ALLEMAGNE
truite en bois, servait, à Kiel, de bâtiment central pour les torpilleui's de la défense mobile.
Dans le but d'assurer la défense des passes qui séparent leurs bancs de sable, les Allemands ont construit, de 187G à 1884, 13 canonnières cuirassées, douées * d'une faible vitesse de 9 nœuds, mais armées d'un puissant canon de 30%, 5, posté à l'avant, derrière un abri blindé. Les deux plus récents de ces navires n*étaient pas achevés au début de la guerre et ne furent en mesure de rendi*e quelques services qu'au moment où notre escadre dominait la Baltique d'une manière incontestée. Les 11 premières canonnières cuirassées, appuyées par 8 canonnières en bois et par 60 torpilleurs, étaient réparties dans les eaux intérieures sur les points les plus favorables : elles se conduisirent fort honorablement et balancèrent un instant le succès dans le Greifswalder-Bodden .
La catégorie des croiseurs de haute mer est représentée par 7 frégates, déplaçant de 3 à 4,000 tonnes et filant àa 13 à 15 nœuds ; par 6 corvettes déplaçant de 2 à 3,000 tonnes et lilant 13", 5 en moyenne ; enfin par des avisos rapides, des éclaireurs d'escadre, atteignant des vitesses de 16 à 18 nœuds.
L'Allemagne entretient un effectif de 14,000 marins de tous grades et de toutes spécialités : je comprends môme dans ce chiffre le bataillon d'infanterie de marine (1,056 hommes).
Elle a éprouvé penJant toute la guerre les plus grandes difficultés pour compléter ses équipages, ou plutôt pour donner des marins exercés à ses navires de combat.
La navigation du commerce absorbe en effet la plus
1. Sauf les deux dernières, Breinse el Bruinmer, qui sont plus rapides.
grande partie de ce précieux personnel et la guerre fut si brusquement entreprise qu'un grand nombre de paquebots et de voiliers restèrent bloqués dans les ports étrangers par les croiseurs français.
Le corps des officiers de vaisseau, suffisant pour assurer le service des bâtiments à flot, ne peut fournir les éléments nécessaires à celui de la défense des côtes. Il en était de même chez nous, il faut le reconnaître, mais notre supériorité en haute mer et l'initiative que nous avions prise de porter l'attaque sur les côtes ennemies rendirent moins sensible ce grave défaut de notre organisation maritime.
Les corps d'armée allemands cantonnés et recrutés sur le littoral sont au nombre de quatre : le 1*' corps (Prusse orientale) avec Kœnigsberg et Danzig pour chefs-lieux des divisions ; le2*(Poméranie)avecStettin etBromberg; le 9® (Mecklembonrg, Schleswig-Holstein) avec Altona et Rendsbourg ; le 10* (Hanovre, Brunswick, Oldenbourg) avec Hanovre comme seul chef-lieu des deux divisions.
Les dépôts d'artillerie répartis sur la côte sont ceux de : Kœnigsberg, Colberg, Stettin, Stralsund, Swinemûnde, Rendsbourg, Schwerin et Duppel (Schleswig).
Les chemins de fer côtiers de l'Allemagne se tiennent a quelque distance du littoral : de la ligne principale Brème, Hambourg, Lûbeck, Bùtzow, Neu-Brandenburg, Stettin, Belgard, Stolpe, Danzig et Kœnigsberg, se détachent des tronçons qui desservent chaque port de mer ; on a évité ainsi la faute où sont tombés les Italiens, et qui nous a été si profitable, d'exposer les convois de troupes et de matériel à défiler sous le feu des navires ennemis.
3 lignes de voies ferrées issues du railway de Hambourg à Lûbeck s'enfoncent dans le Schleswig, favorisant ainsi la rapide concentration des troupes allemandes dans une