‹ Rome & BerlinChapitre 16 sur 105 · ACTIVITÉ DU PORT DE TOULON · texte numérisé non relu

ACTIVITÉ DU PORT DE TOULON

sur les navires de commerce allaient se trouver dans de fort mauvaises conditions d'existence.

Le 13 au matin, Tescadre sortait de Toulon, réparée, réapprovisionnée en munitions et en combustible. Elle ne comptait que 7 cuirassés, le Redoutable n'ayant pas encore rallié le pavillon de Tamiral.

Les avaries de V Indomptable, en effet, avaient exigé, après mûr examen, le renvoi à Toulon de ce garde-côtes cuirassé 5 le Redoutable restait donc aux ordres du contreamiral commandant la marine en Corse.

On activait le plus possible l'armement du Caïman et les réparations de V Indomptable.

Le port de Toulon, au reste, s'était surpassé: toutes ses opérations étaient poussées avec une rare vigueur ; les approvisionnements généraux, seuls, avaient failli se trouver insuffisants et il avait fallu y suppléer par des marchés où l'intérêt du Trésor ne pouvait être convenablement garanti; c'était là le résultat palpable d'imprudentes et inopportunes réduclipns.

Dans la journée du 13, l'escadre, après une pointe dans le Sud-Est, avait mouillé à la Ciotat (baie placée à peu près à égale distance de Toulon et de Marseille), d'où elle pouvait protéger contre toute attaque les deux grands ports où se rassemblait le gros du convoi.

Ses navires légers croisaient dans l'Est et dans le Sud.

Ces précautions n'étaient pas tout à fait inutiles : d'après les nouvelles reçues, la marine italienne, malgré ses pertes, était loin de se considérer comme battue ; le Lepanto et Vltalia, après s'être réfugiés sous les canons du phare de Messine, avaient regagné Spezia après la rentrée à Toulon de l'escadre française. Ces deux cuirassés s'étaient

dérobés, à la faveur d'une nuit sombre et venteuse, à la surveillance du Faucon et de deux torpilleure de haute mer détachés en observation dans les parages du cap Corse, de Spezia et de Tîle d'Elbe. Le Dandolo, après avoir fait le tour de la Sardaigne, avait franchi le canal de Piombino sans rencontre fâcheuse ; le Faucon l'avait aperçu le 10 avril à la pointe du jour, au moment où il longeait la côte italienne vers Viareggio ; l'aviso français n'avait pas hésité à courir, lui et ses annexes, à la poursuite du cuirassé italien, qu'il espérait torpiller; mais, en approchant de Spezia, il avait vu sortir de la baie trois torpilleurs ennemis et un aviso, qui venaient couvrir la retraite du Dandolo ; l'inlervention de ces nouveaux adversaires avait mis fin à une attaque déjà bien audacieuse.

En somme, le 13 avril, la situation de la flotte italienne était celle-ci :

h^Ilalia, le Lepanto, le Giovanni-Bausan, V Andrea-Provana et deux torpilleurs de haute mer constituant la division mobile élaient prèis à marcher; toutefois on avait acquis la certitude que la vitesse de Vltalia, diminuée par l'usure rapide de ses chaudières, ne pouvait pas dépasser 15°, 5.

Le Dandolo avait à passer au bassin, non seulement pour netloyer sa carène, mais encore pour fermer une large plaie faite dans sa coque par une torpille française, au combat de la Maddalena.

En outre, il avait à remplacer un canon de 100 tonnes et on ne pouvait lui en fournir un qu'en l'empruntant au Duilio. Ce dernier avait été renfloué, non sans peine; mais ses avaries étaient telles qu'il ne fallait pas compter sur ses services avant la fin de la guerre.

Les travaux du Dandolo devaient durer six semaines. On pressait l'armement du cuirassé neuf Ruggiero-di-Lauria et

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