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CROISIÈRE DU « SFAX

torpilleurs passaient en vue Tun de Taulre; le français hissa son pavillon, encore visible sous un resle de jour, rullemand hissa le sien et, Tappuyant d*un coup de canonrevolver, tira deux fusées.

Au même moment, le torpilleur français apercevait les fumées de 6 navires à vapeur. Son exploration avait eu un succès complet et il se dirigea à toute vitesse, poursuivi par rallemaiid, vers le détroit.

A 11 heures du soir, l'escadre allemande doublait Tarifa, gardant ses feux éteints; mais elle restait visible pour le Sfax qniy longeant d'assez près la côte d'Afrique et se projetant sur le haut relief des montagnes, ne pouvait être découvert.

A 1 heure du matin, le torpilleur français était expédié à Gibraltar. La dépêche envoyée, il devait rejoindre le Sfax qui suivait, à deux milles de distance, la division allemande.

Le 14 mai, au jour, l'ennemi reconnut le croiseur français ; l'amiral allemand comprit sans doute que ses précautions avaient été inutiles, mais il continua sa route avec ses 3 cuirassés, le Preussen, le Friedrich der Grosse et le Deutschland, et détacha ses deux croiseurs et l'un de ses torpilleurs contre le navire français.

Les croiseurs allemands étaient le Gneisenau, corvette à batterie déplaçant 3,000 tonneaux, armée de 16 pièces de 15% et filant 14 nœuds environ, et la Carola, corvette à batterie barbette, déplaçant 2,200 tonneaux, armée de 8 pièces de 15% et donnant un peu moins de 14 nœuds. La mission du Sfax excluait toute idée de combat décisif: le commandant de ce croiseur, à qui sa vitesse de 17 nœuds passés permettait d'accepter ou de refuser l'engagement, se borna à canonner à distance, avec ses pièces de 16%

modèle 1881, les deux navires allemands. On eut là certitude qu'un des projectiles avait atteint la Carola, qui cessa de tirer et se rapprocha du Gneisenau, tandis que le torpilleur allemand exécutait une charge à fond sur le croiseoi*^ franrais.

Les deux torpilles lancées par ce petit navire, qui avait du ^e placer en travers de la mer et dont la visée était certainement défectueuse, n'atteignirent pas le Sfax, et le torpilkur allemand, virant de bord, s'empressa de se mettra hors de la portée des canons-revolvers français.

A midi, le torpilleur n** 74 rejoignait notre croiseur et la poursuite de Tescadre allemande par nos deux navires continuait sans incidents notables. L'ennemi se résignait à subir une incommode mais inévitable suiTeillance,

Le 15 mai, le torpilleur français était détaché à Oran et y portait des renseignements précis sur la division allemande.

Le 16, vers le soir, le « 74 » communiquait avec Bône; Tennemi paraissait décidément se diriger sur Messine.

Le 18, à minuit, le S fax et son annexe, mouillés à Tunis, où ils refaisaient leur approvisionnement de charbon, annonçaient au ministre que la jonction des escadres italienne et allemande, à Messine, était un fait accompli.

I/escadre italienne avait réussi en effet, dès le 12 mai, à sortir de Spezia, à la faveur d'une nuit noire et pluvieuse et d'un coup de vent d'Est qui rendait assez difiBcile là surveillance de nos avisos-torpilleurs.

C'était là un fait fâcheux, assurément, et, dès lors, il fallait ^'attendre à une bataille oii serait vidée définitivement la querelle des trois marines.

Lti vice-amiral y prépara son armée navale, à qui le repos de ces derniers jours et la prévoyance du ministre

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