Résultat de rengorgomont des drains
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gros des transports qui fuyaient à toute vitesse dans le Sud. L'engagement avait cependant amené de part et d'autre des résultats décisifs : le Dwperré, percé à la flottaison, sur l'avant de la maîtresse partie \ par les deux coups de canon de bâbord de Vltalia, signalait à l'amiral que ses pompes parvenaient à peine à le soutenir sur l'eau et qu'il allait s'échouer à la côte, éloignée de 7 milles.
Vltalia, qui n'avait reçu que des avaries réparables des deux premiers coups du Duperré, avait eu son gouvernail et son hélice de bâbord avariés par le troisième, celui de la tourelle Al, tiré habilement au moment où sa hanche se dégageait de la fiunée. C'était l'action de sa machine de tribord, tournant seule, et que le gouvernail ne pouvait plus suffisamment comger, qui la faisait venir sur bâbord et lui donnait l'apparence de poursuivre les transports français. En réalité, le cuirassé italien n'était plus maître de sa manœuvre ; sa dernière heure avait sonné.
La division légère, en effet, anivait sur le théâtre du combat ; les yeux exercés de l'amiral n'avaient pas tardé à lui révéler l'état où se trouvait réduit l'italien, et, passant avec le Desaix à ranger le Courbet, il criait lui-même au commandant de ce cuirassé d'aller donner à l'ennemi le coup mortel.
L'équipage de Vltalia ne faiblit pas à ce moment suprême ; les canons de 43%, la batterie de 15% , les canonsrevolvers tonnèrent une dernière fois, causant au Courbet de graves avaries, broyant notamment la teugue et son canon de 27%; mais, quelques instants après, l'éperon du navire français pénétrait à deux reprises dans le flanc de bâbord de Vltalia. A 6 heures 55 minutes, le magni-
1. La cuirasse do co navire, épaisse de 55% à la maîtresse partie, s'amincissait jusqu'à 25% en allant vers les extrémités.
DESTRUCTION DE l'iTALIA. 77
fique cher-d'œuvre des amiraux Brin et Saint-Bon disparaissait dans les flots, en vue de cette côte italienne pour la défense de laquelle il avait si vaillanmient combattu.
Les embarcations des navires fi*ançai6 s'efforçaient de recueillir les victimes de cette catastrophe, mais le plus grand nombre des marins de Vltalia, le personnel de la machine surtout, avait coulé avec le navire. Le commandant et quatre officiers, sauvés par une baleinière du Desaix, étaient conduits devant Tamiral français qui leur témoignait les égards dus à une aussi noble infortune.
A 8 heures, le Duperré, qui enfonçait peu à peu, réussissait à s'échouer dans la baie de Santa-Severa à Test du cap Linaro. Les vents étant fixés au Nord-Ouest et la mer assez belle, Tamiral ne désespérait pas de renflouer ce beau navire après avoir bouché ses plaies béantes par des moyens de fortune.
L'équipage était, en partie, logé sur le Mytho, transport de l'État qui restait mouillé à deux encablures du cuirassé ; deux torpilleurs étaient détachés à la garde de ce groupe.
A 11 heures du matin, l'armée navale était rassemblée devant Civita-Vecchia et le déchargement des paquebots de Cette commençait à midi, après le repas des équipages.
Ce même jour, vers 5 heures du soir, le grand étatmajor italien ayant reçu les renforts attendus du K* corps (une division d'infanterie et une brigade de cavalerie), prescrivait au commandant en chef du IX* corps d'attaquer le 19, de grand matin, la division française débarquée à Fiumicino.
Les troupes mises à la disposition de cet officier général se composaient de deux brigades complètes du IX* corps avec leur artillerie divisionnaire et deux batteries de la
réserve, de trois régiments de la !'• division du X* corps et d'un régiment de cavalerie avec une batterie à cheval.
La supériorité des Italiens était donc parfaitement accusée. Pour couvrir leur aile droite et leurs derrières ils disposaient de la 1" brigade du IX* corps, dont les avantpostes occupaient la ligne de TArrone, et de deux régiments de cavalerie. En outre, on espérait, pour le soir même, l'entrée on ligne de la dernière brigade d'infanterie du IX* corps.
