ROUTES DU MONTFERRAT
mëlhodes de tir qui conviennent dans une lutle contre des navires, buts essentiellement mobiles.
On pouvait, par contre, tirer des événements en cours cette consolation que Tennemi n'était pas, à cet égard, beaucoup mieux organisé que nous, malgré ses efforts récents pour se cofastiluer avec les milices un corps sérieux de défense des côtes.
Mais il est temps de revenir aux opérations de Tarmée expéditionnaire, ou au moins à ses premières marches sur TApennin ligure.
De Savone partent deux routes et une voie ferrée qui franchissent lés Apennins ; la première, par le col de Giove, tombe sur la vallée de FErro, affluent de la Bormida ; la deuxième et la voie ferrée, par le col de Cadibone ou à* Aitare, commandent les vallées des deux Bormida. A Carcare, dans la vallée de la Bormida orientale (ou Spigno)^ se détache la route de Coni, qui coupe les contreforts des Alpes de Ligurie et va tomber à Touest, par Ceva et Mondovi, sur les derrières de l'armée qui a franchi le col de Tende. Les deux premières routes, au contraire, descendent dans les vallées et finissent par tomber sur Acqui et sur Alexandrie.
La voie ferrée se bifurque, elle aussi, près de Carcare; Tune des branches suit la route de Coni, l'autre court au nord rejoindre à Alexandrie le réseau de la haute Italie.
Je n'ai pas besoin de bien longues considérations stratégiques pour faire sentir à mes lecteurs l'importance de ce réseau de voies de communication. Par le fait, si l'armée française réussissait à occuper fortement, avant l'amvée des masses ennemies, les points de Montenotte (vallée de l'Erro), de Dego et Cairo (vallée de la Bormida orientale) -et de Millesimo (Bormida occidentale), les communications
de Tarmée italienne opérant dans le comlé de Nice étaient dangereusement menacées.
Sans doute des forces italiennes ne manqueraient pas d'accourir, sinon de Gènes ou d'Oneilie (la route de la Corniche passant sous le canon de nos navires), mais d'Alexandrie et de Novi, tandis que des détachements de Tannée d'invasion rebrousseraient chemin, et viendraient, probablement par la haute vallée du Tanaro, nous disputer la route de Coui \ mais on pouvait être assuré que le mouvement en avant de l'armée italienne serait arrêté tout net et que la guerre serait reportée, à notre grand profit, dans le massif du Montferrat :
« Qui tient le Montferrat tient l'Italie », adage stratégique dont les guerres du siècle dernier (succession d'Autriche, campagnes de Bonaparte) ont démontré toute la valeur.
Au demeurant, les Italiens, appréciant l'importance du col de Cadibonepour une armée française débouchant par Savone, venaient de mettre la dernière main au fort d' Aitare, qui barre exactement la route de Savone à Garcart^
Ils avaient entrepris aussi des travaux au col du Melogno qui permet de franchir l'Apennin en partant de Finale (20 kilomètres au sud-ouest de Vado) et de tomber sur les sources de la Bormida.
Le général in chef ne dét^espéra pas de franchir le col de Cadibone malgré le fort d'Altare : on avait pu, heureusement, occuper la voie ferrée avant que la garnison de Savone eût songé à en détruire les principaux ouvrages d'art.
Dès le malin du 6 mai, les batteries de montagne occupaient les hauteurs de Santaario et le sommet du Montelegino, ce nœud si marquant de la chaîne ligure, où le