‹ Rome au siècle d'AugusteChapitre 6 sur 44 · LES STATUES · texte numérisé non relu

LES STATUES

C'est d'un peuple, ou tout au moins d'une armée de marbre et d'airain que je vais te parler, et dont l'effectif, tant à Rome que dans les jardins, les maisons des faubourgs et des environs, n'est pas évalué à moins de soixante-dix mille sujets ' ! Oui, soixante-dix mille Statues ! La chose est aussi vraie qu'elle paraît invraisemblable . Quand je t'écrivais, il y a bien des années, qu'il y avait sur le Forum romain littéralement un peuple de statues'^, mon attention était alors attirée et distraite par des milliers de chose? neuves pour mpi, et je n'avais pas encore eu le temps de remarquer que mon observation devait se généraliser, et que la ville abondait en images de ce genre. Le nombre n'a cessé de s'en accroître depuis ce temps-là, et va devenir plus patent, du moins je le pense, par suite d'une espèce de joute provoquée entre les possesseurs des plus belles statues. Voici le' fait:

Ces jours derniers, à l'heure de la promenade au Champ^, ou au Champ-de-Mars, si tu aimes mieux, il se manifesta, dans la foule, ordinairement si paisible, des promeneurs et des promeneuses du beau Portique d'Octavie, une certaine émotion, causée par une longue afliiche appendue sur lesmur.s de sa jolie place demi-circulaire qu'on appelle Y École. Cette table contenait un discours d' Agrippa, que ce ministre de l'Empereur a composé pour engager tout le monde à rendre publics ses tableaux et ses statues. Je n'examinerai pas si Marcus Agrippa, homme plus voisin, dit-on, de la rusticité que de la délicatesse*, n'a pas obéi à une inspiration qui aurait pour but de distraire les Romains des affiiires publiques dont l'Empereur iisurpe chaque jour davantage la direction ; je ne veux, quant à présent, que co'nstater le fait. Il est certain que son invitation ne sera pas stérile, car tant de gens sont disposés à faire leur cour aux puissances, qu'ils ne manqueront pas une occasion où doivent aussi trouver leur compte la vanité personnelle, la petite gloire de passer pour un homme de goût, et la satisfaction secrète de faire voir qu'oi^ possède des choses que d'autres peuvent envier.

> \cadcm. des Inscripl. t. XXVIU, p. 392. = 2 Lellrc 111, f. I, p. 232. = ' LellK- XXVII, l. II, p. 42 = * Vir ruslicilali propioi quam deliciis. Plin. XXXY, i.

LETTRE LXll. 50

La singulière invitation d' Agrippa m'a donné l'idée de prendre quelques renseignements sur l'art statuaire, comme pour servir de complément à ma lettre sur les tableaux. Je me suis proposé, dans les notes que je t'envoie, non de traiter à fond, mais d'elïleurer ce sujet, que j'ai d'ailleurs plutôt considéré sous le rapport des mœurs qu'au point de vue de l'art en lui-même.

La sculpture est aussi ancienne en Italie que la peinture; dès les premiers temps les Romains eurent des statues pour honorer soit les dieux, soit les hommes. On voit au Forum Boarium, devant les carcères du Cirque maxime, une statue d'Hercule en airain qui remonte au temps du roi pasteur Evandre, et dans le temple de Janus Geminus, en dehors de la porte Carmentale ou Scélérate, un Janus au double front, consacré par Numa'.

Ce fut surtout pour récompenser les services publics que l'on multiplia les statues *. Les inscriptions parurent insuffisantes; en effet, elles parlent peu à l'esprit de la foule, et point du tout à ses yeux. On voulut au contraire que le peuple put voir, en quelque sorte tout à fait, ceux qui se dévouaient } our lui, et auxquels on désirait assurer une mémoire éternelle en échange d'une vie courte et passagère'; que le plus ignorant, le plus grossier plébéien pût reconnaître au premier coup-d'œil ces citoyens recommandables. Yoilà pourquoi le Forum romain fut choisi de préférence pour ces espèces d'apothéoses des vivants, et sur cette place les lieux les plus célèbres, tels que les Rostres et le Comitium. Je t'ai dit les principales statues qui s'y trouvent; s'il fallait les compter toutes, on en trouverait un nombre très-considérable *.

