pas assez, il met le pied gauche sur le derrière de la charrue, et se laisse
« emporter avec elle. » Bonstettes, Voyage dans le Latium, p. 274.
Page .304. Sur le Dépicage du blé. Ce que j'en ai dit ressemble à beaucoup de descriptions que l'on trouve dans les auteurs anciens, qui ne sont claires que pour ceux qui connaissent la chose. Je vais donc donner, comme commentaire, la description réelle de cette même opération pratiquée encore dans les environs de Rome, et probablement comme elle se pratiquait il y a 2000 -ans. « Peu de jours après que les blés sont coupés et liés en gerbes, on les conduit autour d'aires pratiquées solidement: li», des ouvriers, payés plus cher encore que les moissonneurs, placent les gerbes debout et serrées les unes contre les autres sur l'aire. Tous les chevaux de la ferme sont amenés accouplés quatre par quatre jusqu'au nombre de vingt-quatre, et retenus par une corde dont un homme, placé au centre de l'aire, tient l'extrémité; ils tournent en cercle autour de lui. Sous les pieds des chevaux les gerbes s'alFaissent, les épis laissent échapper les grains, et les ouvriers retournent fréquemment les pailles pour les exposer plus complètement au piétinement. » De Tournon, Etudes statistiques sur Rome, etc. liv. II, c. 2, t. II, p. 313.
Page 304. Sur la Combustion du chaume sur pied. <■ Dans la campagne de Rome et en Sicile on coupe les blés à moitié lige, et on bride le chaume sur pied. « Ch. Didier, Campagne de Rome, p. 165.
« L'on est encore aujourd'hui dans l'usage de brûler le chaume dans les champs, pour engraisser la terre, précisément comme au temps de Virgile. Cette opération se fait dans les grandes sécheresses. » Bonstetten, Voyage dans le Latium, p. 276.
Ces deux citations n'étaient point indispensables ici ; je ne les ai faites que pour fournir un témoignage de plus de ce que j'ai dit ailleurs, que beaucoup des usages modernes ne sont, en Italie, (ju'une tradition des usages antiques.
Page 308. Sur l'époque où la Culture des terres fut faite par des esclaves. Ce fut l'an 621 que Gracchus crut devoir essayer de renouveler la loi agraire; il n'y a rien d'invraisemblable à conjecturer que la culture par les esclaves était à peu près générale, environ 70 ans auparavant, c'est-à-dire l'an ooO, qn;ind on voit que ce mal avait, dès l'an 37'j, |)rovo(iué la proposition de la loi Licinia (Tit.-Liv. VI, 35), dont une disposition ordonnait aux propriétaires de prendre à leur service un nombre déterminé d'hommes libres. (Ap- PiAN. de Bell. civ. I, p. 606). Du temps de Calon et de Varron, les hommes libres n'étaient employés à la culture que momcnlanément ; la masse des cultivateurs habituels étaient esclaves.
Page 309. Sur l'expression pour désigner les terres que les cultivateurs tenaient à loyer de la république. Le verbe posséder est ici sjnonyme de tenir à bail; c'est un mot calqué sur le laiin possidere, qui désigne la jouissance par location. Le -verhe. possidere, toujours employé dans ce sens par les jurisconsultes, a servi à reconnaître que toutes les fois (|ue les historiens s'en servent en parlant des lois agraires, c'est qu'ils veulent désigner le domaine public.
NOTES.— LETTRE EXXXI. 541
Voy. NiEBDHR, Ilist. romaine, t. III, p. 191 , uole :297 ; t. IV, p. 17, Irad. do M. De Golbéry.
Page 314. Sur les Vivres des esclaves. En disant que les esclaves étaient privés de viande, je ne parle que par conjecluie, ou plulûl par induction ; en effet, si les esclaves avaient eu des râlions de viande, Caton, en écrivant le détail de leur nourriture, n'aurait pas oublié un aliment aussi important. La sobriété des agriculteurs libres et propriétaires peut donner une idée de celle imposée aux esclaves; Horace (11, S. 2, v. 116, 117 ) nous apprend qu'ils ne vivaient que de légumes et de porc fumé :
Non ego, narranlem, temere edi luce profesla Quidquam, praeler olus, fumosee cura pede pernae.
Dans des temps postérieurs à l'antiquité, il y a des exemples analogues à la parcimonie avec laquelle les anciens nourrissaient leurs esclaves, exemples concernant aussi des bonimes condamnés à de durs travaux : j'en citerai un emprunté au moyen âge ; le capitaine Panlero-Pantéra, dans un ouvrage intitulé : de la chiourme {delta ciitrma), parlant de la condition des forçats employés au rude métier de rameurs des galères, s'exprime ainsi : » Ils ont pour « nourriture trois onces de biscuit par jour, de l'eau pour boisson ; outn; a cela, de la soupe de deux jours l'un, quand ils sont à la mer, et tous les « jours quand ils sont dans le port. La soupe est de trois onces de fèves >' cuites avec un quart d'once d'buile par tète... Les forçats ont la ration de « viande et de vin quatre fois par an : à Noël, à Pâques, à la Pentecôte, et au « Carnaval « Voy. Jal, Archéologie navale, t. I, p. 30i.
Page 319. Sur l'époque où le Marnage des terres fut iulroduil en Italie. Varron (R. R. I, 7) dit avoir vu pratiquer le marnage dans la Gaule transalpine; Pline (XVII, 6) rapporte que ce procédé est employé dans la Gaule et dans la Bretagne : j'avance, par conjecture, qu'il était pratiqué à l'époque de mon voyage, parce que Columelle, qui vivait sous Claude, assure (II, 12) que son oncle en faisait usage.
Page 320. Sur la manière dont les Bœufs sont attelés à la cliarruc. « (Dans l'Agro romano) quatre, six, et jusqu'à liuit bœufs sont attelés de front à la charrue. 11 paraît que la méthode des Romains d'atteler tous les chevaux de front à leurs chars de triomphe, avait été prise de l'habitude de placer de celte manière leurs bœufs à leurs charrues. » Bonstetten, Voyage dans le Latium, p. 27o.
Page 321. Comment les Esclaves agricuficurs étaient enchainés pendant leur travail. La description que je donne dans mon texte est tracée d'après un camée antique, gravé dans le recueil de Bracci (Domenico) {Meniorie degii antichi incisori che scolpirono i loro nomi in gemme e cammei, t. I, tav. XXXIII, p. 183.) Cette pierre, qui est un onyx ovale de 12 millimètres sur 1 l, représente un Amour nu, enchaîné comme je viens de le dire. Cette ligure bien qu'allégorique est l'imitation évidente d'un esclave agriculteur; il est debout, au repos, la tète appuyée sur un lourd boyau à deux dents, duras hidens. (Virg. Georg. II, v. 3.30. — Columel. IV, 17). On reconnaît dans ce laboureur les indications fournies par Tibulle (H, 7, v. 7, 8) :
Spes eliatn valida solatur compcde viuctum ; Crura sonant ferro, etc.