Les Italiens, qui avaient conmiencé leur marche en avant vers minuit, dans l'espoir de surprendre au petit jour les avant-postes de la division française, furent retardés par divers incidents, entre autres par la surprise d'une colonne qui longeait le Tibre et qui reçut inopinément une salve de hotchkiss tirée par un canot à vapeur français audacieusement poussé en grand'garde à 4 kilomètres en amont de Fiumicino.
Il ne fallait plus espérer prendre les Français au dépourvu, et d'ailleurs le jour naissait quand on rencontra les avant-postes des troupes d'Afrique.
A 6 heures le déploiement était terminé ; le IX* corps tenait la gauche, vers lo Tibre, et abordait de front le village de Porto, défendu par la légion étrangère, tandis que deux régiments du X" corps attaquaient les levées de terre du port de Trajan et que la cavalerie menaçait le flanc gauche de la position française, vers Fiumicino.
Le premier choc ne fut pas favorable à l'assaillant : les Français étaient parfaitement postés et il était évident qu'une attaque brusquée n'avait aucune chance de succès.
C'était à l'artillerie (42 pièces) d'entrer en jeu et de préparer, en brûlant Porto et en ruinant les retranchements, les voies à l'infanterie italienne.
GO&CBAT DE FIU&IIGÏNO. 79
 7 heures 30 minutes, les effets du canon paraissaient suffisants ; la faible artillerie des Français, composée en gi'ande partie de canons de 65% , abrités derrière des épaulements, n'était cependant pas réduite au silence ; mais le bourg de Porto sur lequel s'étaient portés les plus grands efforts de Tartillerie ennemie devenait intenable pour la légion étrangère.
A 7 heures 40 minutes, le commandant en chef du IX' corps ordonnait Tassant : le village devenait le théâtre d'une lutte acharnée où Ton se disputait pied à pied des débris fumants, des murs calcinés. A la gauche française, par contre, le succès des défenseurs était complet : les deux régiments du X* corps et une partie de la 3* brigade du IX*, abordantà découvert les levéesde terre des deux anciens ports avaient été décimés par une véritable pluie de projectiles : une fois de plus les nouveaux fusils français avaient fait merveille ; le sol était jonché de cadavres et de blessés et sur aucun point l'assaillant n'avait pu arriver jusqu'aux pieds des retranchements.
Cependant il y avait eu un moment critique pour les troupes du 19* corps : la cavalerie italienne, audacieuse ment lancée sur Fiumicino, venait de porter le désordre sur les derrières de la division française ; des attelages, des conducteurs avaient été sabrés ou dispersés, des traits coupés, des caissons renversés ; déjà les cavaliers ennemis s'avançaient sur la chaussée qui relie Porto à Fiumicino et menaçaient de prendre à revers les défenseurs des retranchements, lorsque survinrent fort à propos les compagnies de débarquement des cuirassés Triomphante et Dévastation que le contre-amiral s'empressait d'envoyer au secours des troupes engagées : quelques salves de kropatchek (fusil à répétition de la marine) suffirent pour faire
tourner bride à la cavalerie italienne. Elle s'échappa vers le Nord, assez embarrassée dans sa retraite par un terrain mouvant et marécageux, accompagnée d'ailleurs par lés obus de 14% des deux avisos Papm et Inconstant qui s'étaient rapprochés de la côte juscju'à l'extrême limite de leur tirant d'eau.
Le général français saisissant l'à-propos, avait fait franchir les levées de terre à trois de ses bataillons, et les jetant sur le flanc des troupes qui attaquaient Porto, obligeait l'ennemi à lâcher prise. A 8 heures et demie ce vif engagement était terminé ; les Italiens se retiraient à quelque distance, fort éprouvés mais point encore découragés. Ils attendaient deux nouvelles batteries de la réserve du IX' corps et deux batteries divisionnaires du X*; en outre, le 4' régiment de la l""' division du X* corps était en marche et accourait pour former une solide réserve.
