Qui avait rallié Pescadro dans le canal de l'île d'Elbe
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BOMBARDEMENT DE CASTELLAMaRE. 33
chementde la voie de Salerne à Naples avec celle de Castellamare, et, si possible, la fabrique d'armes portatives.
Le Milan était envoyé devant Salerne même, avec Tordre de couvrir la voie de projectiles si un train faisait mine de se diriger sur Castellamare.
Au reste, ces sages précautions devaient être inutiles : les troupes italiennes du X* corps, d(^jà réduites par l'envoi de forts contingents en Abyssinie, commençaient à peine à recevoir leurs réservistes. Le commandant en chef du X* corps, se bornant à protéger la grande cité de Naples avec le peu de forces dont il pouvait disposer, assistait impuissant à la destruction de Castellamare et au bombardement des vieux ouvrages de la capitale napolitaine.
Les dépêches qu'il envoyait à Rome pour demander des secours ne recevaient pour toute réponse que cette question inquiète et pressante : « Lepanto et Italia sont-ils sauvés? » Celait là, en effet, le seul point vraiment intéressant pour le ministère italien; il savait que les Français ne pouvaient encore entreprendre un débarquement sérieux et se résignait assez facilement à la destruction du vieil arsenal des rois de Naples, pourvu que les deux grands cuirassés en qui se résumait tout Tespoir de la marine italienne fussent hors de danger.
A 6 heures, le bombardement était interrompu, la destruction des batteries, des magasins et des chantiers paraissant assez avancée. Aussitôt: signal d'armer en guerre les embarcations ; à 6 heures 15 minutes, le corps de débarquement de Tescadre et deux compagnies d'infanterie de marine débarquent sans coup férir à l'est du môle de Castellamare, occupent toute l'en-^einte de l'arsenal et poussent des reconnaissances sur la route de Salerne. Les détachements de torpilleurs achèvent de détruire tout ce qui a pu
ROMB ET BKKLIK. 3
échapper aux obus de Tescadre : plusieurs navires sont coulés et la carcasse du grand cuirassé Re-Umbeino, encore sur chantiers, est évenlrée en plusieurs endroits.
A la nuit close, Topération était entièrement terminée; le signal du ralliement était fait et, peu à peu, jusqu'à minuit, les divers détachements de Tescadre rejoignaient Tamiral.
Les embarcations du Friedland et du Colbert avaient capturé et détruit un certain nombre de navires de commerce ennemis : un vapeur, chargé de charbon anglais, mais naviguant pour la maison italienne Nicolo-Oderset, avait été épargné et dirigé sur Castellamare. L'amiral prenait aussitôt la résolution de mouiller devant l'arsenal et de compléter pendant la nuit et pendant la matinée suivante son approvisionnement de combustible ; les petits navires et les éclaireurs devaient s'accoster au parc à charbon de Caslellamare et faire le plein de leurs soutes.
D'ailleurs, toutes les précautions étaient prises pour se défendre d'une surprise : les feux restaient allumés, les chaînes étaient démaillées en arrière de la bitte, les filets pare-torpilles disposés autour des cuirassés, les canots à vapeur et los torpilleurs chargés de faire des rondes au large et d'écarter impitoyablement toute embarcation de poche. Les faisceaux des projecteurs électriques se croisaient dans tous les sens, tantôt perçant la légère brume qui s'étendait sur Naples et sur le golfe, tantôt faisant jaillir de la nuit sombre les débris fumants de Castellamare.
Au petit jour, le Sfax et ses annexes ralliaient le gros de l'escadre ; leur poursuite avait été sans résultat; mais, de l'ensemble des renseignements recueillis auprès des caboteurs, il était permis de conclure que les cuirassés italiens
avaient pris le chemin de Messine et peut-être de Tarente, avec une avance suffisanle pour se dérobera toute attaque. Le ô, à 8 heures du matin, les 8 cuirassés, le Sfax et le Milariy ayant épuisé les 1,200 tonneaux du vapeur italien, sabordé et coulé aussitôt, l'armée navale quittait le golfe de Naples et se dirigeait vers les Bouches de Bonifacio en réglant sa vitesse à 10 nœuds.
Aussitôt que le gouvernement français avait reçu, par Tintermédiaire des sémaphores de Bastia*, le 3 avril, la nouvelle du succès de Tescadre à Spezia, Tordre avait été donné au préfet maritime de Toulon d'expédier le cuirassé garde-côtes Indomptable et trois torpilleurs aux ordres du contre-amiral commandant la marine en Corse ; cet officier général, qui avait déjà eous son commandement un croiseur de 2* classe, un transport-aviso et trois torpilleurs, devait tenter le plus tôt possible une attaque contre la position de la Maddalena ; il lui était recommandé cependant de ne pas s'engager à fond et de se borner à une surveillance attentive si les forces italiennes paraissaient supérieures. Quand cet ordre parvint à sa destination, le commandant de la marine était déjà prévenu par ses torpilleurs de l'arrivée à la Maddalena du Dandolo et de ses annexes.