Par Ovide : Vinctus compedc /bssor (Trisl. IV, 1, v. 5); par Pline : A'ujic eadem illa [terra] vincti pedes, damnatœ mamts... exercent. (XVIII, 3); par
Sénèque : Vasla spatia terrarum colenda per vinctos (de Benef. VII, 40); par Florus : Catenali cultores (III, 19); enfin par Lucain : Vinclo fossore cohmliir Jlesperiœ segetes. (YIl, v. 402, 403).
Page 322. Sur les Migrations des troupeaux. Voilà encore une coutume restée en vigueur dans les Etats du pape, et dans le royaume de Naples ; à la fin d'octobre, de nombreux troupeaux de moutons descendent des montagnes de ce dernier pays pour passer l'biver dans la campagne de Rome. Au mois de juin, ils se mettent en marcbe pour regagner les montagnes. Pendant la route ils couchent dans des parcs composés de filets que les bergers dressent le soir. 11 y a pour ces migrations une servitude générale de passage sur toutes les terres non ensemencées, et la loi a fixé à 40 mètres de largeur du terrain sur lequel la dépaissance peut avoir lieu. Quand le troupeau est arrivé à sa destination, les agents du fisc le comptent, et perçoivent par tête un léger droit, qui devrait appartenir aux propriétaires des terrains, comme dédommagement du dégât commis sur leurs^terres, mais qui entre dans les coffres du gouvernement. Voy. De Tournon, Etudes statislûjues sur Rome, etc. liv. II, c. 2. — Serait-ce encore là une tradition des anciens? cela n'aurait rien d'invraisemblable. Quant à la suppression du droit de pacage depuis l'immunité d'impôts donnée à l'Italie en 694, ce n'est qu'une conjecture.
Page 323. Sur la position du Soc au retour du labour. Ici je paraphrase un peu, mais c'était nécessaire; je n'ai pris, toutefois, celte liberté qu'après avoir vu, aux environs de Naples, les bœufs revenant du labour, et portant leur charrue comme je l'ai dit dans mon texte. Les agriculteurs modernes ont, suivant toute vraisemblance, conservé la coutume antique.
Page 327. Si Mécène proposa de donner le droit de cité romaine à tous les sujets libres de l'empire. Cette question est controversée ; M. Egger dans son très-savant et très-intéressant ouvrage intitulé : Examen critique des historiens anciens de la vie et du règne d'Auguste^, trouve que Dion a prêté à Mécène des vues politiques qu'il n'avait pas : « L'extension du droit de cité romaine à « tous les habitants de l'empire, ajoute-t-il, est un projet qui pouvait à peine « venir à l'esprit d'un conseiller d'Auguste. C'est la grande rél'orme que Dion « avait vu autrefois accomplir sous ses yeux par un rescrit célèbre de Cara- « calla , mais était-il autorisé à en reporter l'origine aux premiers temps du « principal? » [Clxap. VIII, p. 291.) ^lécèneélait un homme beaucoup plus sérieux que M. Egger ne semble le croire, quand il dit que Dion nous a peint vu faux Mécène, et qu'il faut aller chercher le vrai dans Sénèque (loc. cil. p. 290); c'était un grand esprit et un profond politique, sous les apparences de la futilité et de la mollesse. S'il n'eût élé qu'un eflëminé, Auguste ne l'aurait pas constamment conservé comme compagnon do ses travaux, et comme son conseiller assidu. Il est certain que Mécène avait d'excellentes vues de gouvernement, et le projet d'extension générale du droit de cité romaine peut et doit lui avoir appartenu plutôt qu'à Caracalla; c'était d'ailleurs un fait trop capital pour qu'il ait été omis dans les mémoires du temps, et les espèces de fictions oratoires que se permettaient les historiens anciens n'allaient pas jusqu'à altérer les idées fondamoutales des discours pour y insérer des faits ou des projets bien réels, empruntés d'une autre époque et d'un autre personnage. M. Egger reconnaît que dans le Discours que Dion arrange pour
' Un vol. in-8, Paris, 1SU.
le mol ire dans la lionche de Mécène, plusieurs traits ont pournous une ulilKo accidentelle, bien qu'ils ne soient contirmès par aucun témoignage positif de l'histoire contewporai7}e ; pouriiuoi vouloir exclure du nombre de ces faits le plus capital, celui relatif à l'octroi général du droit do cité romaine à la population libre de l'Empire? le savant archéologue dit seulement qu'un toi projet poHvuitàpeine venir à l'esprit d'un conseiller d'Auguste; le fait n'était donc pas impossible. Au surplus je ne suis pas seul de cette opinion, et M. Duroaii-Delamalle en avait admis non-seulement la vraisemblance, mais la réalité dans son remarquable ouvrage sur Y Economie politique des Romains, liv. II, c. IX, t. I, p. 331 et suiv.
Page 328. Sur le droit de Cité romaine enlevé à la Sicile. Pline (III, 8) dit que la Sicile avait 68 villes, et il n'en cite que 6 qui, de son temps, jouissaient du droit de cité romaine. On doit en conclure que ce droit, accordé à l'île entière par .Antoine, avait été retiré par Auguste, peut-être dans la double vue de reprendre des ressources pour le Trésor, en rendant de nouveau ces peuples tributaires, et en même temps de ne point diminuer par le recrutement militaire la population d'une contrée qui fournissait une forte partie du blé consommé par Rome,
Page 328. Si»" l'époque du Recensement et du Cadastre général ordonné par Auguste. On sait que cette grande opération eut lieiT l'année de la naissance de Jésus-Chvist. Une opinion généralement reçue place cette naissance dans l'année 754 de Rome. M. Dureau-Delamalle {Economie politique des Romains, liv. I, c. 19) prétend qu'elle doit être placée sous l'an 743. Il croit, dit-il, avoir prouvé la justesse de cette opinion dans une dissertation encore inédite. Ce qui m'a porté à me ranger à son avis, sans examen, puisque je ne connais point la dissertation, c'est qu'il me semble plus vraisemblable qu'Auguste laissa le Trésor dans la fâcheuse situation où il se trouvait en 725 , dix-huit ans plutôt que vingt-neuf ans, car j'adopte aussi les idées de M. Delamalle touchant les motifs qui engagèrent ce prince à cadastrer l'Empire. Cette conjecture paraît d'autant plus vraisemblable qu'après le cadastre le Trésor eut encore peine à suftire à ses charges, puisque l'Empereur fut obligé, pour l'y aider, de créer l'impôt de hVicésime en l'an 759, et celui de la Quinquagésime l'année suivante. Voy. Dion. LV, 25, 31.