Il serait peut-être encore plus difficile d'énumérer toutes celles qui n'ont fait que passer sur cette place célèbre, le temple, tout à la fois, et les Gémonies de quantité d'illustrations romaines. En etfet, les Romains, depuis leurs discordes civiles des deux derniers siècles, moins sages que leurs ancêtres, proscrivent jusqu'à ces sinuilacres de marbre ou d'airain °, et Ton pourrait presque écrire l'histoire des partis qui tour à tour ont dominé la république pendant ces époques funestes, par celle des statues qui brillèrent dans les Rostres; ainsi, à l'endroit où est aujourd'hui la statue dorée de l'Empereur, on a

' Plin. XXXIV, 7.— IMan el Descripl. de Rome, nos 256, 99. — ^ Ibid. 5, 6.— Cic. riiilipp. IX, 1, elc. — 3 ibid. 2. = '' Loiire 111, t. I, p. 232-234 ; Dcscriiil. de Uoœe, n" 83. = '" Cic. de Oriic. Ml, 20. — Q. Cic. de Pelil. cou^ul. 3. — V. Jlax. IX, 2, 1. — Plin. XXXIV, 6.

vu successivement celles de Sylla ', de Pompée*, de César ', de Lépide *. Ce fut le Sénat qui décréta et proscrivit tour à tour ces images *, avec un zèle, un dévouement dont il avait le secret, et qui lui permettait d'être constamment prêt à exalter le vainqueur et à proscrire le vaincu.

L'honneur d'une statue fut d'abord une récompense décernée à des services publics, et dont quelquefois le peuple fournit la matière. Juge combien devait être considérable le nombre des adhérents, car la contribution de chacun était la menue monnaie même qu'on qt^- YieWesttps^. Cette récompense éclatante alluma toutes les ambitions, toutes les vanités : les magistrats auxquels le Sénat ou le peuple ne la décrétèrent pas, l'usurpèrent souvent, et pour perpétuer le souvenir de leurs magistratures se firent représenter en consuls, en préteurs, en tribuns, etc., dans un endroit public, quelquefois dans un temple'', mais la plupart du temps sur le Forum*. Je ne saurais affirmer que ce droit leur appartînt ; je le croirais cependant volontiers, d'autant qu'ainsi je trouverais expliqué par une usurpation frauduleuse l'établissement de celte multitude de statues que d'obscurs citoyens se sont dressées à eux-mêmes en public. 11 y a tant de magistrats, ils se renouvellent si souvent, qu'il est à peu près impossible, dans ce grand tourbillon de Rome, de savoir si tel homme a véritablement été questeur, édile, tribun, censeur, duumvir, etc., ou s'il n'a rien fait de remarquable pendant sa magistrature®. Le public, ensuite, n'attache pas assez d'importance à une distinction si coumiune pour prendre la peine de contrôler les usurpations.

Le droit d'ériger des statues est tellement abandonné à tout lo monde •", si peu surveillé par l'autorité publique, qu'Annibal luimême est représenté dans trois endroits de cette ville contre laquelle, seul parmi tous les ennemis du nom romain, il a osé lancer une javeline " !