Un combat entre la division française et les navires italiens ne lui parut pas disproportionné, malgré l'appui que l'ennemi devait tirer de quelques ouvrages à peine ébauchés et de deux barrages disposés dans les passes du Nord, plutôt contre les torpilleurs que contre des navires de haut bord.
Le 5, à midi, Vindomptable, parti la veille au soir de
1. Le Faucon avait longé la côte, pendant que l'escadre descendait dans le canal de l'île d'Elbe et avait signalé en diiffre secret : « OpL'ration contre Spezia terminée avec succès. »
Toulon, apparaissait devant Bonifacio ^ aussitôt le commandant de la marine portait sou pavillon sur ce garde-cdles^ y convoquait ses capitaines et arrêtait les dispositions suivantes: « A 1 heure du matin, le 6, VIndomplablej le « croiseur Dupetit-Thouars et deux torpilleurs appareille- « ront et se présenteront au jour devant la Bocca-Scîrocco, « au sud-est de Caprera -, ils pénétreront aineidaiis le bas- « sin oriental de la Maddalena et combattront le Dandoh « et ses annexes partout où ils pourront les rencontrer; le « Dupetit-Thouars aura sm'tout pour mission de r<5poadre « aux feux des ouvrages de San-Siefano (fort Saint-Geor* « ges, notamment). On évitera autant que possible de « s'engager dans le bassin occidental (rade d^AgincouLt et « port de la Maddalena), qui est le plus défenJti, a%^antque « les 4 torpilleurs du 2* groupe aient prononcé leur atta- « que. Ceux-ci, convoyés par le tninsport-aviso jusqu'à « l'îlot Spargiy se tiendront à Tabri de la pointe Sardegmi « jusqu'à ce qu'ils aient entendu le canon du 1'^' groupe ; « à ce moment ils pénétreront dans la rade et viendrouL « prendre à revers le Dandolo, qui sera, suivant toute appa- « rence, engagé contre les assaillants^ du sud-est.
« Le transport-aviso, se tenant à l'extérieur de la Bocca- « Maestro, à l'ouest de la ligne du câble télégraphique, « s'efforcera de prendre à revers et de caoonner le fort de « la pointe sud de l'île de la Maddalena, »
Ces dispositions, qui avaient pour but, dans leur ensemble, de placer le redoutable cuirassé italien entre deux groupes de torpilleurs s'appuyant sur le garde-côtes français, et en même temps de l'attirer au dehors du bassin occidental, oii il pouvait combattre sous la protection d'assez nombreux ouvrages, ne reçurent pas d'exécution.
Le 5, en effet, le ministre de la marine italienne, à peu
près assuré que les parages de la côle est de Corse et de rîle d'Elbe étaient libres, donnait au Dandolo Tordre d'évacuer la Maddalena, de détruire Tarmement des forts, d'en prendre à son bord le personnel et de regagner Spezia avec ses torpilleurs. On laissait au commandant du cuirassé la faculté de convoyer et de remorquer un transport * qui servait de bâtiment central pour les services de la marine et pour la défense mobile de la rade, ou bien de le détruire, s'il estimait que la marche inférieure de ce navire pût compromettre son bâtiment.
Le commandant du Dandolo s'était hâté d'exécuter ces instructions dans la journée du 5. Dans la soirée, il avait expédié à Spezia le croiseur Flavio-Gioja avec une partie du personnel de la marine et de la guerre. Le 6, un peu avant le jour, au moment oii le premier groupe des Français doublait la pointe nord de Caprera, il franchissait la passe des Biscie avec le transport et les 2 torpilleurs, faisant route à l'Est pour éviter toute mauvaise rencontre sur la côte de Corse.
Malheureusement, à 5 heures du matin, ses torpilleurs, qui marchaient en avant-garde, avaient signalé dans TEst- Sud-Est de nombreux panaches de fumée ; il ne pouvait y avoir de doute sur la valeur de cette indication : c'était la flotte française qui alten^issait sur le feu du cap Ferro*.
Le Dandolo changea aussitôt sa route et força de vapeur ; bientôt il devint évident qu'il fallait sacrifier sa conserve : le transport fut évacué aussitôt et coulé.
Cette opération avait pour résultat, quelque hâte qu'on y pût mettre, de retarder la fuite du cuirassé italien : déjà il était visible que l'escadre française s'étendait vers le