‹ Rome & BerlinChapitre 18 sur 105 · NAVIGATION DU CONVOI · texte numérisé non relu

NAVIGATION DU CONVOI

artilleurs, 600 soldats du génie, 3,000 hommes des services auxiliaires; il y avait 72 pièces attelées et 12 canons de monlagne.

A ces forces, le corps de débarquement de l'escadre pouvait fournir, pour l'opération même de la descente, un appoint de 1,500 hommes et de 3 batteries de 65% traînées à bras.

Je ne m'étendrai pas sur les dispositions prises pour la navigation du convoi, de peur d'entrer dans des détails trop techniques : disons cependant qu'il était expressé ment enjoint aux capitaines de paquebots, cargo-boats et remorqueurs de ne pas s'éloigner des transports auxquels chacun de leurs navires était spécialement attaché pour la navigation ; qu'il leur était commandé d'avoir leurs pompes et tous lem's moyens d'épuisement prêts à fonctionner, ainsi que àesprélarts (toiles goudronnées et suivées) que l'on applique sur le flanc du navire en cas de voie d'eau.

Les transports de l'État étaient armés de pièces légères et de canons revolvers.

Le 14, à 5 heures du soir, la route était donnée sur les Bouches de Bonifacio, que l'amiral se décidait à franchir; le temps était parfaitement clair, le baromètre haut et les ventsàTOuesl-Nord-Ouest modérés. La vitesse, réglée sur l'allure normale des plus mauvais marcheurs, était fixée à 8 nœuds.

Le 15, à 2 heures, l'armée navale se présentait devant le détroit, qu'elle franchissait sans encombre, de 2 heures 30 minutes à 4 heures ; le temps restait très beau.

Un torpilleur de la station de Corse, venu de Bonifacio, avait remis au vice-amiral et au général en chef des dépêches du Gouvernement, qui portaient en substance : que Ja 1" division du 19* corps et ses 4 batteries, àpprovision-

liées à 150 coups par pièce *, était partie la veille (14), à 11 heures du matin, de Philippeville et de Bône; que Tordre lui étnit donné de se tenir au large des terres et d'attendre le convoi principal à 25 milles dans le nordouest de Ponza. On prévenait en outre le commandant en chef que certains avis annonçaient la sortie de Spezia d'une division italienne, où figuraient Vltalia et le Lepanto, mai? que le Faucon et ses annexes avaient Tordre de ne pas la perdre de vue et, si possible, de la devancer sur les points importants où elle paraîtrait se diriger.

De ces nouvelles, le commandant de Tarmée navale conclut aussitôt qu'une attaque de la division mobile italienne, soit sur son convoi, soit, ce qui eût été plus grave encore, &ur le convoi des troupes d'Afrique, était imminente.

Avis en fut donné aux capitaines des bâtiments de combat, et la route fut mise aussitôt sur Ponza, malgré le retard fâcheux qui devait en résulter dans la descente : il iHait essentiel, en effet, de couvrir le convoi du 19® corps, dont Tescorten'étaitpasen mesure de résister à la division italienne. Au reste, le Sfax était détaché en avant pour donner Tordre à ce convoi de se diriger à TO.-N.-O. vers Tarmée navale, ce qui aurait pour résultat d'accélérer la jonction et, par suite, de diminuer le retard.

A f) heures, au moment où le rapide croiseur français était déjà hors de vue, VÉpervier, qui flanquait Tarmée navale à grande distance dans le Nord, se rapprochait à toute vitesse : des signaux couvraient ses mâts, malheureusemont peu élevés au-dessus de Teau ; bientôt cependant on put reconnaître le signal : « Force navale ennemie en vue

ï^ Approvisionnement normal des caissons et avant-trains : 154 coups.

COMBAT AU LARGE DES BOl'CHES. 53

dans Nord-l;4-Nord-E6t », puis un deuxième signal indiquant que Ton apercevait 6 navires ennemis; enfin que le Faucon et deux torpilleurs apparaissaient dans le N.-N.-E.

C'était la division mobile qui accourait, résolue à barrer le passage au convoi; de Tissue du combat allait dépendre le sort de Texpédilion.

Le vice-amiral prit aussitôt les dispositions suivantes :

1** Ordre à la 1" division de Tescadre de se diriger sur Tennemi en marchant le plus rapidement possible ; elle devait être suivie des croiseurs et avisos-torpilleurs et des torpilleurs de haute mer ;

2* Ordre à la 2* division et aux torpilleurs de 1"* classe de suivre la 1""*, mais avec une allure plus modérée, de manière à se tenir entre la Indivision et le convoi;

S'' Ordre au convoi de suivre la 2'' division, les grands canots à vapeur et les remorqueurs en tête, puis les cargohoats, puis les transports de TÉtat, et, en dernier lieu, les paquebots affrétés.

A 5 heures un quart, Tamiral prévenait l'armée qu'il mettait son pavillon sur le Desaix et que Tétat-major général du 16' corps Ty suivait. Le contre-amiral commandant en sous-ordre passait en même temps sur VHh^oiidelle.

A 5 heures 25 minutes, ordre au convoi de marcher le plus doucement possible, tout en conservant la môme route et le même ordre.

A 5 heures 35 minutes, ordre aux torpilleurs de haute mer, aux croiseurs et avisos-torpilleurs, au Faucon et k ses deux annexes, de commencer Tattaque.

La division italienne, composée des deux grands cuirassés Ital'a et Lepanto, des deux croiseurs Giovanni- Bausan et Andrea-Provana, des torpilleurs de haute mer Folgore et SaettQy s'avançait rapidement, les deux cuirassés en tête

et Je front, les croiseurs et les lorpilleurg sur leurs hanches, à une encablure (200 mètres) de distance.

11 était évident qu'ils voulaient traverser rapidement les deux groupes de l'escadre française et se jeter sur les nuvires de charge.

A 5 heures 40 minutes, les petits n ivires de ravanlgarde française engageaient le combat en lançant leurs torpilles contre les cuirassés : les pièces légères (15 %1 et k'S canons-revolvers leur répondaient feuls; les canons de 100 tonnes se ^é^ervaient pour de plus digues adversaires. Cette première passe semblait n*aToir pas amené de résultats : cependant on avait cru voir une gerbe d'eau Êoulevée tout près du flanc de tribord du Lepanto, Les croiseurs français, virant de bord, suivaient le groupa italien en combattant de près le Giovanni-Bavsan et \eProvana, Le Faucon ralentissait sa marche; la vapeur s'échappait à flots de sa cheminée.

A 5 heures 45 minutes, les cuirassés se croisaient ; lonl s'enveloppait d'une épaisse fumée d*oij jaillissaient de longs éclairs: la canonnade était intense. Peu à peu cependant, les mâtures et les pavillons émergeaient de ce nuage blanchâtre : on voyait le Courbet et VA mirai- Duperré terminer leur évolution et s'élancer à la poursuite des deux colosses italiens, qui marchaient toujours sur le convoi. Le Provana était en arrière, donnant de la bande sur tribord; on le voyait s'enfoncer peu à peu. Le Colbert signalait « avaries graves » et stoppait un peu en dehors du champ de bataille.

A 5 heures 57 minutes, les Italiens croisaient le 2* groupe français : le Courbet seul avait pu les suivre et le vaillant navire faisait entendre avec régularité les coups de ses canons de 34%.

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