COMBAT AU LARGE DES BOUCHES
L'anxiété était grande sur le Desaix.
Si, dans ce deuxième engagement, les cuirassés ennemis ne recevaient aucune avarie grave, les transports allaient être sérieusement compromis. L'amiral s'efforçait de suivre toutes les phases du combat, signalant aux cuirassés de la 1'* division Amiral-Duperré et Trident de développer toute la puissance de leurs macliines; au Milan de se disposera donner la remorque au Colberl; aux torpilleurs de haute mer de poursuivre les torpilleurs de Tennemi, qui, se dérobant à la faveur de la confusion produite par le combat, semblaient vouloir, par un détour, atteindre le gros des navires de charge.
A 6 heures 5 minutes, le Desaix, suivant toujours les combattants à quelque distance, voyait se dissiper la fumée du deuxième engagement; la face des affaires était brusquement changée : le Lepanto et le Giovanni- Bausan ge retiraient vers TEst, sans essayer de rejoindre les navires de charge qui leur restaient à un raille dans le Sud; le cuirassé italien donnait de la bande sur tribord et sa vitesse semblait singulièrement diminuée; Yltalia couvrait la retraite. On remarquait qu'un seul de ses canons de 100 tonnes tirait, mais à de gi'ands intervalles; en revanche, sa .batterie de 15% faisait un feu nourri. L'amiral signalait aussitôt à l'armée navale de poursuivre l'ennemi sans observer d'ordre; cependant il invitait, par un signal spécial , la Dévastation et le Courbet à combiner leurs efforts contre Vltalia; il donnait en même temps aux croiseurs et avisos-torpilleurs l'ordre de s'attacher à détruire le Lepanto.
A ce moment même, un des paquebots affrétés faisait des signaux de détresse : une torpille partie de l'un des torpilleurs italiens, Folgore ou Saetla, vainement poursuivis
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p.ir les nôtres, venait d'exploser sous la hanche de bâbord de ne navire ; le capitaine craignait que ses pompes ne fussent incapables de le maintenir longtemps sur Teau.
L'amiral donnait en conséquence Tordre au chef de division des navires de charge de. faire évacuer le paquebot p^ï' le personnel appartenant à la guerre; ce personnel serait réparti sur les autres paquebots; comme le temps manquait pour transborder le matériel, le navire devait faire route, remorqué par le Colbert, dont les avaries n'intéressaient pas la machine, sur la Maddalena, s'y échouer et aveugler sa voie d'eau par des moyens de fortune.
A 6 heures 30 minutes, la situation de Tarmée navale était celle-ci : dans TEsl, et déjà à bonne distance. Un groupe, que la nuit tombante rendait assez confus, poursuivait la division italienne réduite à trois navires : Italia, Lepanlo et Giovanni-Bausan ; nous avions là le Courbet et la Dévastation, 2 croiseurs- torpilleurs, IdiCouleuvrlneeti torpilleurs de P® classe. Il était difficile de se rendre compte du résultat de l'engagement ; cependant la canonnade devenait intermittente.
Le gros de l'escadre, composé du Duperré, du Friedland, du Trident et du Richelieu, avait renoncé à la poursuite et naviguait à vitesse réduile à l'E.-S.-E. vers Ponza. Le MilaUf le Desaix et V Hirondelle se ralliaient à ce noyau. Le Faucon, après avoir réparé à faux frais son avarie, signalait qu'il pouvait marcher à une allure modérée. Les transports suivaient l'escadre ; le paquebot torpillé s'éloignait dans l'Ouest à la remorque du Co/6er^; ce dernier cuirassé avait reçu, dans la première pasée, un projectile de 908 kilogrammes au milieu de son fort central ; les ravages avaient été considérables : deux pièces de 27% bri-