La statue sur le vestibule de la maison, dont j'ai parlé ailleurs ". est de droit pour le pi^opriétaire, le vestibule n'étant pas censé public, bien qu'il le soit véritablement. Là, les maîtres des plus belles

1 Appinn. de Bell. civ. 1, p. 685.— Dion. XLII, 18. = « Dion. Ibid. — Plul. Cir. 40 ; Apotlieim. p. 774. = » Palcrcul. U, 61. = * Cic. l'Iiilipp. V, l.ï ; Cic. et Biiili. I"p. 15. D c\c. — l'jitoiTul. Ihid. — Appiiin. Ihid. III, p. 907. = « Sinlua el a populo siipo collula sliilula esl. Piin. XVlll, 3. — Niebulir, llisl. rom. I. IV, p. ir.l, Ir. fr. = 7 Tji.- Liv. XL. 51. — Plin. XXXIV, 3. — Pliil. Calo. maj. 19. = » Plin. Ibid. 6. = » Cic. Brui. i3. — 10 Plin. XXXIV, 6.— Pion. I,X, 2.Ï. = n Plin. Ibid. = '^ l.eKre IX, t. I. p. 27.H

LETTRE LXIT. 41

demeures de la ville donnent carrière à leur vanité d'autant plus librement qu'ils sont pour ainsi dire dans le cercle d'une publicité domestique. Hier, en passant dans le quartier des Carènes, j'en ai vu un nouvel exemple assez comique : c'est celui d'un orateur qui vient de se faire représenter en guerrier, lui qui n'a jamais combattu que dans l'étroite enceinte de la chicane, au temple de Mars- Vengeur ^

II y a déjà longtemps que les gens sensés dédaignent l'honneur d'une statue, si toutefois on peut encore dire que ce soit un honneur; quelqu'un se récriait un jour devant Caton le Censeur de ce qu'une foule d'inconnus avaient des statues, tandis que lui Caton n'en avait pas. «J'aime mieux, repartit le vertueux magistrat, entendre demander pourquoi on n'a pas élevé de statue à Caton, plutôt que pourquoi on lui en adressé une-. »

Le plus grand inconvénient de cette espèce de droit d'images abandonné à tous, c'est d'avoir pour résultat d'embarrasser la voie publique. L'an cinq cent quatre-vingt-seize, le nombre de ces parasites de gloire était déjà si grand sur le Forum, que les Censeurs furent obligés de faire enlever toutes les statues qui n'avaient point été posées par ordre du peuple ou du Sénat '. Mais depuis, d'autres les ont remplacées, l'encombrement a recommencé, et le bruit court que l'Empereur va renouveler l'édit des vieux censeurs, et reléguer dans le Champ-de-Mars tout ce peuple de marbre et d'airain *.

Ce ne sera une perte pour la ville sous aucun rapport, car excepté quelques morceaux, parmi ceux qui ne datent que du dernier siècle, les autres, au dire des connaisseurs, passent pour fort médiocres. Tous les vieux ouvrages de sculpture sont étrusques* ; on ne connut pas d'autre sculpture à Rome jusqu'au commencement du quatrième siècle*. Beaucoup existent encore sur les frontons des temples, tant à Home que dans les municipes. Ce qui les distingue est la fermeté du modelé, la perfection du travail et la solidité de l'œuvre*. Ils sont cependant en argile, matière toujours employée jadis, même pour les simulacres des dieux''. Voilà pourquoi l'on enluminait de vermillon la statue de Jupiter-Capitolin, coutume qui dure encore, bien que la matière soit aujourd'hui plus précieuse.

Après la plastice, qui est l'art de modeler en argile ', vinrent les statues de marbre ou d'airain, et les statues dorées. La première de

p' Juv. s. 7, V. 123. — Murt. IX, 39. — LflIreXLI, l. H, p. 215. =2 Plut. Calo. maj 19. — Amm. Marcell. XIV, 6=3 i.jjn. XXXIV. 6. =* Id. XXXV, 12. = » Til.-Liv. III, 53. = 6 Plin. Ibid. = ^ Ibid. ; XXXIV, 7. — Plul. Poblic. 13. = •'' Plin. XXXV, 12.

ce dernier genre que l'on vit à Rome, et même dans toute l'Italie, fut érigée l'an cinq cent soixante-onze, au Forum Olitorium, devant le temple de la Piété, en l'honneur d'Acilius Glabrion, qui avait remporté une victoire signalée sur le roi Antiochus, auprès des Thermopyles. Elle est équestre, et l'érection en est due au fils même de Glabrion *. Plus d'un siècle auparavant le goût des statues était déjà si répandu que les Romains, s'il faut en croire un annaliste plein de haine contre eux, ^assiégèrent Yolsinies , ville étrusque, pour s'emparer de deux mille statues qui s'y trouvaient.