Page 329. Sur le Droit Italique. L'opinion que j'émets ici touchant ce droit est une conjecture qui paraîtra sans doute étrange ; je m'y suis arrêté néanmoins parce qu'il m'a sendjlé qu'on n'a rien dit sur le Droit Italique que de vague et de peu concluant, et que tout ce qu'on lui attribue se retrouvait dans la constitution des Colonies Romaines ou Latines, des Municipes et des Préfectures. Ne paraît-il pas plus simple, au contraire, de penser qu'il y eut, pour les citoyens propriétaires fonciers de l'Italie, un privilège auquel n'étaient pas admis les citoyens propriétaires fonciers des provinces, parce qu'il fallait un revenu à l'Etat, que le Trésor avait de grands besoins, que le priver de l'impôt foncier dans les provinces eût été lui ravir un revenu important. D'ailleurs le cadastre ordonné par Auguste n'aurait, pour ainsi dire, pas eu de but, si les possessions des citoyens provinciaux, qui étaient immonsos, avaient joui de l'immunité, comme celles do l'Italie. Il faut se ra|)poler aussi que Dioclétien assujettit l'Italie à payer les tributs connue les provinces.
Page 330. Sur l'époque de l'Adjudication des impôts. Macrob {Saturn. I, 12) l'indique comme l'une dos cérémonies qui se pratiquaient au mois de Mars, quand ce mois était le premier de l'année. Cette époque avait dû être choisie à cause de la saison, pour favoriser la publicité, comme je le dis par conjecture, et sans doute elle aura survécu h la réforme de l'année.
tlH ROiMR AU SIÈCLE D'AUGUSTE.
Page 330. Sur le mode (V Enchérksement dans les adjudications à la criée. L'enchère romaine ne se faisant que par un acquiescement muet, ainsi que nous l'apprennent Cicéron et Paul Diacre, je ne vois pas d'autre moyen de la pratiquer. Aux halles de Paris le beurre et la marée sont vendus ainsi à l'enchère muette; les ventes des bois de l'Etat se font également par ce mode de mise à prix que le crieur diminue peu à peu, jusqu'à ce qu'un acquéreur l'arrête par un seul mot ou par un signe d'acquiescement.
Page 34o. Sur la conversion des Talcnls en Sesterces. Plutarque dit, dans le passage cité, quatre mille talents, qui valent 107,520,000 sesterces, ou 20,866,620 fr.
Page 351. Sur le temple de Jupiler-Anvur. On voit à Terracine, dans la position que j'indique, derrière la cathédrale , les ruines d'un temple en marbre blanc, consistant en un soubassement en pierre de taille, de 6 mètres, supportant un reste de murailles et deux colonnes cannelées en marbre blanc. Cette ruine est désignée communément sons le nom de temple d'AjoHon. J'ignore sur quelle autorité. Mais comme Jupiter-Anxur, c'est-à-dire sans barbe, était honoré dans cette ville, à laquelle il donnait son nom, je crois qu'il faut regarder ces ruines comme ayant appartenu à son temple. Apollon pouvait être honoré dans quelque autre partie de la ville, où il existe encore des ruines d'édifices sacrés. Sur le plan, la position et les ruines de Terracine, Voy. A. Féa e An'gelini, Monumenti più insicjni del Lazio, I, via Appia, p. è^ettav. XLIU, XLIV.
Page 354. Sur la grotte de Cumes. Elle existe encore en grande partie, à l'ouest du lac Averne ; mais la communication avec Cumes est obstruée par des éboulements, à peu près au milieu de sa longueur.
Page 359. Sur la qrotle du Pausilype. Cette grotte, qui sert encore de communication entre Naples et Pouzzoles n'a guère que 700 mètres de longueur ; mais elle était beaucoup plus longue anciennement : Strabon dit qu'elle avait plusieurs stades de longueur. Je suis parti de là pour lui assigner environ un mille, car il faut 8 stades olympiques pour faire un mille romain. Si celte crypte est aujourd'hui plus ciiîirte, c'est qu'une partie de sa voûte a été abattue, ou s'est écroulée, du côté de Pouzzoles. Sa hauteur actuelle n'est plus non plus sa hauteur antique; elle est beaucoup plus considérable, surtout du côté de Naples : elle a maintenant 24 à 25 mètres, et dans la partie la plus basse 7 à 8 mètres seulement. Cela vient de ce que, pendant le quinzième siècle, on a considérablement abaissé le sol du côté de Naples, pour rendre le chemin moins rude à monter. Les traces de l'ancien niveau se lisent sur les parois du rocher, où l'on voit, à une grande hauteur, les sillons creusés par les moyeux des chars des anciens. Un autre témoignage non moins authentique est fourni par le Tombeau de VinjUe, situé à gauche de la roule, près de l'entrée de la grotte. Il était anciennement au niveau du chemin, et il se trouve maintenant beaucoup au-dessus de la tête des passants.
Page 359. Sur le cri des voyageurs dans la grotte du Pausilype. Lalande dans son Voyage en Italie, t. 2% fait pendant le dix-huitième siècle, dit que les passants criaient Alla mure! Alla campagna! pour éviter de se choquer dans l'obscurité. Depuis le règne de Joachim Mural ce souterrain a été éclairé
NOTKS— LETTRr: LXXXV. Ut\
jour el null avec des réverbères. Alors les cris, qui certainement étaient une tradition de l'antiquité, ont dû cesser.
Page 308. Sur la publication du nom des classes exclues de l'Annone. Conradus attribue cette disposition à la loi Sempronia; mais la loi Octavia avant prescrit le recensement, on pourrait peut-être conjecturer que la loi Clodia compléta le mode d'exécution en ordonnant la publication du nom des classes exclues. Au surplus Britannicus place la loi inconnue, qui rapporte cette prescription, après la guerre Sociale, vers l'an 663, et Mazzocclii vers l'an 6G5, c'est-à-dire après la loi Octavia. Voy. Mazzocchi, Tab. Heracl. lat. p. 292, 315 et 382.
Page 369. Sur le nombre des citoyens secourus par l'Annone avant les (jucrres civiles de César. Plutarque rapporte qu'à la suite de la conjuration de ("atilina, le Sénat, pour neutraliser les menées des ambitieux, ordonna qu'il serait fait au peuple une distribution annuelle de blé; et il ajoute qu'elle coûtait 1250 talents [Cœs. 8; Calo. min. 26). Cette somme vaut 6,510,818 ïr.
Or, 150,000 gratifiés, à 5 rnodri par mois, ou 60 par an, font 9,000,000 de modii.
Le prix commercial du modius de 8 litres 671 , étant d'un denier, ou 78 centimes, cela fait pour la dépense totale 7,020,000 fr. On voit que c'est presque la même somme, à 500,000 fr. près. On peut facilement admettre cet excédant pour l'époque de César.
