COMBAT NAVAL DEVANT CIVITA
Dévastation et le convoi d'Afrique mouillés devant Fiumicino, à 30 milles au moins ; enûn, le gros des transports, le Duperré dont la vitesse et les qualités évolutives étaient momentanément fort réduites, les éclaireurs d'escadre, les torpilleurs et les grands canots à vapeur, allaient recevoir seuls le choc du redoutable cuirassé italien.
L'amiral sentant qu'il fallait avant tout concentrer ses forces, signala : V aux transports et aux paquebots, de faire route le plus rapidement possible, le long de la côte, vers la division détachée ;
2** A la division légère (par l'intermédiaire du Milan et de l'aviso qui avait été détaché de cette division pour signaler l'approche des navires de l'Ouest), de rallier l'amiral en marchant à la vitesse maxima;
3** A V Hirondelle, de devancer les transports en montrant à la division détachée le signal d'augmenter de vitesse et celui du ralliement général sur le Duperré ;
4® Aux torpilleurs disponibles, de se diriger sur l'ennemi et de l'attaquer à fond;
5® Au commandant de la marine à Civita- Vecchia : « L'armée navale appareille pour combattre ; continuez déchargement des chalans et allèges ; »
6** Enfin, au Duperré de suivre le Desaix, qui faisait route au S.-O., avec 10 nœuds de vitesse.
Vers 6 heures, le groupe italien s'engageait avec les torpilleurs français ; on voyait distinctement une gerbe s'élever sur le flanc de bâbord de Vltalia, qui, d'ailleurs, continuait sa route, droit sur le Duperré,
A 6 heures 30 minutes, il était évident que le combat entre les deux cuirassés était inévitable et l'amiral, rendant sa manœuvre indépendante, signalait au Duperré et à ses deux torpilleurs d'attaquer l'ennemi. Au môme mo-
ment la divisiou légère qui approchait rapidemeut, les avisos et torpilleurs de haute mer en tête, signalait que les navires en vue dans TOuest étaient français. C'était un grand point ; mais rien ne pouvait empêcher désormais le choc de Vltalia et du Duperré.
On remarquait que le cuirassé italien avait du gîte à bâbord^; mais cette circonstance lui était plutôt favorable en donnant à ses canons de 100 tonnes un angle de dépression plus grand et en lui permettant d'atteindre la flottaison du cuirassé français ; le conmiandant du Duperré, se rendant compte de ce danger, cherchait à passer sur le côté de tribord de Vltalia; mais sa manœuvre était gênée par la tendance de son bâtiment à venir sur tribord, par suite de Tavarie d'une de ses machines. De plus le torpilleur italien, qui avait réservé ses torpilles, menaçait le flanc du Duperré, si celui-ci inclinait sa route d'un bord ou de l'autre.
A 6 heures 45 minutes, après un moment de silence profond, les deux cuirassés se croisaient et quatre violentes détonations se faisaient entendre ; en même temps on voyait le Folgore évoluer rapidement et lancerune torpille sur le flanc de tribord du cuirassé français ; l'un des nôtres, placé sur la hanche du Duperré, tirait à son tour sur l'arrière de Vltalia, tandis que le second, éventré par un projectile de 15%, coulait à pic.
La fumée n'était pas encore dissipée que trois nouveaux coups de canon se faisaient entendre : c'étaient ceux de la tourelle A{ du Duperré et de la tourelle de tribord du cuirassé italien.
Celui-ci continuait sa route, mais en l'inclinant vers le