Pendant qu'une sorte de trêve s'établissait entre les combattants de Fiumicino, pendant que le général commandant la division d'Afrique, en prévision d'un nouvel et plus rude assaut, faisait créneler les maisons du bourg, barricader solidement les rues et y disposait les marins des compagnies de débarquement ; tandis que, de son côté, le contre-amiral hâtait par tous les moyens possibles le débarquement, roue par roue et caisson par caisson, d'une batterie de 80%, le vice-amiral et le général en chef, avertis dès 7 heures de l'attaque des Italiens, prenaient, pour secourir les troupes d'Afrique, les mesures suivantes :
Le 16' corps allait s'ébranler à 8 heures du matin, franchir le plus rapidement possible les 13 kilomètres qui le séparaient de l'Arrone et attaquer vigoureusement les troupes qu'on y savait massées et que les reconnaissances
COMBAT DE FlUBflGINO. 81
portaient, en les exagérant, comme nous le savons, à une division d^infanterie et une brigade de cavalerie.
L'escadre dirigeait immédiatement les cuirassés et les avisos de la 2^ division à Fiumicino; un des bataillons d'infanterie de marine récemment arrivés et les compagnies de débarquement de tous les navires présents à Civita prenaient passage sur les bâtiments de cette division : c'était un renfort total de plus de 2,000 hommes et 10 pièces de 65%, qui arriverait devant la bouche du Tibre à 10 heures du matin (25 milles de Civita). Vers 1 heure, le canon du 16* corps se ferait entendre sur l'Arrone et par conséquent en arrière du flanc droit des Italiens qui attaquaient Fiumicino.
Les avisos rapides étaient chargés de signaler aussitôt les points principaux de ces dispositions au général commandant les troupes d'Afrique; enfin, aussitôt arrivés, les bâtiments devaient s'embosser le long du rivage et se tenir prêts à protéger de leurs feux les défenseurs de Fiumicino.
La journée s'annonçait donc comme fort importante, peut-être comme décisive.
A 9 heures 30 minutes, le général italien ayant reçu une batterie de la réserve et se voyant rallié parle premier bataillon du régiment attendu, averti d'ailleurs que Ton apercevait de nombreux navires se dirigeant vers Fiumicino, donna l'ordre à son artillerie de recommencer le bombardement. Malgré l'arrivée en ligne d'une batterie de 80%, arrachée pièce par pièce aux lames qui déferlaient sur la barre, la disproportion des forces était encore telle que le général français fit cesser le feu pour ne pas consommer inutilement des munitions précieuses et qu'il n'était pas possible de renouveler. Les pièces furent chargées à mitraille et on attendit, en se défilant le mieux
KOMB ET BBBLIH. 6
pûssiblej Tallaque de Tinfanterie italienne; celle-ci ne se fit pas alteiidre ; les navires français allaient mouiller; il était temps de jeter à la mer, par un coup de vigueur, les défenseurs de Porto si Ton ne voulait s'exposer à combattre les renforts qui leur arrivaient.
A 10 heures 15 minutes, Tassant commençait, furieux et désespéré ; à 10 heures 30 minutes, Porto était enlevé par le IX' corps ; la légion étrangère, un bataillon du 2* zouavetî, les compagnies de d^arquement de la Triomphante et de la Dévastation, y rentraient un moment tête baissée, mais ces braves troupes étaient bientôt obligées de cédtM" définitivement les ruines du village aux Italiens.
Leur retraite découvrait les défenseurs du port de Trajan, qui avaient encore une fois repoussé Tassant en infligeant des perles énormes à Tassaillant. A 10 heures 50 minutes, le mouvement de recul se prononçait sur toute la ligne française : Tartillerie, sauf deux pièces de 80% dont les attelages étaient hors de combat, se retirait à Tabri de Tinfanterie à Touet^t de Fiumicino. A ce moment même débarquaiout les premières compagnies de marins fusiliers, celles du Friedland et du Richelieu; leurs canots à vapeur, profitant d'une embellie sur la barre, entraient dans le Tihre et venaient audacieusement canonner, jusqu'à bout portant, les colonnes italiennes qui longeaient le fleuve.
