AMÉLIORATIONS EX VUE DU COMBAT
Le vice-amiral demanda et obtint qu'on lui expédiât de Toulon des tôles de fer et d'acier, des oulils convenables et quelques ouvriers spéciaux.
On s'efforça aussi de perfectionner les installalions de la mousqueterie, dont on reconnaissait les merveilleux effets ; enfin les commimdants furent invités à étudier sur leurs bâtiments Tinstallation de plusieurs postes de combat pour eux-mêmes, ces postes devant offrir, suivant les circonstances, des abris naturels, et être pourvus de tous les organes convenables de transmission d'ordres.
J'ai dit déjà que le Caïman était venu remplacer le Duperré, renfloué et conduit à Toulon, mais que. ses avaries devaient retenir au bassin pendant toute la durée de la guerre. Le vice-amiral comptait beaucoup sur les facultés évolutives du Caïman et sur la puissance de ses pièces de 72 tonnes. Il se proposait, quc-uid l'heure d'une rencontre décisive serait arrivée, d'opposer tout particulièrement ce navire au Lepanto ou au Ruggie7^0'di'Lauria , et avait manifesté déjà à plusieurs reprises le désir de remplacer Vindomptable, à la Maddalena, par un des cuirassés anciens de son escadre.
Le 5 mai, le Colbert avait rallié son pavillon et le viceamiral avait, à regret, du expédier à Toulon le Courbet, dont la teugue, la tourelle tribord, la pisserelle et la cheminée de tribord avdient beaucoup souffert des derniers coups de Vltalia,
Avec le Colbert étaient venus trois torpilleurs nouveaux et V Ouragan, grand torpilleur de 50 mètres, armé de tubes sur le pont, de deux canons à tir rapide, d'un canon-revolver, et en qui le /'"o/r/org ne tarderait pas à trouver un redoutable adversaire.
Le persounel était aussi l'objet de la sollicitude cous-
tante du commandant en chef, qui s^efforçail d'adoucir autant qu'il lui était possible, les inévitables fatigues de la guerre. Les équipages étaient divisés en trois bordées au lieu de deux : le service paraissait suffisamment assuré malgré cette diminution du nombre des hommes de quart, et le temps consacré au sommeil ou au repos était sensiblement augmenté.
I^es vides produits par les combats du mois d'avril dans le personnel subalterne avaient été comblés peu à peu. Mais le ministre s'était trouvé dans l'impossibilité de remplacer les officiers tués ou mis hors de combat ; une fois de plus on était réduit aux expédients par suite de l'insuffisance des cadres, et il fallait faire appel, au moins pour les navires armés en vue du long cours et des campagnes lointaines, aux officiers de la marine marchande, absolument neufs dans toutes les questions militaires.
Le service des ports souffrait aussi de la pénurie d'officiers : ceux que l'on tirait du cadre de réserve étaient peu nombreux, souvent hors d'état de rendre des services actifs, quelquefois incapables de se plier aux exigences de certaines situations. *
Tant que notre marine resterait victorieuse, on pouvait encore passer sur ces graves lacunes de notre organisation ; mais si notre escadre était obligée de se renfermer dans ses ports, il était facile de prévoir que l'absence à peu près complète d^m corps de « défense des côtes » entraînerait de très fâcheuses conséquences.
A la vérité, les batteries du littoral desservies par la guerre commençaient à recevoir leur armement en hommes de la territoriale, mais ce personnel paraissait tout nouveau dans son service, peu au courant de la manœuvre des grosses pièces de côte, et assez mal renseigné sur les