‹ Rome & BerlinChapitre 25 sur 105 · Chemin de fer à voie unique · texte numérisé non relu

Chemin de fer à voie unique

vers la côte, n'ayant pris qu'une heure de repos, lorsque le 17, vers 5 heures du matin, ils furent atteints par les cavaliers italiens.

La réussite de cette remarquable opération doublait les embarras du grand élat-major italien ; il n'avait sous la main, le matin du 17 avril, que trois brigades du IX* corps et les batteries divisionnaires; la 4' brigade et tous les bagages de la 2* division étaient encore au delà d'Orte ; les batteries de la réserve s'organisaient à Rome môme. Quant aux renforts des VU* et VllI* corps, on n'y pouvait compter que dans quelques jours. Seules les troupes du X* corps allaient venir au secours de la capitale.

Les troupes immédiatement disponibles reçurent les destinations suivantes :

La 1" briga'le «lescendra de Bracciano sur l'Arrone inférieur, barrant la route et la voie ferrée de Civita.

Les 2* et 3* brigades eeront portées, au delà de la Calera, à la jonction des lignes de Civita et de Fiumicino.

Avant-postes de la 2* brigade poussés le plus loin possible vers Fiumicino ; la brigade de cavalerie et les batteries à cheval sur l'Arrone ; les batteries divisionnaires avec les 2' et 3* brigades.

La journée du 17 avait été employée de part et d'autre à se masser sur les points fixés par les états-majors.

Les Français, continuant à Civita le débarquement des voitures du train et des parcs d'artillerie, opération toujours longue et laborieuse, avaient poussé des reconnais- . sauces des trois armes sur l'Arrone et vers Bracciano. Ce dernier point, fort important parce qu'il flanquait l'armée sur sa gauche, devait être occupé par deux bataillons et une batterie de montagne. Le 17, à 6 heures du soir, trois brigades françaises et l'infanterie de marine étaient

DÉBARQUEMENT A FIUtflGINO. 71

massées eu avant de Santa-Severa, vers le petit port de Palo.

Du côté de Fiumicino le débarquement des pièces et de leurs munitions paraissait offrir de grandes difficultés ; la ^ brise de N.-O. avait un peu fraîchi et la barre devenait mauvaise ; les marins montraient dans ces circonstances délicates le plus grand dévouement et une habileté remarquable ; plongés dans Teau toute la journée, souvent roulés par les volutes, ils réussissaient cependant à faire franchir la barre à quelques tartanes du pays dont on s'était emparé et que Ton chargeait de caissons de munitions d'infanterie d'abord, de caissons d'artillerie ensuite.

Le génie de la division du 19* corps se hâtait de fortifier le bourg de Fiumicino ; on profitait des levées de terre des anciens ports de Trajan et de Claude pour abriter nos fantassins derrière des retranchements improvisés; les batteries de montagne ^ et la seule batterie de campagne débarquée y trouvaient aussi des épaulements tout préparés.

3 canots à vapeur armés de canons-revolvers couvraient, dans le canal du Tibre, le flanc droit de la position ; la gauche, déjà protégée par les marais qui s'étendent au nord de Fiumicino, pouvait à la rigueur recevoir quelque secours, en cas d'attaque en masse, des bâtiments mouillés sur la côte et dont les projectiles atteignaient les deux anciens ports.

Ces précautions, prescrites par le général en chef, étaient parfaitement justifiées par la position un peu en l'air de la division d'Afrique ; il était manifeste que, si l'ennemi parvenait à concentrer ses troupes devant Rome

1. Fournies par la Dévastation, la Triomphante, le D*Ettréet et les avisos.

avant que le 16* corps fût prêt à marcher, les régiments du 19* corps seraient attaqués par des forces supérieures.

Le 18 avril, vers 5 heures du matin, le vice-amiral français était prévenu que la division détachée vers Naplee apparaissait dans le Sud-Est; les derniers paquebots atîrétég terminaient le débarquement de leurs voitures ; dans rOuest, à toute vue, on voyait les fumées de la division légère couvrantle gros de Tescadre ; bientôt un aviso détaché de cette division montrait, à peine visibles à Thodzon, des signaux de grande distance qui semblaient indiquer rapproche d'une force navale dont on ignorait encore la nationalité. L'amiral donnait aussitôt à Tarmée navale Tordre d'appareiller et de pousser les feux de toutes les chaudières ; malheureusement le Duperré, obligé de faire dans sa machine de tribord une réparation urgente, ne pouvait marcher qu'avec celle de bâbord. Aussi l'amiral^ en passant sm* le Desa/a;, avait-il prescrit à deux torpilleui's de se mettre à la disposition du cuirassé et de s'attacher à le protéger, en cas de combat.

A ce moment même, le Milan qui croisait le long de la côte, vers le Monte-Argentaro, ralliait Tarmée à toute vitesse; le signal : « navires ennemis en vue dans le N.-O. » flottait à ses mâts et, presque aussitôt après, un signal télégraphique complétant le premier annonçait à Famiral que ces navires étaient Vltalia et le Folgore.

Les circonstances étaient critiques : le commandant en chef espérait bien que la force navale en vue dans T Ouest . n'était autre que le convoi de Cette et le Redoutable qu'il attendait d'un moment à l'autre ; mais enfin, il n'y avait encore aucune certitude. En tout cas, l'armée navale était dispersée; la division légère à 8 milles dans l'Oueetj la division détachée à 10 milles dans le Sud, à peu prèe; la

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