TRAVERSÉE DES DÉTROITS
rapides ; quoique pourvus d'excellentes qualités nautiques et d'un armement très suffisant, ils ne pouvaient, au sortir du port, lutter contre des navires comme le Dubourdieu et le DuguayTrouin,
Rien ne pouvait plus désormais entraver la marche de Tarmée navale. Le paquebot du Havre reçut les remorques d'un croiseur de la flotte de combat; le cargo-boat était perdu : il put cependant se jeter à la côte danoise avant de couler et l'amiral fit procéder, pendant la jouraée du 22 et la nuit qui suivit, au transbordement du matériel, surtout des munitions, sur un Cv^rtain nombre de navires similaires, protégés par le Duguay-Trouin et deux avisostorpilleurs.
L'armée navale donna, dans la soirée du 22 mai, dans le Cattégat et mouilla sous Skagen-llorn et devant Frederikshavn ; un bon nombre de pilotes danois y étaient réunis : sous leur conduite, les différentes divisions de l'armée franchirent, le 23 et le 24 mai, le Sund, le grand Belt, le Langelands-Belt et le petit Belt.
La répartition des navires avait dû subir quelques remaniements, à cause des tirants d'eau, pour le passage dans les détroits. Au reste le commandant en chef de l'armée expéditionnaire et l'amiral, en exécution des plans convenus, tenaient à montrer les transports et la flottille le long des côtes de la péninsule et dans tous les passages praticables pour inquiéter l'ennemi sur plusieurs points à la fois.
Quatre bataillons du 10* corps furent même mis à terre à Fredericia et prirent part, dans la journée du 24 mai, à une brillante sortie où fut bouleversée une batterie allemande composée des premières pièces de siège venues de l'arsenal de Rendsburg. Ces troupes se rembarquèrent à la nuit et entrèrent le 25 de grand matin dans l'Alsener
Sund pour se montrer devant Dûppel. Enfin les navires de combat de la flotte expéditionnaire, ralliant devant Kiel Tescadre de blocus, exécutèrent le même jour devant Friedrichsort une reconnaissance qui permit de constater que les corvettes cuirassées Oldenburg et Bayem n'avaient pas quitté la baie et que le Kronprinz était rentré dans l'arsenal.
Le 25 mai, sauf quelques détachements, les divisions de l'armée navale étaient mouillées dans les baies de Kiôje, de Faxô (Seeland) et de Nystad (Laaland)*. Les bâtiments de combat étaient répartis à la surveillance de ces trois points, où le service au mouillage, en temps de guerre, était rigoureusement observé. Quelques bâtiments, qui avaient besoin de réparations légères, furent autorisés à se rendre à Copenhague et à Nyborg ; le réapprovisionnement en combustible et matières grasses, préparé par les soins du ministère danois, se fit par des vapeurs et des voiliers qui visitèrent successivement les trois baies.
Nos torpilleurs de toutes classes et nos avisos couvraient avec soin l'archipel danois contre toute reconnaissance indiscrète des bâtiment légers de l'ennemi ; le 27, deux torpilleurs, sortis de Warnemùnde et qui avaient cherché, à la faveur de la nuit, à se glisser dans le fjord ou plutôt le smid de Nykjôbing, furent vivement poursuivis par la Salve et un torpilleur de haute mer : coupés de leur refuge, Warneraiinde, ils furent obligés de courir sur Wismar, où l'on ne put les poursuivre.
L'armée expéditionnaire, partie le 18 et le 19 des ports de France, commençait à souffrir, après une semaine écoulée, de l'entassement des hommes et des chevaux : déjà l'on signalait un assez grand nombre de cas de fièvre