Page 369. Sur le nombre des citoyens secourus par l'Annone, avant la réforme d'Auguste. Avant celte réforme ou révision nouvelle, le nombre des citoyens secourus par l'Annone était probal)lement de 320,000, car on voit par l'inscription d'Ancyre, qu'Auguste, dans son douzième consulat qui tombe l'an 747, donna au peuple un Congiarium où 320,000 citoyens furent admis.
Page 370. Sur la quotité de chaque ration de blé fournie par l'Annone, Salluste nous apprend {Fragm. III, § 307, Orat. Licinii, éd. Durozoir ) qu'on avait ordonné une distribution de blé de cinq modii, et que c'était là aussi la ration allouée aux prisonniers. Il ne spécifie pas, il est vrai, pour combien de temps était cette ration; mais on peut conjecturer que c'était pour un mois, el qu'un citoyen représentait trois têtes. Voici encore un autre témoignage en faveur de la ration de cinq modii : César, à la suite de ses triomphes lit distribuer au peuple dix modii de blé el autant de livres d'huile, el Dion, rapportant le même fait, dit que c'était une distribution extraordinaire : « Populo [Csesar]... frunienti denos modios, ac totidem olei libras... viritim divisil (Suet- C(PS. 38). — K«( lie' «yroîâ To'y t- or,u.^j '/c/j.jip'^i siîTiKuc, zat ïfrov é'|&j zourîrv.yy-vjoij y.v.i £/«toy rcîsï'cwzsv «uT'Ti (DiON. XLIII, 21).
Page 370. Sur le poids moyen du blé. Pline (XVIII, 7) classe ainsi le poids des divers blés apportés à Rome :
Blé des Gaules et de la Chersonèse 20 liv. » le moditts.
— de Sardaigne 20 6 onces id.
— d'Alexandrie et de Sicile. .20 10 » irf.
— de Béotie 21 » » id.
— d'Afrique 21 9 » id.
102 25 onces.
La livre romaine étant c\e 12 onces, cela fait 104 livres 1 once, dont la moyenne dépasse nn peu 2^ livres.
ni. 35
Page 371. Si l'Aiviune veiuhiil du blé. C'est ce qu'on peut induire de la constitution de l'Annone, de l'ensemljlo de la Verrine sur les i)lés, et du passade ci-dessous de Tacili' : « Sievitiam Annon;e incusante plèbe, statuit [Tiberiusl i'rumento pretium quod emptor penderet, hinosque nummos se additurum negotiatoribus in singulos niodios. » (.4nn. II, 87.)
Quant à l'admission des environs de Rome à l'Annone, il me semble que la mesure d'Auguste rappelée p. 373, prouve cette admission; il exclut toutes les bouches inutiles des pays nourris par l'Annone.
Page 373. Loi pour protéger la fécondité de l'Egypte. La fécondité de l'Egypte était d'une si grande importance, que l'on prononça des peines très-sévères contre ceux qui chercheraient à y nuire. Voici sur ce sujet ce que nous apprend Ulpien {Digest. XLVII, lit. II, leg. 10) : « En Egypte, celui qui a rompu les « digues ou les a séparées, est puni extraordinairement, et selon sa condi- « tion, et selon la mesure de la faute; quelques-uns sont condamnés aux tra- « vaux publics ou aux mines. On punit aussi selon sa condition celuiqui coupe « le sycomore : car ce délit est poursuivi extraordinairement et d'une peine « grave, parce que ces arbres servent à l'assemblage des digues du Nil, par « lesquelles les accroissements de ce lleuve sont dispersés et retenus, de même « que ses diminutions arrêtées. »
Page 374. Sur lu Prime donnée par Tibère aux Marchands de blé. Il me semble que c'est la véritable interprétation de la phrase de Tacite, et qu'il faut admettre que les marchands versaient tous leurs blés dans l'Annone, qui avait le monopole du commerce. Sans ce moyen, tout contrôle pour les primes eût été impossible.
Page 375. Sur le Halaye des bateaux du Tibre. Aujourd'hui ce sont des buffles, animal dont la race était inconnue aux Romains, et qui ne fut amenée en Italie qu'en 593 de l'ère vulgaire (Biffon, Hist. naturelle du Buffle) qu'on emploie pour le halage des navires sur le Tibre. Les attelages sont de 8 pour un bâtiment de 38 tonneaux ; de 10 pour 95 ; et de 1 2 pour ! 40. Voy. 1)k Torn- Nos, Etudes statisliq. sur Rome, liv. V, c. 5. — Denys d'Halicamasse {loc. cit.) dit seulement que les navires sont tirés avec des câbles.
Page 376. Sur le mot Pistrixe. Ména^'e prétend, d'après Constantin Porphyrogénète, que boulanger vient de bucceUarius, nom de celui qui avait la garde du pain dans les armées romaines, et il ajoute que ce mol vient à son tour de buccellus, signifiant une viande de figure ronde, et de cellarius, nom du gardien du pain; de sorte, ajoule-l-il, que de buccellus on aurait lait buccelligcr, porteur de pain, d'où nous aurions formé notre mot boulanger, bien qu'il ne soit pas moins vraisemblable que nous ayons fait boulanger de bucceUarius.
On fait aussi venir boulanger de po//(?/i//(n/«.s. Ducange le dérive de bulla, parce qu'en pétrissant la farine on la tourne en boule, et on l'arrondit en pain. Cette élymologie ne laisse pas d'être probable, parce que, comme il l'a remarqué, il y a d'anciens titres où les boulangers soûl appelés boulens. » (Voy, Dictionnaire étgmolog. de la lang. franc, édition Jaull, au mot Boulanger. )
On voit pourquoi je n'ai point intitulé cette lettre, une Boulangerie. D'ailleurs le mot pistrine traduit aussi bien pistrina, que celui de cuisine traduit culina. Il n'est point encore français; mais il mérite de le devenir, et manque ;i la langue des traducteurs.
NOTES. — LETTRE LXXXiX. Ml
Pagi: 376. Sur le nombre des Pistrines ù Borne. EJii temps de P. Victor, il v en avait deux cent trente {de lieg. urb. lîomœ).
Page 378. Sur la construction et la manœuvre des Moulins. La description ([lie je donne est faite d'après le bas-relief antique reproduit dans la figure jointe à mon texte, et d'après un autre bas-relief un peu mutilé, qui se trouve aussi au musée du Vatican, dans la galerie Pie VII, n" 22. La partie interprétée de celte description ne peut pas l'èiro autrement, pour demeurer conforme à la vérité et à la vraisemblance; j'invoque le témoignage des personnes qui ont quelque connaissance de la mouture du blé. Le marteau, qui se trouve sur la meule tournée par un âne, m'a suggéré l'idée du moyen employé pour approcher et pour alléger ou soulager la meule, ainsi qu'on dit en termes modernes, .lusqu'à présent, aucune explication satisfaisante n'avait été donnée des moulins des Romains, du moins à ma connaissance. Mazois, dans son bel ouvrage des Piuincs de Pompei est très-insuffisant sur ce point, sans doute faute d'avoir éludié ou connu les deux bas-reliefs du Vatican dont je parle ici.