En même temps le feu des deux avisos Papin et Inconstant redouljlait de vigueur : ces deux navires, auxquels ^^e joignaient bientôt VHirondelle, leFaucon, la Couleuvrine\
^^eaient la droite italienne à ne s'avancer qu'avec la rande prudence vers la partie nord de Fiumicino.
€!Qulmvrint : Canon à tir rapide de 47%.
faMCQif\ : Ciinons de 10%, ^(tpin et iTicomtanl : Canons de 14%, modèle 1881.
COMBAT DE FIUMIGINO. 83
A 11 heures 15 minutes, le général italien, aiTêtant la marche de son infanterie qu'il était inutile de jeter sur le bourg devant des ennemis si bien résolus à se défendre jusqu'au dernier souffle, disposait ses batteries de manière à écraser d'obus Fiumiçino sans s'exposer trop aux coups redoutables des navires français ; il fallait pour cela profiter des accidents de terrain qu'avaient si bien utilisés les défenseurs.
Ail heures 45 minutes, toutes leurs dispositions prises, les 48 pièces du IX* corps entamaient le bombardement de Fiumiçino. Les troupes françaises entassées dans le malheureux village supportaient héroïquement la pluie des obus italiens ; à ces feux meurtriers répondaient quelques pièces bien postées à l'abri de retranchements improvisés ou de murs percés de « sabords » : les petites pièces de 65%, légères et maniables, reprenaient l'avantage *, on les transportait aisément jusque sur les terrasses des maisons, d'où elles faisaient un feu plongeant très gênant pour l'adversaire. Fiumiçino, enfin, était devenu une citadelle dont les défenseurs juraient de mourir jusqu'au dernier plutôt que de se rendre.
Au reste, cette lutte mémorable touchait à sa fin; à midi le commandant en chef du IX' corps avait reçu de Rome, par le télégraphe, réinstallé à Porto, que l'armée française quittait ses bivouacs de Palo et marchait sur l'Arrone ; on l'invitait à ne pas s'engager à fond et à se retirer sur la jonction des lignes de Fiumiçino et de Civita si la V" brigade était sérieusement attaquée.
A midi et demi, le général italien tentait un assaut désespéré, qui ne faisait qu'augmenter les pertes de ses troupes.
Avant une heure, la retraite des Italiens commençait.
jetraile difficile, car les Français ne paraissaient pas disposrs à lâcher prise.
Le combat s'assoupit pourtant vers 2 heures, à quelques kilomèlres de Porto où Ton trouvait, avantageusement poslés, les deux derniers bataillons attendus du X* corps. La cavalerie italienne avait fourni, elle aussi, plusieurs charges pour dégager les colonnes en retraite.
Ceiiendant le canon grondait sur TArrone et ses éclats eemLlaient, de moment en moment, se rapprocher des hauteurs de San-Cosimato. Le IX^ corps et la division du X* se hâtaient de rejoindre la ligne delà Galera pour couvrir la « via Aurélia » qui conduit de Civila à Rome.
De Boii côté, le général commandant la division d'Afrique s'elTprrait, malgré la fatigue de ses troupes, de èuivi-e de près Tennemi en retraite, pour être toujours en mesure de déborder son flanc gauche, le long du Tibre et du chemin de fer, quand il ferait volte-face pour résister au 16*^ corps.
Celui-ci avançait rapidement, refoulant devant lui la r* brigade du IX* corps et sa cavalerie : à midi 15 minutes, après s't^lre déployées le long de TArrone et avoir réduit ati silence les feux de Tartillerie italienne, nos batteries, laissant le champ libre aux fantassins, avaient été obligées de ga^^ier Taile droite pour franchir le torrent vers son emboiichure, où son cours s'étale et devient facilement guéable. D'ailleurs, il entrait dans les projets du général en chef de menacer le flanc gauche de la brigade italienne pour la séparer le plus longtemps possible des troupes qui revenaient de Porto.
Les batteries de montagne, seules, réussissaient à passer TArrone vei's les hauteurs et se mettaient en mesure de sûutenii- TaUaque du 16* corps.