SORTIE D*UNE DIVISION ALLEMANDE DE LA JAHDE
quête définitive du Jutland. Les IP, IX* corps, les deux divisions de landwehr (des IX" et X* corps) qui formaient le corps de siège devant Fredericia, furent réunis sous un même commandement et prirent le nom d'armée du Jailandj on se réservait de doter cette armée d*nn corps de nouvelle formation, le XX', si la situation des affaires dans l'Ouest le permettait.
Pendant ce temps-là, l'organisation de Tarmée expéditionnaire française suivait un cours régulier et assez rapide.
La réunion des engins de transport et de débarquement paraissait achevée : l'adaptation d'un grand nombre de bâtiments, de types fort divers, au service du transport de la cavalerie et des animaux de trait avait exigé des efforts considérables et la coopération, non seulement des quatre arsenaux des côtes de l'Océan et de la Manche, mais encore de tous les ports de commerce et des chantiers de construction de l'industrie privée; le 15 mai cependant, on se considérait comme arrivé au but : le transport de 4,700 chevaux était assuré ; un second voyage des mêmes bâtiments ou de ceux qu'on aurait pu disposer dans Tintervalle permettrait de fournir à l'armée expéditionnaire les 9,000 chevaux ou mulets indispensables au bon fonctionnement des services. Au reste, l'alliance du Danemark et la bienveillance des nations du Nord faisaient prévoir que l'on pourrait assez aisément se procurer des bêtes de trait sur les côtes de la Baltique.
C'est pendant cette période de fiévreuse activité que s'était livré le combat du 6 mai, qui avait permis à une division allemande de foixer le blocus de la Jahde et de se diriger vers la Méditerranée.
Ce jour-là, en effet, une brume intense couvrait la mer
du Nord, d'ailleurs parfaitement calme. Le vice-amiial commandant Tescadre de blocus avait levé l'ancre avec tous ses navires et s'était rapproché des bouches de la Jahde et du Weser pour mieux eu surveiller les abords.
Les cinq cuirassés^, les deux grands croiseurs et les bâtiments légers, marchant en deux colonnes aussi rapprochées que possible l'une de Tautre, s'avançaient lentement et avec une grande pmdence vers le Sud : on était réduit à faire un fréquent usage des signaux de brume, sifflet, cloche, clairon, canon même, soit pour éviter des abordages, soit pour indiquer la route que voulait suivre l'amiral, soit pour communiquer avec les éclaireurs. A midi, l'état-major général, d'accord avec les commandants des navires, s'estimait à 8 milles au N.-N.-E. de Wangeroog : l'intention de l'amiral était, après avoir assuré sa position par une série de sondages, de profiter de l'état de la mer pour mouiller un pied d'ancre à 3 ou 4 milles des passes ; à ce moment, et comme la brume s'éclaircissait un peu, un des éclaireurs de gauche signala un vapeur de guerre suspect dans le Nord-Est, paraissant courir au Sud-Ouest dans la direction de l'armée navale.
D'après les conjectures les plus autorisées, ce navire ne pouvait être que le vieux cuirassé Friedrich-Karl, dont on savait la présence dans l'Elbe et qui ne s'éloignait guère, eu général, de la portée des canons de Cuxhaven. Le viceamiral détacha aussitôt le Duguesclin et le Dubourdieud8Las la direction signalée ; le reste de l'escadre reçut l'ordre de mouiller et de se tenir prêt à appareiller en filant la chaîne. Les tangons des filets Bullivant furent croisés au moment où les ancres tombaient à la mer. Bientôt le canon se fit