Page 378. Sur le travail de la Moulure. Ici je commente un peu pour être clair. Virgile {Moret. v. 24) dit simplement :
Advorat inde manus operi, parlilus ulrimque : Lseva ministerio, dextia est inteiUa labori.
Minislerio et labori sont mis là en opposition; le premier désigne le travail de la mise en mouvement delà meule, et le second, le soin de la mouture, l'obligation de voir si le blé est sunisamment atteint par la meule pour donner une farine bonne et en qualité suftiante. C'est une opération qui, dans la mouture des anciens, ainsi que dans celle des modernes, échappait à toute appréciation arithmétique, et ne pouvait être réglée que par le toucher.
LETTRE LXXXVIL
Page 38G. Sur les Crues du Tibre. Un travail fait par l'administration française sous l'empire de Napoléon, relate que les crues ordinaires du Tibre sont de 8 mètres au-dessus de l'étiage ; que pendant le dix-septième et le dix-huitième siècle on en a vu de 9, 10, 11, 12 et près de 13 mètres au-dessus de ce niveau ; qu'en 1530 il y en eut une de 13'" 684, et en Id98 une de 14"" 287. Voy. De ToiR^o^, Etudes statistiques sur Rome, liv. V ,chap. 6.
Page 388. Sur les Situes employés par les Jurisconsultes. Sa croirais assez volontiers qu'aulieudecbilfres, les Jurisconsultes se servaient simplement de signes abréviatifs, ap()elés sigles, où un mot est représenté par sa lettre initiale, comme, par exenqjle, dans la Collulion des lois mosaïques et romaines {{\t. 1, § 10, 11) KN pour harissima nobis; VC pour vir clari,<isimus, etc.; dans cette formule d'appel devant le Préteur : appeler à en venir aux mains juridiquement, ex jure manu consertum vocare, que l'on écrivait ainsi : E. J. M. C. V. (Voy. BouaiAUD, Commentaire sur la loi des XII Tables, t. I, p. 642, note l)."Ce qui m'engagerait à croire cela, ce sont ces mots de Cicéron {pro Murena, 11): Res enim sunlparvœ, prope in sinijulis litteris atque inlerpunctionibus verborum occnpntœ. Il n'est pas impossible, cependant qu'il soit question de chiffres dans le passage suivant du même chapitre, où Cicéron dit que les Jurisconsultes, pour neutraliser la publication de Flavius, notas quasdani composuerunt, ut omnibus in rébus ipsi intéressent.
Page 411. Sur les foruli. La description que je donne résulte du nom même de ce petit meuble.
ras ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE.
Page 411. Sur l'origine du mol îs'id. C'est encore là une conjecture, mais qui paraît peu contestable.
Page il 6. Sur la capacilé des Volumes dans l'antiquité, et sur la Bibliothè- ([ue d'Alexandrie. Nous verrons un peu plus bas, que le mot volume doit s'entendre de la capacité d'un seul rouleau de parchemin ou de papyrus, assez petit. M. Mongez, dans le Dictionnaire d'antiquité de V Encyclopédie méthodique, au mot Bibliothèque, n'évalue qu'à 50,000 volumes in-12 les sept cent mille volumes de la bibliothèque d'Alexandrie.
La bibliothèque d'Alexandrie était installée dans deux corps de bâtiments séparés, situés, l'un dans le quartier de la ville appelé le Brucchium, et l'autre le Sérapeum. Les galeries du Brucchium contenaient 400,000 volumes, et furent incendiés, et tous leurs livres détruits, lorsque César s'empara d'Alexandrie.
Page 417. Sur le mot de libraire. Plus tard on donna aux commerçants en livres le nom de Jfihliopoles. (Qlint. Instit oral, prief. — Mart. XIIL 3; XIY, \'è'i) ; mais tous les auteurs du temps d'Auguste se servent du mot libraire, et quand le mot bibliopole devint en usage, il ne le fit pas oublier; on se ser^'it indistinctement de l'un ou de l'autre. (Voy. Sesec. de Benef. VU, 6.)
Page 418. Sur le Roseau d'Egypte. Je décris le roseau ou calame d'Egypte employé aujourd'hui en Orient, et dont se servent, chez nous, les orientalistes, pour écrire en langue orientale.
Page 420. Sur la longueur des Feuilles de volumes. J'emprunte ce dernier fait au chanoine de Jorio ( Offic. de' papiri, p. o); il dit que le volume a Tl palmes Napolitains de long, mesure équivalant à 19 mètres 70, ou, environ, 70 pieds romains antiques.
Page 420. Sur la grandeur du Format des livres. Les manuscrits latins trouvés à Herculanum, et conservés au musée de Naples, varient entre 24-5 et 32o millimètres. Voy. de Jorio, Offtc. de' papiri, p. 36.
Page 436. Sur l'époque où Livius Andronicus écrivit ses poèmes dramatiques. Cicéron assigne l'an 514 à cette révolution; Aulu-Gelle, l'an 490, et Tite-Live, à peu près l'an 400, car il la place quelque temps après l'an 391 . J'ai pris le terme moyen en suivant A. Gelle.
Page 440. Sur les Annales des Pontifes. Je n'ai pas voulu multiplier à plaisir les citations sur les Annales; j'engage les lecteurs qui seraient curieux de les connaître toutes, de recourir au savant et curieux ouvrage de M. J. Le Clerc, des Journaux chez les Romains, où il trouvera réunis les textes mêmes relatifs à ces Annales, p. 344 cl suiv.
Page 449. Sur la Copie amplifiée des Actes diurnaux. Tout ceci est une conjecture dont j'ai donné les motifs dans mon texte. Cicéron {Ep. famil. VII, 2, 11), parlant de ce recueil l'appelle Commentarius rerum urbanarum. Ce qu'il dit du contenu de ces Actes, particulièrement dans la leltre I I®, prouve qu'il devait y avoir une rédaction privée, une copie ampliiiéc ou commentée (lesJcfes diurnaux. Je citerai encore la lettre 8 du liv. II du même recueil, où Cicéron parle de la compilation «l'un certain Chrestus {compilatio Chresli),
.NOTES. —LOTili: XCII. 549
composée avec les Acies diuinaux. Quelques savants oui vuulu liaduiie compildtio Chrcsti, le vol de l'esclave de Clireslus, ce qui ne sérail plus alors qu'une nouvelle des plus vulgaires ; mais le premier sens nous paraît prélérable. (Voy. M. Le Clerc, des Journaux chez les Romains, part. I, p. 232). Les lettres de Célius à Cicéron {Ep. famil. VIII, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 13, 14), peuvent donner une idée des Actes amplitiés.
