ALLEMAGNE. O
La place bien défendue^ mais non pas imprenable, de Swinemûnde, dont le nom rappellera désormais un de nos plus brillants faits d'armes, fermait l'embouchure de la Swine, large canal par lequel se déversent dans la Baltique les eaux du Haffàe Stettin, alimentées par l'Oder.
Sur la rive occidentale du golfe de Danzig débouche Tun des bras qui forment le delta de la Yistule; la ville et le port considérables de Danzig sont protégés contre les entreprises d'une flotte par les ouvrages de Weichselmûnde et de Nenfahrwasser. En revanche, le Nehrung de Héla, un peu au nord, permet de débarquer, en dehors du rayon d'action de la forteresse, des troupes qui viendraicMit l'assaillir par les routes de Neustadt et de Stettiu.
Dans le Frische Haff, qui s'ouvre sur le golfe de Danzig par la coupure de Pillau, viennent déboucher les deux autres branches de la Vistule et la Prégel , le fleuve de Kœnigsbeig. Si la guerre s'était prolongée, comme il était permis de le craindre, à la suite de l'entrée en ligne de la Russie d'une part, et de l'Autriche de l'autre, le golfe de Danzig serait sans doute devenu le centre des opérations maritimes dans la Baltique,
Jetons maintenant un coup d'œil sur les institutions maritimes de l'empire allemand.
L'Allemagne garde dans l'étude des questions qui agitent le monde maritime une attitude prudente et réservée : elle sait que son rôle sur mer doit se borner pendant de longues années encore à la défensive, à laquelle se prête parfaitement le caractère hydrographique de ses côtes, et elle laisse volontiers à de plus hardis, sinon à de plus riches qu'elle, le soin de poursuivre le coûteux idéal du cuirassé de haute mer. Elle se bornait donc, jusqu'au moment où la guerre a éclaté, à entretenir ses grands navires
fï ROME ET BERLIN.
de combat sans en augmenter le nombre, sans même remplacer le Grosser Kurfûrst, coulé devant Douvres, il y a quelques années ; en revanche elle ajoutait de temps à au Lie une unité tactique au type de ses grandes « corvettes de sortie » (Ansfall-Korvetten) : Sachsen, Wùrttemberg, etc., navires qui ont joué dans les opérations dans la Baltique k rôle que nous attribuons à nos garde-côtes, sans pouvoir rendre cependant tous les services qu'en attendait Tamirauté allemande.
Les bâtiments de ce type et les cuirassés allemands capables de rendre de réels services et de figurer en haute mer étaient, le 31 mars 1888, au nombre de 10 :
î"" Cuirassés d'escadre :
Konîg Wilhelm
Kaiser
Deulschland
Picitssen
Frkdrich der Grasse
Armement : canons Krupp de 24 et 26%.
Cuirasses : de 235 à 305%.
Vitesses (aux essais) : de 14° à 14°, 5.
I Tirant d^eau 41 : de 7» à 7",70.
2° Corvettes de sortie :
Saehsen \ Armement : canons de 26% et 30%, 5.
WUrttemberg /Cuirasses : 254% (flottaison) et 406%
Biukn \ (tourelles).
Baî/em i Vitesses : 14° et 14°,8.
Ohienburg * ] Tirant d'eau : 6 mètres.
Les deux plus anciens cuirassés d'escadre de la marine allemande, le Kronprinz et le Friedrich-Karly hors d'état d'affronter la haute mer, étaient réservés pour la défense de la baie de Kiel {Kronprinz) et de Testuaire de TElbe {Friedrich-Karl),
La corvette cuirassée Hansa, lancée en 1872, et cons-
li Canons de 24% longs.