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DESTRUCTION DU PONT DE SANDFORD

lions de quelques pêcheurs qu^on avait réussi à capturer et qui consentaient (sous la pression de menaces qu'on n'aurait d'ailleurs jamais mises à exécution) à piloter nos 2 torpilleurs et nos 2 canots à vapeur. 50 fantassins et une escouade de soldats du génie, avec les pétards nécessaires^ avaient pris passage sur ces quatre petits navires. A prix d'or, on avait pu décider un seul pilote de Rônne à suivrai cette aventureuse expédition ; ses souvenirs contrôlaient fort heureusement les allégations des pêcheurs allemands.

On rencontra d'abord l'ancienne redoute de Peenemûnde d'où quelques vieilles pièces envoyèrent à l'aventure sur le groupe français des boulets inutiles ; il fallait ensuite passer devant Wolgastoii déjà des troupes d'infanterie se disposaient à passer en bac sur l'île d'Usedom.

Nos embarcations essuyèrent là une fusillade nourrie qui fit quelques victimes ; mais, heureusement, il n'y avait pas d'artillerie à Wolgast : nos hotchkiss purent envoyer quelques coups heureux sur les bacs.

Au delà de Wolgast la navigation devenait plus facile, les balais qui balisent le chenal n'ayant pas été enlevés. Malgré quelques enlisages dans des boues presque liquides, on pouvait marcher à une vitesse de 12 nœuds environ, et ce fut vers 9 heures qu'après le tournant du bac de Piunow, nos embarcations aperçurent le pont de Sandford. Un train le franchissait justement et s'enfonçait dans l'île, vers Usedom ; il n'était que temps d'agir : les quatre petits vapeurs arrivèrent bientôt sous les piles et les ouvriers du génie commencèrent leur travail malgré quelques coups de fusil tirés par des riverains. A 9 heures 45 minutes, les mines étaient chargées et l'on disposait les bourrages, lorsque de loin on aperçut le panache de fumée d'un train qui venait de Ducherow; heureusement l'ofiGicier qui com~

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mandait le délachemeat d'infanterie avait fait dégrader la voie à 200 mètres du pont et disposer sur le remblai, avec quelques bois, quelques pelletées de terre, une sorte de retranchement rapide. A 10 heures, on voyait le train s'arrêter, un flot d'ennemis en descendre et la fusillade commencer contre notre petite troupe ; cet engagement ne pouvait durer que quelques minutes... Déjà les Allemands s'apprêtaient à enlever de haute lutte cette poignée d'hommes tiraillant derrière quelques planches, lorsque le sous-oflBcier du génie vint prévenir que tout était prêt : on passa rapidement sur la rive droite et, sous les pieds des premiers fantassins allemands, le tablier vola en l'air. Le commandant defta flottille n'estimait pas que l'opération eût atteint son but si l'on n'enlevait les barques du petit port de Carnin-Sandford ; il voulut, sous le feu de l'ennemi, saborder ces embarcations : cela prit du temps ; ime section de deux pièces de campagne qu'amenait le train fut mise en batterie sur la rive gauche et un de nos torpilleurs coulé sur place.

11 fallait se retirer au plus vite ; reprendre nos fantassins était difficile : ils étaient établis dans les maisons de la rive droite et ripostaient de leur mieux à l'ennemi: d'ailleurs leur présence empêchait les Allemands de tenter la réparation du tablier. Le capitaine du torpilleur restant se décida à continuer sa route et à gagner le Klein-Haff ou petite rade.

Nos 50 soldats tinrent en échec les tmupes allemandes jusqu'au moment où la brigade qui se retirait de Swine-. mùnde apparut sur leurs derrières : ils furent faits prisonniers et le pont, rétabli à grand'peine*, permit à ces

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