Les copies, étant peu nombreuses, on en faisait sans doute faire, par des copistes privés, des extraits qu'on enfermait dans les lettres envoyées en province. {Cic. Ep. famU. Vlll, I ; XII, 23).
< Un excellent mémoire de M. .1. Naudet sur la Police chez les Homalns, m'a fourni l'idée du Uiode de publicité oflicielle : « Quant au mod(! de publicité, dit le savant archéologue, on doit remarcpier d'abord que le pluriel acta n'indi([ue point la pluralité des journaux. Il n'y avait pas plusieurs journaux du Sénat; les aclu senalus sont les divers faits consignés dans une seule et imiiiue rédaction. Ainsi les acki populi ne signifient qu'un seul journal qu'où copie en entier, ou par extrait, chacun prenant ce qu'il veut.
« Car celte publicité ne courait pas par tout le pays au-devant des curieux, comme la publicité des journaux modernes; elle se contentait d'être accessible à qui venait la chercher. Très probablement la rédaction était exposée dans un labularium, sur des tables que le public était admis à consulter à loisir, comme au tribunal V Album du Préteur pour les procès, comme chez nous, et mieux que chez nous probablement, les affiches de l'état civil et les listes d'électeurs dans les mairies. « De la Police chez les Romains, c. II, art. IV, § IV, p. 103 ; et Mémoires de l'Acad. des Sciences morales et politiq. t. IV'=.
M. J. V. Le Clerc, dans son ouvrage des Journaux chez les Romanis, précédemment cité, a réuni un certain nombre d'extraits d'auteurs latins ou grecs, qui paraissent empruntés aux AcAa diurna, ou du moins inspirés par ce recueil. (Voy. p. 374 et suiv.)
Page 430. Sur la mort d' Alexandre, [ils de Pcrsée. Le triomphe de P. Emile eut lieu l'an 63-'). Les enfants de Persée étaient alors en bas âge. Comme les historiens ne disent pas à quel âge mourut Alexandre, je puis supposer qu'il devint centenaire, ou à peu près.
P.4GE 453. Sur la situation du Tombeau de Vir(jile à l'entrée de la grotte de Pausihjpe. En indiquant ainsi la position de ce tombeau, je suis la tradition vulgaire ; mais elle n'est pas établie sur des preuves irrécusables : bien des antiquaires en contestent l'exactitude, et prétendent qu'on ignore où s'élevait le tombeau de Virgile. Voy. sur cet intéressant sujet de Jorio, Guida di PozzuoH e contorni p. 9 et suiv. iu-S", terza edizione, Napoli 1830.
Page 456. Sur les mots gastbomane et gastromame. Ces deux mots ne sont pas dans le Dictionnaire de l'Académie, qui ne donne que gastronome et (jastronomie. Il y a cependant une nuance très-marquée entre un gàslromane cl m\ gastronome ; \g premier est passionné pour la bonne chère, le second écrit sur la bonne chère, en trace les lois. L'Académie s'en sera tenue au terme unique de gastronome parce ([u'on ne voit pas de gastronome (jui ne soit gastromane ; cependant la prupcisilion contraire est souvent vraie, cl |)eut-ètre alors eùt-il été bon de conserver les deux termes.
Page 464. Sur les Sangliers sirvis entiers. Ici encore je justiiit rai la \raibcmblance de l'anecdote ancienne par une anecdocle moderne, que j'enqu un-
m) ROME AU SIÈCLE D'AUGUSTE.
terai au Tableau de Paris de Mercier, CCCLXXXIII, t. 5, p. 78, iu-8", Auislerdam, 1783. — « Un sanglier à la crapandine! sécrie-t-on. Oui, je l'ai vu de mes yeux sur le gril; celui de saint Laurent n'était pas d'une plus belle taille. Ou l'environne d'un brasier ardent; on le larde de foie gras; on le llanibe avec des graisses fines; on l'inonde avec des vins les plus savoureux ; il est servi tout entier, avec sa hure, devant Monseiçineiir qui sourit à l'énorme service. On attaque tantôt la bure, tantôt les côtes, et l'on disserte savamment sur la partie la plus fine et la plus délicate. »
Voici encore un petit fait analogue à celui rapporté page 460, sur des citrouilles accommodées avec l'aspect et la saveur de beaucoup d'autres mets: « Dans la semaine sainte, il y a un repas chez le roi, où l'on imite avec des lé ; gumes tous les poissons que l'Océan fournit. On donne à ces légumes le goût de ces mêmes poissons que l'on imite. » Mercier, Ibid. p. 81 .
Page 468. Sur le Garum sociorum. Ce que je dis de l'origine du nom de cette substance n'est qu'une conjecture fondée sur le moi sociorium.
L'auteur des Géoponiques [Hv. XX, c. dernier) donne ainsi la recette du Garum : — « On met dans un vaisseau des intestins de poisson que l'on « sale,... on les fait macérer au soleil et on les retourne souvent. Quand la « chaleur les a bien rancis, on en tire ainsi le garum : on plonge un panier « long dans le vaisseau, et on en puise toute la substance liquide, qui, se fil- « trant par l'osier, laisse ce qu'on nomme la saumure, ou alex, et toute la « substance grossière. »
Un auteur moderne, dont le nom fait autorité en gastronomie, a consacré quelques-unes de ses mcdilations non moins spirituelles que solides, à retrouver la véritable composition du garum, et s'exprime ainsi sur cette question importante : « On croit qu'on tirait le garum par expression des enlrailles « marinées du scombre ou maquereau ; mais alors rieu ne rendrait raison de « ce haut prix. Il y a lieu de croire que c'était une sauce étrangère; et peul- « être n'était-ce autre chose que le Soy qui nous vient de l'Inde, et qu'on sait « être le résultat de poissons fermentes avec des champignons. » Brillât- Savarin, Physiologie du goût, § IV, 41.
Page 476. Sur le Traité culinaire d'Apicius. Le livre de Recutinaria porte le nom de Cœlius Apicius. On reconnaît qu'il est fort ancien ; C('pen<lant quelques critiques ne pensent pas qu'il ait été composé parl'Apicius dont je viens de parler. La différence de prénom ne serait cependant qu'une faible objection, car de mauvais copistes auront pu lire et transcrire Cwlius pour Gabius ; les méprises de ce genre ne sont pas rares dans les manuscrits, et il y a assez de rapprochement dans la forme des deux mots pour autoriser cette conjecture.
Page 477. Sur les Tableaux votifs consacrés dans les temples. Le fait que ie lapporte ici est plutôt un commentaire qu'une traduction de ces deu.v vers de Tibulle (I, 3, v. 27, 28) :
Nuiie, Dra, nunc surcunc niifii, nam posse medt'ii Picta docet teniplis multa tabella luis.