Les statues grecques obtinrent la préférence dès qu'elles furent connues; Scaurus, pendant son édilité ; Mummius, les Lucullus, par leurs conquêtes, commencèreiit à remplir Rome de ces statues étrangères ^. Ce fut comme une invasion qui produisit une révolution artistique et morale : on représentait autrefois les personnages Romains avec leur costume national, avec la toge^, afin que de toutes manières la ressemblance de ceux dont on voulait transmettre le souvenir à la postérité fût plus parfaite. Mais dès que Ton eut vu des statues grecques, on s'attacha aux nouveaux modèles * avec une tidélité ridicule, et les personnages furent représentés complètement niis, parce que chez les Grecs, qui aiment à ne rien voiler, les jeunes gens paraissent ainsi dans les gyninases. Ces statues sont appelées achillées, du grand guerrier Achille, toujours représenté de la sorte ^ J'ai peine à me faire à cet usage, et je ne conçois pas comment les Romains reconnaissent leurs héros dépouillés de tout costume. C'est plus beau, disent les connaisseurs, il y a plus d'art et de charme dans la représentation de la nature que dans celle d'un costume quelconque. Reste à savoir s'il vaut mieux sacrifier la vérité, la ressemblance exacte à ce qu'on appelle la beauté de la forme, et si cela n'est pas contraire au but principal que doit se proposer le statuaire. L'Empereur a fait placer ces jor.rs-ci une statue semi-colossale en marbre blanc, sur une porte ou arc de même matière, joignant le théâtre de Pompée du côté de la Curie Pompéia. Cette statue est entièrement nue , sauf une légère draperie qui lui passe sur les épaules et retombe sur l'un de ses bras. Eh bien c'est là Pompée, celui que les Romains ont appelé le grand Pompée ^ Que les Grecs, qui érigent souvent des statues à leurs athlètes, les nipntrent nus,

1 Plan elDescript. de Rome, n" 265, § UI, IV, V. =' Plin. XXXIV, 7. = 3 Jhid.— Ascon. pro Scaur. p. 178. = ' Quint. Inslil. orat. Xll, 10. = ^ Achillcœ. Plin. Ibid. 5. = « Pian el Descripl. de Rome, n" 157, l. I, p. 196.

rien de mieux, puisque ces jouteurs combattent ainsi ; mais que l'on imite cette méthode pour représenter un général, un magistrat, un consul de la république romaine, cela me paraît un contre-sens.

Cette coutume n'est cependant pas tellement absolue qu'on ii'y ait dérogé quelquefois : ainsi, la statue de J. César, celle qui décore le milieu de son Forum, est exempte de ce défaut; soit que le statuaire ait été plus raisonnable, soit que le héros ait donné des ordres en conséquence, César, le premier guerrier du monde, a du moins été représenté en guerrier : il porte le thorax, la cuirasse des généraux romains*.

Rome doit aux Grecs une autre innovation plus heureuse, celle des statues équestres et des statues curules^ dont on n'avait encore eu que très-peu d'exemples* ; on ne connaissait guère que les statues pédestres*.

