‹ Rome & BerlinChapitre 14 sur 105 · CIVITA-VECCHIA · texte numérisé non relu

CIVITA-VECCHIA

Formation de Tannée expéditionnaire. — Combat au large des Bouches de Bonifacio. — Occupation de Civita-Vecchia et de Fiumicino. — Diversions sur Naples et sur Ancône. — Destruction des voies ferrées du littoral.

Le rapport du commandant en chef de Teecadre, à son retour de sa première croisière, avait soulevé dans le public de vives controverses : tout en applaudissant aux succès qui avaient marqué le vigoureux coup de main de Spezia, tout en reconnaissant Thabileté dont le vice-amiral avait fait preuve dans la conduite générale des opérations, on regrettait que la poursuite de Vltalia et du Lepanto n'eût pas été plus sérieuse. On avait appris, en effet, que ces deux cuirassés, l'un remorquant l'autre, n'avaient pu filer plus de 12 nœuds et l'on en concluait que, malgré leur avance considérable, ils eussent été atteints par le S fax et par le Courbet, appuyés par les torpilleurs de haute mer. Évidemment Vltalia n'aurait pas échappé à la destruction.

Il était facile de répondre à ces critiques en faisant remarquer que rien ne pouvait faire deviner à l'état-major de l'armée uavale que Vltalia n'était pas en état de marcher, et que la guerre serait vraiment trop facile si l'on pouvait savoir exactement tout ce qui se passe chez l'ennemi.

Le combat de la Maddalena était aussi l'objet de commentaires variés : il était manifeste que le Dandolo, ne marchant plus que 13 nœuds en eau calme, devait en filer 9 ou 10 tout au plus dans l'ouest des Bouches, et l'on regi*ettait que le commandant en chef ne l'eût pas fait

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poursuivre activement par deux cuirassés de haut bord, à qui la mer n'aurait pas fait perdre autant sur leur vitesse normale.

Le rapport du vice-amiral répondait cependant à ces objections, quand il disait que les cuirassés ayant été lancés, avec Tordre de pousser la chauffe à outrance, le Courbet et la Dévastation seuls avaient pu se détacher nettement du gros de Tescadre et porter secours à VIndomptable, qui paraissait compromis ; que bientôt la Dévastation avait été forcée de ralentir son allure, à cause de projections d'eau dans ses cylindres ; que le Courbet, à la vérité, semblait en mesure de gagner de vitesse le cuirassé italien, malgré la grosse mer qui régnait au large de Spargi, mais qu'il ne pouvait se servir de ses canons de 34% de batterie sans risquer d'embarquer d'énormes paquets de mer et qu'il se trouvait dès lors dans une position d'infériorité manifeste devant les pièces de 100 tonnes du Dandolo.

On ne tenait pas assez compte, en eflét, que l'escadre avait marché pendant 5 jours presque sans interruption, que les chaudières étaient encrassées, que les machines, quoique sans avaries graves, avaient toutes quelques petites réparations à faire : des joints de tuyaux, des presseétoupes, des bagues, des dents de mise en train, elc. , etc. Au reste, le ministre, appréciant exactement les difficultés oii s'était heurté le commandant en chef, avait témoigné à l'escadre toute la satisfaction du Gouvernement et avait donné des ordres précis pour que tous ses navires fussent mis en état de reprendre la mer vers le 13 avril pour convoyer l'expédition dirigée contre Rome.

Le 12 avril, en effet, la mobilisation des corps français terminée, le ministre de la guerre et son collègue de la marine, rompant dans une certaine mesure avec les dis-

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