Mais le commentaire n'a rien que de vraisemblable pour quiconque sait que l'usage de ces tableaux votifs s'est conservé à Rome. Les personnes qui ont visité celte ville, en ont pu voir dans phisiems ('glises, et parliculièrenu'iil dans celle de l'Ara-Cœli. Leur conq)ositiou est telle que je l'ai indicpiée dans mou texte, et le personnage qui l'a consacré y joue le premier rôle : l'un est
NOTES.— LKTTKE XCV. 551
renversé sous les pieds des chevaux, l'autre sous la roue d'une voilure; uu autre tombe par une fenêtre ; un quatrième est assassiné, ou se noie, etc. Dans un coin du tableau, toujours Tort petit et très grossièrement peint, on voit Dieu, ou la Sainte Vierge, ou un saint de la légende, ([ui, guindé dans une espèce de gloire d'opéra, veille sur la vie du maliieureuv (pii lui a consacré cet ex voto. Le signe de la consécration est marqué dans un angle du tableau par ces trois lettres P. G. R. signitiant pro (jrutia vecepla, et encadrées dans un petit cercle ovale. Ce monogramme me rappelle une observation de De Brosses, sur de tels rx roto : « Les murs de cette chapelle, dit-il, sont recouverts du haut en bas de bras, de jambes et autres membres d'argent, qu'y ont consacrés ceux qui on eu la grâce d'être estropiés « De Brosses, Lellrcs historiques et critiques, republiées en 1836 sous le titre de Y Italie il y a cent ans, Lettre XXIV.
PAGE]]i8i. Sur la Dissection des corps vivants. L'observation suivante de Celse prouve que de son temps cette dissection était pratiquée : « La dissection des cadavres, dit Celse {I prœf.), qui à la vérité n'a rien de cruel, mais répugne à la nature, n'est pas même nécessaire, puisque les parties, pour la jdupart, sont très-didérentes après la mort de ce qu'elles étaient pendant la vie, et que le traitement des maladies l'ait voir tout ce qu'il est possible de connaître dans le sujet vivant... Je pense qu'il est cruel et inutile d'ouvrir les corps vivants, mais que ceux qui se consacrent à la médecine ne peuvent se« dispenser de disséquer des cadavres. » — Celse a fourni le fait, et Quintilien le développement.
Page 192. Sur le nom de GiiSE. « Le vrai nom des qèses en langue gallique est cjais. Ce mot n'existe plus aujourd'hui dans cette langue, mais un grand nombre de dérivés lui ont survécu : tels sont gaisde, armé ; gaisg, bravoure ; (jas, force; etc. » Amédee Thierry, Hist. des Gaulois, \^^ part. c. I.
Page 493. Sur les Combats d'hommes et de lions. J'emprunte les détails de ces condjats aux bas-reliefs de deux lampes romaines antiques, représentant Hercule condjattant le lion de Némée, (Voy. Montfalc. Anliq, expliq. t. V, pi. 172. — S. Bartholi, le Antiche lucerne sepolcrali, part. U, tav. 29,) ainsi qu'à diverses médailles représentant ce même sujet. (Voy. Thesaur Morell. Poblicia, 4 et 5o9. — Vauxant, Famil. rom. Mucia, 2.) Les artistes qui composaient ces bas-reliefs devaient naturellement .s'inspirer de ce qu'ils voyaient chaque jour d'analogue au cirque et à ramphitéàlre.
Page 498. Sur les Combats simjidiers de bestiaires et d'éléphants. Je n'en parle pas, parce qu'ils ne furent imaginés que sous l'empire de Claude.
Page oOI . Sur une Chasse extraordinaire. La Chasse dont je parle ici eut lieu sous Domitien. (Mart. de Specl. 23). Probus en répéta une imitation, et ce fut lui qui fit venir tous les animaux dont je fais mention. (Vopisc. Prob.\9.)
Page 505. Sur ta capacité de l'Amphithéâtre de Statilius Taurus. Comme on n'a rien retrouvé de cet Amphithéâtre (voy. Descript. de Hume, t. 1, p. 124, n° 182,) le nondjrc donné ici est conjecturai. Je h^ déduis de la capacité de Théâtre de Ponqtée, qui contenait 27,000 spectateurs; par conséquent l'amphithéâtre devait contenir environ le double. Je lire aussi cette conjecture d'à-
prés l'iimpliillit'àlio temporaire de Fidènes doul parle Tacite {Ann. IV, 62, 63,) lequel contenait 50,000 spectateurs.
Page 506. Sur les Respects rendus à l'Empereur dans les Jeux. J'ai dit ailleurs comment le peuple accueillait les grands personnages qui venaient aux jeux publics (Voy. Lettre XLVIII, t. II, p. 311); depuis Auguste, le peuple devait avoir pris l'habitude de saluer l'Empereur, surtout quand il lui donnait des jeux, lime semble que le salut des gladiateurs naumacbiaires à Claude, Moritu.ri te salulant (Slet. Cluud. 21), est une imitation dérisoire et auiére du salut ordinairement donné par le peuple; l'anecdote rapportée p. 404, sur Virgile, conJirmerait ma conjecture.
Page 506. Sur la Place de V Empereur à iamphithéûlre. Nous avons vu que l'Empereur avait une espèce de trône au théâtre (Voy. t. II, p. 337); trèscertainement il devait en être de même à l'amphithéâtre, et l'Empereur ne se trouvait pas confondu avec les sénateurs.
Page 506. Sur le Suhiignculiim des Gladiateurs. Juvénal (S. 2, v. 143; 8, v. ^207), parle d'un gladiateur Rétiairec/i <(ui(V/i(e; Suétone {Calig. 30) nomme aussi un lieiiarius lunicatus. Je pense qu'il faut entendre ici par tunicii, un bas de tunique, ce que nous nommerions, en langage moderne, une cotte. Cette interprétation s'accorde avec les images connues de gladiateurs, et de plus elle est conforme avec la seule vraisemblance possible, car une tunique entière aurait gêné le combattant, et de plus les spectateurs n'auraient pas pu voir les blessures, ce qui eût été les priver d'un grand plaisir. J'ai donné le nom de subligacuhim à ce bas de tunique, faute de trouver une meilleure expression ; mais elle n'est pas très-exacte, car le subliyaculum était proprement un caleçon : « Les acteurs même, dit Cicéron, sont accoutumés par l'ancienne discipline à une si grande réserve, qu'aucun ne paraît sur la scène sans caleçon ; car ils craignent que s'il leur arrivait quelque accident, et que quelques parties de leur corps fussent découvertes, ils n'offrissent un aspect indécent. — Scenicurum quidem vios tantam habet veteri disciplina verecundian}, ui in scenamsine Subligaculu prodeul nemo. Verunlur mim, ne, si fjuo casa ecenerit, ut corporis partes cjuœdam aperiantur, udspiciantur non décore, {de Om. I, 35.)
