PLAN DE CAMPAGNE
positions prises depuis longtemps au grand état-major, avaient arrêté un plan d'opérations combinées entre la flotte, le 16* et le 19* corps, plan dont voici les grandes lignes:
Pendant que les 14' et 15* corps, appuyés par les bataillons spéciaux des Alpes, couvriront la frontière du Sud- Est et profiteront même de leur avance sur les P' et IT corps italiens pour mettre la main sur le col de Tende, le 16* corps, réparti entre Cette, Marseille et Toulon, prendra passage sur des transports de l'État et des paquebots affrétés ; Tescadre de combat prendra à bord de ses grands navires toutes les fractions disponibles des 3* et 4* régiments d'infanterie de marine ; enfin une division du 19* corps, embarquée à Philippeville et à Bône sur les vapeurs des mines de Mokta-el-Hadid, et convoyée par la division navale d'Algérie (renforcée par la Triomphante et i)ar les avisos Papin et Inconstant), devra se joindre sur la côte italienne au gros du corps expéditionnaire.
Le 17* corps (Toulouse) appuyait sur sa droite, portant la 33* division sur le Rhône, à Tarascon et Avignon, et la 34* vers Nîmes et Beaucaire. Il était ainsi en mesure de prendre pour objectif Lyon, Grenoble ou Nice ; il pouvait encore, les circonstances l'exigeant, fournir un appoint précieux à l'armée expéditionnaire.
La deuxième division du 19* corps devait, elle aussi, renforcer éventuellement l'armée d'Italie ou les corps qui défendaient la ligne des Alpes et de la Roya.
L'objectif général de l'expédition était Rome et le point de débarquement choisi Civita-Yecchia.
Pour entrer dans les détails d'exécution de ce plan, nous dirons quelles étaient les mesures prises pour l'embarquement des troupes du corps expéditionnaire :
Les deux divisions d'infanterie du 16* corps, les batte-
ries divisionnaires attelées à 4 chevauXj un régimeiit de cavalerie, les sections de munitions, deux compagnies du génie, les ouvriers de chemins de fer et leurs parcs étaient dirigés sur Toulon, où les attendaient 5 grands traD sports du type Annamite, 4 du type Tarn et 3 transports de matériel. L^escadre prenait les états-majors et trois tiataiUons d^nfanterie de marine, deux du 4*, un du 3^ \ cç dernier régiment devait fournir encore deux bataillons, relardés par Tencombrement des lignes du Midi; l'artillerie de marine avait fourni une deuxième batterie de montagae,
A Marseille, 8 paquebots de divers tonnages, réquisitionnés par le Gouvernement et tout prêts à partir, recevaient le deuxième régiment de cavalerie (à 3 escadrons seulement), le deuxième échelon du parc (en caisses blanches), une partie des convois administratifs, les ambulances comprises, les mulets de la batterie de Qiontagne et 4 batteries de la réserve.
2 cargo-boats suivaient ce convoi, exclusivement chai'gés de charbon.
A Cette, 4 vapeurs, dont l'armement n'était pas aussi avancé, devaient prendre le reste des convois administratifs, les 4 dernières batteries et les 2 bataillons du 3* régiment d'infanterie de marine.
Déduction faite des équipages de pont, des canons de rechange, des attelages du 2^ échelon du parc, du dépôt de remonte, de deux escadrons de cavalerie, de la réserve d'effets, et en opérant des réductions dans les voitures de bagages et dans les chevaux de rechange des états-majors, on était arrivé à n'embarquer sur ce premier convoi que 4,500 chevaux environ.
C'était déjà un remarquable résultat, mais il ne fallait pas se dissimuler que les chevaux et mulets embaïqués