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SERVICE AU MOUILLAGE

allaient s'y rassembler, le XIP corps italien pourrait se risquer à faire franchir le détroit à ses batteries, pnrcs, convois et charrois de tonte nature.

Le vice-amiral français, de son côté, averti par ses édaireurs de la rentrée à Spezia de Tescadre italienne, avait cru pouvoir donner quelque repos à son escadre.

Une division était mouillée à Savone, une autre à Vado ; les bâtiments étaient autorisés à faire, dans leurs machines, les réparations et démontages qui n'entraînaient pas une indisponibilité de plus de trois heures.

D'ailleurs, le service de surveillance était fait avec une extrême ponctualité; chaque nuit, les projecteurs électriques s'allumaient; il y en avait quatre sur chaque cuirassé, mais deux seulement fonctionnaient à la fois. On avait mouillé les c Bullivants », filets projecteurs contre les torpilles; mais là de grands mécomptes se produisaient : la mer, le service actif des embarcations, les accostages avec de la houle, et surtout le souffle des gros canons, avaient gravement avarié ces filets métalliques et leur gréement. Les cuirassés du type Redoutable qui avaient eu occasion de tirer en extrême chasse leurs pièces de 21% ou de 34%, étaient à peu près dépourvns, par le fait de ce tir même, de la protection de leurs filets d'avant.

On y suppléait par des installations de fortune (filets en cordes ou toiles) et surtout par des rondes fréquentes exécutées par les torpilleurs, les canots à vapeur et les vedettes attachées à l'escadre.

Une division légère composée, à tour de rôle, d'un cuirassé^ d'un croiseur et de deux torpilleurrs, se tenait toujours en observation, au large ; le S fax et le Milan alternaient dans le service de surveillance de Spezia : tout

était calculé pour que le commandant en chef fût prévenu de la sortie de l'escadre italienne quatre heures au moins avant qu'elle pût paraître en vue de Savone.

Les transports et paquebots, mouillés en dedans des navires de combat *, étaient protégés contre les torpilleurs par une longue ceinture d'espars tenus, à bonne distance, par des grappins et de petites ancres.

Rien d'ailleurs n'était venu troubler le débarquement de l'armée; on avait pu, dès le 7, renvoyer à Toulon les transports-hôpilaux chargés des blessés des dernières journées, du moins des plus gravement atteints, et les transports de matériel qui devaient prendre des chargements de munitions d'artillerie et d'infanterie. Plusieurs c charbonniers » avaient rejoint l'armée navale, et l'on s'occupait activement de faire le plein des soutes et de se réapprovisionner en matières grasses.

Le vice-amiral se préoccupait cependant d'augmenter la force de son escadre : l'expérience des derniers engagements avait démontré la nécessité de certaines modifications et améliorations qui pouvaient, en partie du moins, être exécutées à bord des grands bâtiments de combat.

On avait reconnu que les organes de transmission d'ordres n'étaient pas convenablement protégés au-dessous des blockhaus cuirassés où se tiennent les commandants ; que ces blockhaus même n'étaient souvent pas à l'abri des projectiles de petit calibre, surtout du canon italien à tir rapide de 57%. On constatait que les masques des hotchkiss, sur certains navires, ne descendaient pas assez bas ; que ceux des pièces du pont, 14% ou 10%, ne mettaient pas les servants à l'abri de la mousqueterie des hunes.

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