Le subligaculum était même plus qu'un caleçon, c'était une espèce de pantalon, ou de chausses longues, telles qu'on en voit à deux statues d'acteurs comiques, conservées autrefois à la villa Mattei, et à la villa Albani, à Rome.
Page 513. Sur les Con^bats de Dimachères. On voit à Naples quatre Dimachères en marbre blanc, provenant de la collection Farnèse, où ils portaient les n"' 37, 38, 39 et 40. Ils sont dans une des salles du musée des Studj, ;ui rez-de-chaussée, et portent maintenant les numéros 34, 35 et 37. J'emprunte aux diverses poses de ces statues ce que je dis de la manière de combattre des Dimachères.
Page 514. Sur les Combats d'Essédaires. En disant que les combats des Essédaires étaient une imitation des combats des Bretons, ce n'est qu'une conjecture que je forme d'après le passage do la lettre de CicéroiT citée en note. L'extrême laconisme de Cicéron et de Suétone, les deux seuls auteurs anciens qui, à ma connaissance, aient Aiil mention des glaiiiateurs Essédaires, ne m'a pas permis d'entrer dans plus de delails sur leur manière de combattre. L'imitation rigoureuse des Essédaires Bretons ne pouvait se pratiquer dans le cirque; mais je crois tju'on les imitait dans tout ce (jui était imitable. Cela devait fournir aux Romains un spectacle d'autant plus agréable (ju'il leur
NOTES. — LETTUL XCV. 355
rappelait leurs victoires et leurs coiiquèles. Au surplus, le lecteur jugera; voici, d'après César, la description duu véritable coinhiil d' Esséduirea :
« Les Esscdaires comuiencent par courir autour de reiineuii, en lançinl des traits, et le plus souvent parviennent à jeter le désordre dans les rangs par la terreur qu'inspirent l'approche des chevaux et le bruit des roues. Quand ils. ont pénétré jusqu'au milieu des escadrons, ils sautent à bas de leurs chars, et combattent à pied. Les conducteurs s'éloignent alors un peu de lu mêlée, et se placent de manière que les combattants puissent aisément se replier sur eux, s'ils viennent à élre pressés par des f(H'ces supérieures. C'est ainsi que les Bretons réunissent dans les combats l'agilité du cavalier à la fermeté du fantassin ; et tel est chez eux l'elfet de rha!)itnde et de leurs exercices journaliers, que dans les pentes les plus rapides, ils savent arrêter tout court leurs chevaux, même au galop, les modérer ou les faire tourner, comme il leur plait, courir eux-mêmes sur le timon, se tenir sur le joug, et de là, revenir très promptement dans leur char. » — Gcnua hoc est exessendis pmjnœ: primo per omnes partes ptre(iuiUtnt cl tcln conjiciiint, alfjiie ipso tcrrorc equoriim cl slrcpitn rotarum ordines plcrumqnc perturbant, et quum se intcr cquittimtiirmus insinuavcriiit, ex essedis desiliiint, et pedibus prœiiantur. AurUjœ intérim paiilum ex prœlio crcedvnt, atque ita se collocnnt id, si illi a multitadine Iwstium })remantur^ expediliim ad suos l'eceptam habeunt. lia uiobilitatem equilum, stabilitalem peditum inprœliis pnestant, «c tantuni usu quotidiano et exercilalione cfliciunt, ni in decltvi ac prœcipiti loco incitâtes equos sustinere, cl brevl moderari ac llectere, et per temonem percurerre, et in jugo insistere, et inde se in currus citissime recipere consuevcrint. (d* Bell. Gall. IV, 33.)
P.AGE 515. Sur l'Enlèvement des corps de l'arène. Cette tragi-comédie de Pluton et de Mercure me semble un point assez obscur encore; je ne suis pas sûr d'en avoir donné une bonne explication, car je n'ai sur ce sujet que deux passages beaucoup trop laconiques deïertuHien. Les voici : « Risimuset inter îudicrasmeridianorum crudelilales ^lercurium mortuos cauterio examinanteni. Vidimus et Jovis fratrem gladiatorum cadavera cum nialleo deducentem. {Apoloqet. 15.) — >' Risimus et meridiani ludi de deis lusum, quo Dis Pater Jovis frater gladiatorum exsequias cum malleo deducit, quo Mercurius, in calvilio pennatulus, in capucieo ignitulus, corpora exanimata, jam mortemve simulantia e cauterio probat. » ['id Xalion. I, 10.)
Si l'on admet mon interprétation, voici une phrase de Sénèque qui paraît indiquer assez clairement le massacre des blessés, pendant l'intervalle des combats : il parle des jeux composés de gladiateurs et de bestiaires, et se récriant contre ces massacres, il ajoute : « Intermissum est spectaculum : intérim jugulentur honiines, ne niliil agatur. » Ep. 7. — Le ne nihil aqalur ne rappelle-l-il pas le mot du Dandin des Plaideurs sur la Question :
Bon ! cela fait toujours passer une licure ou deux.
Page 518. Sur les Gladiateurs Eiscah. .le n'ai point trouvé ce noln dans les auteurs anciens. Je le prendrais volontiers pour une de ces gloses de commentateurs qui se sont introduites dans les textes on ne sait comment. Les gladiateurs poslulatoires étant entretenus par b; fisc ou trésor du prince, les archéologues glossaleurs seront partis de là pour leur donner le nom de fiscal es.
Page 519. Sur le Salaire des Gladiateurs. Tile-Live (XLIN', 51) «lit que l'an 584 ce salaire était de dix talents. Or, dix talents (en supposant des talents attiques) valaient 52, I Ofj fr. 55 c. suivant M. Dureau de la Malle. Nous avons vu page M 1 ipie Tibère donna, par extraordinaire, à deux fameux gla-
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diaU-uis, ceul mille sesterces pour des jeux (26,560 fr.)- Le salaire dont parle Tite-Live, et qu'il cite comme un misérable gain ordinaire, devait être l;i somme totale de rengagement d'un gladiateur. Je suppose cet engagenieiil de 20 ans, c'est-à-dire à peu près égal à la durée du service dans la milice, ce qui réduit le salaire à 3360 deniers, ou 13,440 sesterces, valant 2,608 fr.
Page 521. Sur la place du Spoliaire. Aucun auteur de l'antiquité ne l'indique. Un a découvert à Pompei, sous les gradins de la précinctiou inférieure de rAnipliitliéàlre, une chambre où il y avait encore des ossements d"hommes et d'animaux. Ou y pénétrait par une porte donnant dans le couloir de l'une des deux portes situées sur le grand axe du monument. On ue peut douter que c'était là le Spoliaire.
EXPLICATION RAISONNEE