ALLEMAGNE
Langlûtjensand et d'Imsum. Enfin les redoutables fortifications de Cuxhaven et de Kugelbaak devaient arrêter, comme nous le verrons plus loin, les tentatives de notre flotte pour surprendre Hambourg.
A peu près à égale distance des trois embouchures, à 25 milles (ou 40 kilomètres) en haute mer, s'élève le rocher d'HelgoIand, possession de l'Angleterre, qui semble placé à souhait pour fournir à nos flottes de blocus un mouillage, à la vérité bien médiocre, mais précieux cependant.
Les rivages de la mer Baltique, quand le printemps les a débarrassés de leur manteau de glace, se présentent sous un aspect tout autre : dans la péninsule Cimbrique et au nord des duchés de Mecklembourg, la mer a profondément échancré la côte et creusé des fjprds qui conduisent les plus grands navires, au milieu des collines verdoyantes, jusqu'à Flensbourg, Kiel, Liibeck et Wismar. Plus à Test le relief des terres s'abaisse : les sables reparaissent, mais, cette fois, ce ne sont plus des bancs sousmarins aux contours indécis, ce sont des monticules fixéâ au sol par une courte et tenace végétation. Ce cordon de dunes s'est brisé en trois endroits sous l'eff'ort des trois grands fleuves de la Germanie orientale , l'Oder, la Vistule et le Niémen : en arrière d'une longue flèche de gable, le Nehrung, les eaux accumulées forment des golfes tranquilles, les HaffSf lagunes immenses où de nombreuses flottilles peuvent manœuvrer à l'aise et mouiller en tout temps. Les Nehrungs, ceux qui se soudent au continent comme ceux qui se rattachent aux îles de Rûgen, d'Usedom et de WoUin *, offrent à l'assaillant des points de débarquement favorables ; le calme relatif des eaux, l'ab-
1. Usedom el Wolliu fermefnt le Haffde l'Oder, ou HaffÙQ Stotlin.
4 ROIAE ET BERLIN.
sence de marées et de forts courants rendent assez facile pour une flotte maîtresse de la mer la tâche ordinairement si délicate de débarquer une armée.
La Baltique était donc tout indiquée comme le lieu d'élection des opérations combinées contre le littoral allemand, à cette condition seulement que la guerre éclatât au printemps, au moment de la débâcle, et qu'elle pût être terminée à la fin de l'automne an moment du retour des glaces.
Le principal port de guerre de la Baltique s'ouvre au fond du fjord de Kiel, à Ellerbeck ; à un mille et demi de l'arsenal, un évasement de la baie forme une rade magnifique où les fonds varient de 13 à 15 mètres ; plus loin, devant la petite ville fortifiée de Friedrichsort| les rives du fjord se rapprochent, laissant entre les deux courbes des fonds de 10 mètres une passe de 600 mètres environ. Ce large goulet eut défendu par quatre grands forts et plusieurs batteries. Je ne dis rien des torpilles de fond et des torpilles eutie deux eaux qui complètent ce système de défense vraiment imposant. Ce n'était pas assez, cependant, pour effrayer notre flotte de la Baltique et l'on sait qu'au moment où l'armistice fut signé tout était prêt pour une attaque de vive force combinée avec un corps d'armée danois.
A 40 milles au nord de Kiel, l'île d'Alsen, enlevée aux Danois en 1864, forme avec son réduit de Sonderburg et son excellent abri de Horupj une position stratégique importante sur laquelle j'aurai occasion de revenir.
Notons aussi l'île de Rûgen, séparée de la côte de Poméranie par le sund de Strela, et sa tête de pont de Stralsuud-Gralhoff qui favorisa si longtemps les invasions dès Suédois dans le nord de l'Allemagne.