ENTRÉE EN CAMPAGNE DE LA RUSSIE
ten-e et par mer. Le 24* corps allemand, en possession de tous ses services, mais affaibli déjà par la perte ou la désf organisation de ses détachements à la suite de la bataille de Tantow, tenait avec les débris de Tarmée du Randow la ville même de Neustadt-Eberswalde. Enfin le grand état-major général se décidait à employer le VP corps (Silésie) concentré jusque-là à Lissa-Glogau, en face du rassemblement russe de Kalisz.
Mais alors les événements se précipitaient: la Russie se déclarait enfin et Tune de ses armées marchait sur Lwow-Lemberg. L'Autriche, invoquant alors le traité de 1879, appelait TAUemagne à son secours..., mais comment celle-ci pouvait-elle tenir ses engagements?
Le 20 juin, ralliance franco-russe était proclamée et quatre corps d'armée, précédés d'une nuée de cosaques, se jetaient sur le grand-duché de Posen, s'efforçant de lier leurs opérations avec Tarmée franco-danoise de la Baltique.
L'Allemagne, dans cette crise suprême, ne s'abandonna pas : à la voix de l'Empereur, gravement malade à Berlin, le landsturm, déjà convoqué depuis six semaines, s'organisait rapidement. Les I" et V® corps, abandonnant la Prusse propre et la Posnanie, se retiraient sous les forts de Kûstrin et défendaient, avec le VI'' corps, rendu à l'armée de l'Est, la ligne de l'Oder. Les corps concentrés derrière le canal de Finow opposaient bientôt à l'armée francodanoise une masse de 150,000 hommes de toutes armes, entin quatre corps d'armée , empruntés aux armées de l'Ouest qui battaient en retraite, accouraient à Berlin, fortifié en toute hâte.
C'étaient là les derniers efforts d'une puissance expirante, lo dernier enjeu d'une politique qui avait, autant
que celle de Napoléon, fatigué toute l'Europe par Téternelle menace do la force brutale. Le flot des armées russes, longtemps contenu par des calculs particuliers^, débordait sur l'Allemagne. Posen était masqué, Thorn investi, Kùstrin menacé et bientôt les Russes forçant, au-dessus et audessous de Francfort, le passage de TOder, marchaient droit à Berlin, appuyant leur gauche à la Sprée, lançant à droite leur immense cavalerie pour tendre la main à l'armée de la Baltique, que venait de renforcer le 24*^ corps.
Cette armée, le 27 juin, après une série de combats acharnés, avait réussi à franchir le canal de Finov^ en plusieurs points, mais surtout à Nieder-Finow où la flottille française avait réuni un nombre considérable d'embarcations et de chalans.
Le 29 juin, un hourra de cosaques rencontrait à Prôtzel, à 14 kilomètres de Wrietzen, nos partis de cavalerie : la jonction de l'armée russe et de l'armée de la Baltique était un fait accompli.
Revenons un moment sur les côtes de la Poraéranie : nous avons vu qu'à la suite du combat du 7 juin, les trois corvettes cuirassées allemandes, assez indécises sur la direction qu'il leur était permis de suivre, avaient gouverné vers la côte de Suède, espérant se dérober à l'escadre alliée ou bien mouiller dans les eaux neutres.
Pendant ce temps nos navires, après avoir rallié le convoi, avaient gagné les uns Swinemunde, les autres Copenhague. Le vice-amiral commandant nos forces navales estima que Ton ne pouvait considérer la navigation de la Baltique comme assurée tant que les trois cuirassés aile-
1. Autant que parla nécessité de faire franchir des distances considérables aux masses qu'on voulait faire agir.