‹ Rome & BerlinChapitre 29 sur 105 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'assaut du 25 AVRIL.

Coup d*(Bil (l*ensemble sur la situation des belligérants le 20 avril. — Organisation des services àTarrière de l'armée française. — Arrivée de renforts de part et d*autre. — Insuffisance de l'arlillerie française : attcujue infructueuse des forts Bravetta et Aurelia-Antica. — Combat de Bracciano et menaces de l'ennemi sur le flanc gauche de la ligne de communications. — Retraite de l'armée expéditionnaire. — Combats d'arrière-garde. — Rembarquement à Civita et à Fiumicino. — L'armée navale se dirige sur Vado et Savone. — Descente et opérations de l'armée pour s'établir dans le Montferrat.

Le coup hardi qui venait de porter 50,000 Français au pied du Janicule ne trouvait sa justification que dans Tinsuffisance momentanée des ressources de l'ennemi. Il importait donc, au plus haut degré, de poursuivre les avantages obtenus sans laisser aux Italiens le temps de se reconnaître, et de profiter de la consternation produite par Téchec du 19 pour brusquer Tattaque des forts qui couvrent la vieille enceinte de la cité papaline.

Il ne pouvait évidemment être question d'amener devant les forts Bravetta et Aurelia-Antica de Tartillerie de siège \ mais du moins fallait-il être certain que les pièces de campagne du 16" corps et de la division d'Afrique ne manqueraient pas de munitions dans le bombardement qu'on allait entreprendre. On se trouvait donc en face des difficultés qui attendent inévitablement toute armée qui marche en avant d'un pa& rapide et dont les services à l'arrière ne sont pas parfaitement organisés, par

suite de rinsufflsance des attelages. Cette pénurie se faisait d'ailleurs sentir non seulement dans le service du réapprovisionnement en munitions (2' échelon du parc), mais aussi dans le ravitaillement et dans le service des ambulances. Partout on craignait que les chevaux de trait, surmenés, ne succombassent bientôt aux fatigues qui leur étaient imposées. Cependant des mesures étaient prises déjà qui devaient porter remède à ces difficultés.

Dès le soir du 17 avrjl, le vice-amiral avait dirigé sur les Bouches de Bonifacio et de là sur Toulon et Marseille les trois transports-écuries Nive, Gironde, Algésiras, et deux paquebots qui avaient transporté des chevaux le 15 et le 16. Ces navires étaient convoyés jusqu'au détroit par le Sfax et, de Bonifacio à Toulon, par le Dupelit-Thcmars. Il était probable qu'arrivés le 19 au matin, ils seraient revenus à Civita, chargés de 1,300 à 1,400 chevaux environ, vers le 22 avril au soir.

En attendant, le général en chef faisait réquisitionner les bœufs et les chars de la campagne romaine pour amener au camp les munitions en caisses blanches, et pour procurer à ses troupes des ressources capables de remplacer les vivres du sac qu'il avait fallu entamer.

Tant que la mer pouvait le permettre, c'est-à-dire tant que la barre du fleuve était praticable, on trouvait dans le canal du Tibre (l'ancienne fossa Trajana) et dans le chemin de fer de Fiumicino, qui va jusqu'aux bains, au bord de la mer, de précieux moyens de transport. La retraite préidpitée des Italiens ne leur avait pas permis de dégrader assez la voie ferrée pour que la section des ouvriers de chemins de fer ne pût la réparer ; le Ponte-di- Galera n'avait pas été détruit. Enfin, les grandes barques plates du Tibre, montées par nos marins, remorquées au

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