ATTAQUE DE STETTIN
tre-amiral donnait Tordre au Voltigeur et aux avisos de remonter jusqu'au delà des fortifications et de battre à revers les pièces du saillant d'Unter-Wieck. A 8 heures, le Dumontd'UrvUle recevait d'une batterie de campagne placée audessus de la rue d'Unter-Wieck un projectile de 7%, 8 qui explosait dans sa soûle à charbon de tribord ; le Bisson en recevait un autre sur son flanc de tribord arrière, à la hauteur de sa soute à poudres : mais cet obus était heureusement arrêté par un blindage de fortune que le commandant de cet aviso avait installé à cet endroit dangereux en y suspendant plusieurs « plets » de chaînes. Cette batterie, d'ailleurs, était bientôt démontée par le feu supérieur de nos avisos.
Les défenseurs de Grabow semblaient ébranlés par cette canonnade qui redoublait d'intensité sur leurs derrières : le général en chef, profitant du moment favorable, lança alors sa brigade de réserve, un régiment en soutien de la division danoise, Tautre en soutien de la l"'*' brigade du 10® corps, et à 9 heures les troupes alliées couronnaient enfin le plateau. L'initiative hardie du contre -amiral avait certainement abrégé la durée de la lutte. Peu d'instants après les avisos de flottille, retardés dans le Dammsche See par quelques échouages, paraissaient à leur tour dans la Pernitz ; leur intervention se produisait avec d'autant plus d'à-propos que déjà la route et la voie ferrée de Damm et de Greifenhagen donnaient passage à de forts détachements ennemis. Nos avisos, arrêtés par le pont de Lastadie, ne tardèrent pas à couvrir de projectiles de 10%, de-^X et de 45%, la route et le chemin de fer; mais le chef de cette escadrille, le commandant de VJOis réclamait, par signal, au contre-amiral, un renfort de troupes pour pouvoir occuper la route et dégrader la voie ferrée. A
10 heures, Tenneini qui avait reçu 4 bataillons de renfort (landwehr de la garde, chemin de fer d' Angermùnde) prononçait un vigoureux retour offensif et réussissait un instant à nous repousser jusqu'au bord du plateau. A 10 heures 45 minutes, nous avions repris nos positions et le général en chef donnait Tordre de tenter Tassant du saillant d'Unter-Wieck ; le régiment danois de Lastadie attaquait en même temps les deux premiers ponts. L'assaut fut magnitique; Tentrain des troupes et des marins, qui rivalisaient d'ardeur, nous donnait du premier coup tout Tangle nordest de Tenceinte.
Malheureusement, à ce moment même, le général en chef recevait de sa droite Tavis que Tinfanterie de marine, vivement pressée, commençait à se retirer sur Grùnthal. Le général en chef y courut, laissant à ea gauche victorieuse Tordre de s'en tenir aux succès acquis, invitant seulement le contre-amiral à lancer ses torpilleurs sur le pont du chemin de fer et à détacher un bataillon danois de Lastadie sur la route de Damm.
Un hasard heureux amenait de Warsow à Griinthal, au moment où le général en chef y paraissait, deux batteries fraîches et deux escadrons danois. Ce renfort permit d'arrêter le mouvement tournant de la gauche allemande. A midi, une sorte de trêve s'établissait entre les combattants épuisés; la chaleur du jour, en dépit de la saison, et un vent suffocant contribuaient plus encore que les incidents du combat à cette interruption momentanée. D'ailleurs chacun des deux partis, attendant des renforts, cherchait à gagner du temps, et les Franco-Danois, surtout, satisfaits d'avoir entamé Tenceinte de Stettin, comptaient sur la 4® brigade du 10® corps, peut-être sur une partie de la 2® division danoise pour compléter leur succès.