TRAVAUX DES FRANÇAIS
Le développement total atteignait V2 kilomètres et Teffectir réparti sur cette ligae 36,000 hommes, déduction faite des détacheraenls et des réserves à San-Cosimato et à Ponte-di-6alera, et de la cavalerie, gardant la gauche extrême, au nord de la route de Civita-Vecchia.
Des épaulements pour 30 pièces de 80% furent disposés Pur la rive droite de la Maranna, pour battre de front le fort Bravetla, surlequel le général en chef voulait concentrer aes efforts : les pièces de montagne durent, à la gauche, tirar à toute volée sur le fort Aurélia- A utica.
Le Monle-del-Truglio fut soigneusement fortifié et armé de 18 pièces, dont 12 battaient le flanc gauche du Bravelta et 6 le fort Ostiense et les batteries de circonstance des Italiens.
On profita d'un vallon assez profond qui monte au nord du Monte-Truglio jusque sur les derrières du fort Bravetta pour faciliter les approches de Tinfanterie.
Enfin des bai-ques, amenées de Porto et disposées par les soins de la marine dans la boucle du Tibre, au sud-ouest du Monte-Truglio, devaient permettre de passer rapidement sur la rive gauche et de tenter un coup de main sur le fort Ostiense et sur ses batteries avancées.
Tous ces travaux avaient exigé de la part des troupes et surtout du personnel assez restreint du génie, des efforts considérables : les outils étaient au complet dans les parcs du 16* corps ; la division du 19* corps n'en avait que quelques-uns, ceux des régiments. On se procura assez facilement toutefois des pioches et des pelles dans les nombreuses villas qui entourent la grande ville, et dont les constructions fournissaient à nos troupes de précieux abris.
Le 23 avril, les travaux des batteries étant terminés (il
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ne s'agissait que d'épaulements pour batteries de campagne), le général en chef décida que le feu commencerait le lendemain: à cette date, en effet, toutes les munitions d'artillerie revenant au 16* corps et à la division du 19* étaient arrivées au camp et les services du parc pouvaient fonctionner avec régularité.
Une partie des renforts attendus était même arrivée : les deux batteries du 19* corps débarquaient à Civita ; la batterie de montagne était destinée, ainsi qu'un bataillon nouveau, à renforcer le détachement de Bracciano. La batterie de 80% allait rejoindre l'armée. Les chasseurs d'Afrique étaient impatiemment attendus: en effet, la faible cavalerie du corps expéditionnaire luttait avec désavantage contre les trois brigades italiennes dont l'audace allait croissant tous les jours. Il était essentiel de garder parfaitement libre la route de Civita qui, longeant la mer jusqu'un peu après Palo (et, là, protégée par la marine), s'enfonçait ensuite dans l'intérieur et restait exposée aux •entreprises des coureurs ennemis.
Le bataillon de Porto-Vecchio avait rejoint l'armée au camp de San-Cosimalo ; les transports -écuries étaient signalés au large de Civita ; seule la brigade attendue du 17* corps ne paraissait pas.
Le 24, cependant, à l'heure fixée par le commandant en chef, le feu s'ouvrait sur les forts romains. Pendant la nuit, un détachement d'artillerie et du génie était arrivé au fort Portuense et avait essayé de rétablir quelques pièces italiennes sur leurs plates-formes bouleversées par les obus du Bravetta. On réussit en effet à utiliser deux pièces déplace freltées de 1 2% (bouche) que l'on put désenclouer. Les pièces de 15 étaient hors de service, la poignée de la culasse mobile ayant été brisée.
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Le duel d'artillerie qui venait de s'engager s'était maintenu pendant quelques heures sans avantage trop marqué d'un côté ou de l'autre ; mais peu à peu les batteries de campagne des troupes italiennes, après avoir choisi leurs .positions et s'élre couvertes de quelques abris naturels ou d'épaulements rapides, commençaient à entrer en ligne ; le nombre des pièces qui nous étaient opposées balançait la supériorité de justesse et de puissance balistique de nos canons. A 1 heure, le général en chef ordonna de suspendre le feu : on devait le reprendre à 5 heures, au moment où le soleil couchant éclairait en plein les lignes ilaliennes et laissait les nôtres dans cette brume dorée qui se dégage de la terre humide à la tombée du jour.
Pendant ces quatre heures de répit, l'ennemi ayant, lui aussi, suspendu son feu, sauf le fort Bravetta qui tirait sans relâche sur le Portuense, on reclifia les positions, on répara les brèches des épaulements et quelques avaries dans les affûts : deux pièces étaient démontées définitivement, mais on allait recevoir le lendemain les 6 canons de 80% venus de Bône.
A 5 heures, le feu recommençait de notre côté avec la plus grande vigueur et il fut évident que cette reprise avait surpris l'ennemi : les batteries de campagne ilaliennes, avancées à la limite extrême du rayon d'action des forts et du camp retranché, venaient de se retirer pour la nuit.
Les circonstances étaient donc favorables pour écraser le fort Bravetta, ou du moins pour rendre momentanément intenables tous ses espaces découverts. Le général en chef fut tenté un instant d'ordonner un assaut : mais on pouvait ainsi se laisser entraîner à un combat de nuit sur un terrain que l'ennemi connaissait à fond et où il s'était sans dont.) retranché. L'attaque générale des positions italien-
lies fut remise au lendemain, à la pointe du jour, et seule, Tartillerie dut entretenir un feu lent et continu sur Bravetta et Aurelia-Antica.
Les mesures générales ordonnées par le général en chef furent les suivantes :
« A 11 heures du soir, la légion étrangère et un déta- « chement du génie embarqueront dans les hateaux plats, « harques, canots, disposés par les soins de la marine dans « la boucle du fleuve sous le Monte-Truglio; on remon- « tera le fleuve, à la remorque des quatre canots à vapeur, « jusqu'à un kilomètre en aval du fort Ostiense; la légion « débarquera alors sur la rive gauche et marchera sur le « fort, qu'elle essaiera de surprendre. On fera comprendre « aux troupes la nécessité de ne tirer qu'à la deraière « extrémité. Si l'entreprise réussit, la légion s'établira « dans le fort. Le détachement du génie retournera les « pièces installées provisoirement dans cet ouvrage contre « les batteries de campagne de Saint-Paul-hors-les-Murs. « Le général en chef sera prévenu du succès par deux fu- « sées lancées à 2 minutes d'intervalle.
« A 2 heures du matin, les troupes prendront les armes « (pas de sonneries); on fera le café. A 2 heures 45 mi- « nules, la division du 19* corps et les bataillons qui la « soutiennent se masseront dans les deux vallons qui sé- « parent le fort Portuense du fort Bravetta ; on gagnera « du terrain le plus possible sans éveiller l'attention de « l'ennemi ; halte à un kilomètre au nord de la via Por- « tueuse.
« Se ménager dans les cassines les plus solides des « points d'appui fortifiés en cas d'échec. Les deux batteries « de 80% de la division suivront les colonnes. — Objectif « général: pour la colonne de droite, contenir les troupes