Vers la fin du siècle dernier Rome avait vu des statues d'argent apportées des pays barbares, et représentant des rois : c'étaient des butins de guerre ^ L'Empereur étant comme un roi dans la république, la flatterie imagina de le traiter de même, et on lui dressa aussi des statues en argenté Les flatteurs étaient nombreux, car ici la puissance a beaucoup de courtisans, de sorte qu'au bout de quelques années Auguste se trouva avoir environ quatre-vingts statues d'argent, tant pédestres qu'équestres, ou curules, c est-à-dire dans des quadriges. Mais ne voilà-t-il pas qu'un jour l'Empereur s'avisa de faire main basse sur ces riches images, et de les envoyer au fourneau du fondeur. C'était, dit-il, pour en employer le prix à des offrandes en or destinées au temple d'Apollon-Palatin, et qu'en effet il y consacra tant en son nom qu'au nom de ceux qui avaient érigé les statues''. Comme les sommes produites par cette fonte générale furent trèsconsidérables, je m'imagine que l'Empereur fut inspiré dans la proscription de ses propres images par un calcul hnancier, plus que par un sentiment de piété pour Apollon, et qu'une partie de ce riche butin contribua à payer les énormes dépenses de construction du superbe Atrium et du magnifique temple du dieu. Si ma conjecture est vraie, Auguste eut bien raison d'employer aussi utilement des décorations qui n'ont plus aucune valeur honorifique depuis qu'on les a tant prodiguées ''.

« rian el Descripl. de Rome, n" 133, g X. = " Plin. XXXIV, 3, 6. = 3 Ibid. 6.— lit. Liv. VIII, 13; IX, 43. = * Plin. Ibid. 3, 6. = 5 M. XXXIII, 12. = 6 /6ùZ. — Suet. Aug. 52. = ■? Lap. .\ticyr. col. 4.

La sculpture, malgré le goût général qu'on montre ici pour se? œuvres, est restée, ainsi que la peinture, un art grec; les Romains s'y livrent fort peu, et ce sont principalement des Grecs qui l'exercent*; s'ils voulaient s'y adonner ils pourraient y réussir aussi, mais ils montrent pour la culture des arts une sorte d'anlipalhie, ou plutôt de dédain plein d'une noble fierté. J'interrogeais le fils de Mamurra sur cette espèce d'inconséquence, et je lui demandais pourquoi les Romains ne poursuivaient pas un genre de gloire qui pourrait aussi leur appartenir : « Nos arts et notre gloire, me répon- « dit-il, sont de gouverner le monde, d'être les arbitres de la paix -, « d'épargner les vaincus, et de, soumettre les superbes ^ Que des « Grecs promènent le pinceau sur le bois, sur l'ivoire, sur le buis, (( sur les murs de nos temples ou de nos portiques ; qu'ils façonnent

a. l'argile, le marbre ou l'airain, c'est leur métier* : mais nous!

„ — Ici il s'interrompit. — Vous, repris-je, vous prodiguez votre « admiration aux habiles ouvriers qui les exécutent. — Notre admi- « ration, répliqna-t-il, pour des arts si misérables* ! n'avons-nous « pas des peintres parmi nos affranchis® ou nos esclaves'? Notre (( admiration est pour Mummius, qui nous a fait connaître ces cu- « rieux ouvrages en les conquérant, pour Pompée, pour LucuUus, « pour tous les triomphateurs qui les ont importés chez nous. « Chercher à rivaliser avec les Grecs, ce serait lutter avec nos escla- « ves ; les rois payent les artistes sans s'amuser à faire de l'art, et « nous sommes le peuple-roi ! »

1 Plin. XXXVI, 5. =r 2 Tu rcgcre imperio populos. Romane, memenio; Hœ libi eiunl arUs, pacisque imponcre morcm. Virg. .Ciicid. VI, v. 832. 833. = * Parrere sul'jertis, et dcbelbre suptTbos. Virg. /*/(/. v. 834. = * Plin. XXXV, 4. = * Soididum iludlum. V. Max. VIII, 14, 6. — Si Fabio laudi dalum essel quod pingerel. Cic. Tuscul. I, 2. = "5 bigest. XXXVllI, lit. 1, leg. 25. = ^ Ibid. VI, til. 1, leg. 28 : IX, lil. 2, leg. 23, § S.

LETTRE LXIIL

Page 1