‹ Rome & BerlinChapitre 11 sur 105 · ATTAQUE DE SPEZIA · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE SPEZIA

accomplie, s'efforçaient de rompre les chatiies qui fermaient le port militaire : 2 cuirassés et 4 croiseurs^ encore dans Tarsenal, leur paraissaient une proie assurée. Mais le commandant en chef de l'escadre franraisp, satisfait des résultats obtenus, ne se souciait pas de compromettre son triomphe en laissant à ses adversaires le temps de se remettre de leur surprise. D'ailleurs le plein jour allait bientôt permettre aux artilleurs des forts de rectifier leur poinlage, jusque-là si incertain qu'un seul projectile de 24% avait atteint le Colbert au-dessus de la flottaison, sans déterminer des avaries graves.

A 4 heures 50 minutes, le signal du ralliement général et absolu montait en tête du grand mât du Duperré^ appuyé par le son d'une « sirène à vapeur », qui perçait l'horrible fracas de plus de 80 canons de gros calibre.

A 5 heures 15 minutes^ au moment où les cuirassés sortaient de la rade parla passe Est, devant la batterie Santa- Teresa, un projectile de 900 kilogr., lancé par le canon de 100 tenues de la batterie Santa-Maria (côte Ouest), atteignait la tourelle de tribord A/ du Duperré, heureusement avec une certaine obliquité, perçait la cuirasse et s'arrêtait dans le massif qui la supporte, déterminant daûs la plateforme du canon de 34% un ébranlement qui la paralysait. Presque en m3me temps, une torpille ou un groupe de torpilles de fond éclatait sur l'avant du Friedland, mais pas assez près pour lui causer une voie d'eau dangereuse... Les observateurs, troublés ou mal servis par leurs engins, s'étaient trompés de quelques mètres.

Les œuvres mortes des navires de haut bord avaient reçu dans ce dernier passage de vive force un certain nombre de projectiles de 16% et de 24% des forts de la rive droite.

A 6 heures du matin, Tannée navale était ralliée à 4 milles au sud du golfe ; le Milan et le Condor avaient rejoint la 2' division, après avoir coulé un aviso italien à 8 milles au sud-ouest de Sestri-Levante.

On s'apercevait alors de la disparition d'un des torpilleurs de !'• classe, coulé probablement par les canons-revolvers des cuirassés italiens.

Les pertes en personnel signalées à Tamiral s'élevaient à 23 tués et 67 blessés ; les avaries paraissaient facilement réparables: le Tridentsivs.it éteint un commencement d'incendie, provoqué par Texplosion d'un projectile de 24% (venu sans doute du fort Pianelloni), qui avait percé trois ponts et avait éclaté tout près d'une des soutes à poudre de l'avant, tuant et blessant plusieurs hommes employés au passage des gargousses.

La Couleuvrine avait été percée de part en part, mais heureusement au-dessus de la flottaison, par un obus de faible calibre, probablement d'un canon* à tir rapide de 57%*; le projectile avait traversé le petit navire à l'^fl sans éclater.

A 8 heures, le commandant en chef, après avoir fait appeler tous ses capitaines à son bord et leur avoir donné ses instructions, mettait la route sur le canal de l'île d'Elbe. La vitesse était réglée à 10 nœuds, le Richelieu ayant eu quelque peine, la veille, à suivre l'escadre.

L'intention du vice-amiral était de surprendre devant Castellamare la division mobile italienne, et, en tout cas, de mettre cet arsenal hors d'état de servir pendant longtemps ; d'ailleurs une démonstration sur Naples lui avait

1. Projectiles d*acier de 4^,850; vitesse initiale : 560 mètres.

BOMBARDEMENT DE GASTELLAUARB. 31

été recommandée dans ses instructions générales : cette opération se liait à un système d'attaques combinées contre le littoral de la mer Tyrrhénienne, système que nous développerons dans le chapitre suivant.

11 y a 290 milles de Spezia à Castellamare ; la Hotte française devait franchir cette distance en 29 heures, mais le vent de Sud au Sud- Est avait fratchi, les terres étaient embrumées, et ce fut seulement à 11 heures du matin, le 4, que les éclaireurs doublèrent Tîle de Ponza, à 40 milles environ de Castellamare ; derrière Tile on avait aperçu un petit aviso italien, qu'on sut depuis être le torpilleur de haute mer Folgore ; ce navire avait pris chasse aussitôt, poursuivi par les éclaireurs. Le S far, malheureusement, était obligé de marcher à une allure réduite, à cause de réchauffement d'une tête de bielle. Le Folgore disparaissait à 1 heure dans le canal d'Ischia ; il n'avait pas cessé de correspondre par signaux avec la vigie de cette île : il était donc probable que l'escadre arrriverait trop tard pour rencontrer les deux cuirassés italiens au mouillage ; d'ailleurs, depuis le coup de vigueur de la veille, l'ennemi, certainement averti de la catastrophe de Spezia, devait se tenir sur ses gardes. En effet, le Lepanto avait, depuis le soir du 3, tous ses feux allumés ; dès que le sémaphore d'Ischia l'eut averti de l'approche de l'escadre française, il appareilla, prit à sa remorque Vltalia, qui n'était pas en mesure de marcher, et disparut derrière Capri, laissant dans le canal qui sépare cette île de la pointe de Sorrente (la Bocca-Piccola) le Folgore et le Saetta, torpilleurs de haute mer, pour protéger sa retraite.

A 3 heures, l'escadre donnait dans le golfe. L'amiral signalait : V au S fax, qui avait repris sa vitesse de plus de 17 nœuds, au Balny et a;u Déroulède^ torpilleurs de haute

mer, de poursuivre les deux torpilleurs italiens qui se montraient dans la Bocca-Piccola et de tâcher de se procurer des nouvelles des deux cuirassés en interrogeant le& pécheiu's répandus dans les deux golfes.

2* Au Friediand et au Colbert, de se diriger sur Naples et de battre le château de TOEuf et le fort Saint-Elme en s'efforçantde ménager les habitations particulières; ces deux cuirassés devaient en outre armer en guerre leurs embarcations et faire main basse sur les navires italiens de commerce, les vapeiu-s surtout, mouillés devant le Castel- Nuovo. Le commandant en chef espérait trouver au moins un navire chargé de charbon.

3"" A la Dévastation et au Redoutable '^ de suivre à distance le S fax et les torpilleurs se dirigeant vers le Sud, de manière à protéger l'escadre contre un retour offensif des deux cuirassés italiens, s'ils étaient encore à peu de distance et en mesuré de combattre.

4° Au reste de Tannée navale, de commencer le bombardement de Castellamare d'après le plan convenu.

A 4 heures du soir, en effet, le premier coup de canon était tiré par ï Amiral-Duperré, et la vitesse du tir réglée à un coup par 5 minutes pour les canons de 14%,

Un coup par 7 minutes pour les canons de 10%,

Un coup par 10 minutes pour les grosses pièces, les canons de 34% exceptés.

Le Faucon et le Condor recevaient, à 5 heures, Tordre de remorquer devant Torrè Annunziata dix embarcations portant deux compagnies d'infanterie de marine, qui devaient occuper la station du chemin de fer et détruire Tembran-

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