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RECONNAISSANCE SUR KIEL

Les gardes-côtes avaient mouillé dans la baie de Kiôje, au sud de Copenhague, et Tamiral français s'efforçait de se procurer le plus possible de pilotes de la Baltique, de pratiques des côtes poméraniennes ; il cherchait aussi, de concert avec les agents de la légation, à négocier ùvs marchés de vivres, de bestiaux et de chevaux, soit dans le Séeland, soit en Suède.

Le 2 mai, au moment où notre insuccès momentané dans la Méditerranée paraissiit donner raison aux partisans de la neutralité complète, un incident se produisit à Fredericia, qui précipita le dénouement de la crise : deux déserteurs du IX* corps allemand, mais de langue danoise, s'étant enfuis du côté de la place, furent poursuivis par une patrouille jusqu'au delà des limites tracées par les autorités militaires des deux nations : les Danois intervinrent et repoussèrent les Allemands ; ceux-ci firent usage de leurs armes et un conflit s'engagea où les Allemands eurent le dessous.

Cette fois la patience du chancelier de l'Empire était à bout : un ultimatum impérieux fut envoyé à la cour de Copenhague le 4 mai ; le 5, il était rejeté et le chargé d'affaires d'Allemagne quittait la capitale danoise en déclarant que l'Empire se considérait comme en état de guerre avec le royaume de Danemark. L'alliance francodanoise fut aussitôt signée ; l'escadre française, dont les forces s'augmentaient peu à peu, se saisit de la baie de Hôrup, position avantageuse dans le sund d'Alsen et k quelques milles de Dùppel et Flensburg. Puis elle établit devant Kiel un blocus en règle, prenant comme mouillage de repos la baie d'Eckernfôrde; enfin elle détacha aux ordres du commandant en chef des forces danoises dans le Jutland les troupes qu'elle transportait (une brigatle

dlnfanterie environ et deux batteries de 80%), et une division légère composée de deux canonnières cuirassées, deux croiseurs de 2* classe et de trois torpilleurs.

Les troupes allemandes, malgré la convention du 22 avril, s'étaient de beaucoup renforcées pendant la fin d'avi'il; deux divisions de landwehr* étaient venues porter à près de 60,000 hommes le corps qui campait devant Fredericia. Ces troupes de réserve, Tartillerie de corps et une brigade du IX« furent chargées de bloquer la place, pendant que les trois brigades d'infanterie, une division de cavalerie et les batteries divisionnaires se hâtaient de remonter vers le Nord, par Horsens et Aarhus pour occuper rimportante presqu'île de Grenau. Une division danoise se retirait lentement devant ces forces supérieures, ne visant qu'à conserver le débouché précieux d'Hôlgenœss.

Le dépôt d'artillerie de Rendsburg dut former et acheminer un parc de siège sur Fredericia.

Le IPcoi'ps, établi sur la ligne Stettin, Pasevvalk, Neu- Brandenburg,avecdétachementsàStralsund,Swinemùnde et Colberg, dut se concentrera Bùtzow-Gùstrow (Meckleml)0urg) et pousser une brigade d'infanterie et uns brigade de cavalerie sur Neu-Mùnster.

Le I" corps appuya sur sa droite et recula vers la ligne Schneidemuhl-Konilz, le V* envoya une brigade à Kreutz, le VI* une brigade à Gubeu.

2 divisions de landwehr durent s'établir àDirschau sur la basse Vistule et à Neu-Brandenburg. Les garnisons des placés maritimes étaient complètes ; les défenses fixes et mobiles parfaitement installées, du moins comme maté-

IX« corps : 12 bataillons ; X* corps : 12 bataillons ; artillerie : 8 batteries.

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